Collectivité Territoriale de Corse

27/09/05 - SNCM : les Présidents du Conseil exécutif, de l'Assemblée de Corse et de l'Office des transports communiquent :

<>27/09/05 - SNCM : un cumunicatu di i Prisidenti di u Cunsigliu esecutivu, di l'Assemblea di Corsica è di l'Uffiziu di i trasporti di a Corsica

Mardi 27 Septembre 2005



Lors de la réunion à laquelle nous étions conviés, lundi matin par le Préfet de la Région PACA, nous avons, sans ambiguïté aucune, fait part de notre opposition à la reprise totale de la SNCM par un groupe privé.
Notre position a rejoint en tous points celle exprimée par le Sénateur-Maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin.

Si l'ouverture du capital de la compagnie à des partenaires privés se justifie pour des raisons juridiques et financières, une privatisation totale nous apparaît contraire à l'intérêt général et nous ne saurions l'accepter.

Depuis une douzaine d'années, l'Etat a sa part de responsabilité dans la dégradation de la situation de cette compagnie nationale qui n'a pas su se restructurer et se doter d'un véritable projet d'entreprise pour faire face à la concurrence.

Pour sa part, la Collectivité Territoriale de Corse, responsable de la définition des obligations de service public de transport et du choix des délégataires, a toujours, tout en demeurant dans les limites de la neutralité qu'elle se doit d'observer, manifesté son attachement à la SNCM dont les liens avec la Corse sont anciens et dont l'activité assure d'importantes retombées économiques et sociales dans l'île.

Dans ces conditions, nous considérons que l'Etat ne peut se désengager totalement de sa propre compagnie, surtout après avoir consenti pour elle des efforts financiers considérables et alors même qu'il s'apprête à contribuer puissamment à son redressement.

De surcroît, les conditions dans lesquelles l'opération a été conduite nous paraissent opaques et nous ne sommes pas certains que l'offre qui a la préférence des ministres de l'Economie et des Transports est véritablement la moins mauvaise.

Notre position est claire. La SNCM ne doit pas disparaître. L'Etat doit demeurer actionnaire et garantir la pérennité de la compagnie. Le partenaire privé doit mettre en oeuvre un projet d'entreprise performant tout en maintenant la composition de la flotte. Le plan social, qui aurait du être mis en oeuvre depuis deux ans déjà, doit être concerté, sauvegarder le plus grand nombre d'emplois et éviter un drame humain.

Au-delà de l'avenir immédiat de la SNCM, nous nous soucions fortement de voir garantir la continuité du service public de transport maritime, toute rupture entraînant pour la population et l'économie insulaires des conséquences dramatiques évidentes.

Pour ce qui relève de la responsabilité de la Collectivité Territoriale, nous ferons tout ce qui est juridiquement possible afin de soutenir la nécessaire mutation de la SNCM.

Telle est la position qui a été portée à la connaissance du Premier ministre, dans une lettre que lui a adressée le Président du Conseil Exécutif.

Nous sommes persuadés que nous reflétons en cela les préoccupations et les attentes de la population qui redoute encore une fois d'être prise en otage du fait d'un conflit à la solution duquel elle ne peut contribuer de manière décisive.