Collectivité Territoriale de Corse

A la veille du Conseil des Ministres décentralisé, Ange Santini répond aux questions de Corse Matin

Samedi 27 Octobre 2007



A la veille du Conseil des Ministres décentralisé, Ange Santini répond aux questions de Corse Matin
interview d'Ange Santini - Corse Matin du 27 octobre 2007

Conseil des Ministres décentralisé - les 30 et 31 octobre 2007


Conseil des Ministres décentralisé - les attentes d'Ange Santini


CM : Pour la troisième fois dans l'histoire de la Ve République, un Conseil des Ministres va se réunir ailleurs qu'à Paris. Que représente pour vous le choix de la Corse et d'Ajaccio ?

AS : Je me réjouis fortement de ce choix. Il est doublement symbolique. Il signifie d'abord que la République est partout chez elle, en Corse comme ailleurs. Il démontre aussi l'attachement et l'intérêt que Nicolas Sarkozy a toujours manifesté à notre île, et qui se confirme alors qu'il occupe les plus hautes fonctions de l'Etat.

CM : Au-delà du symbole, qu'est-ce que la Corse peut attendre de cette visite exceptionnelle ?

AS : Je veux rappeler tout d'abord qu'il s'agit de la tenue d'un Conseil des Ministres « en Corse » et non pas « pour la Corse », avec un ordre du jour classique, qui plutôt que d'avoir lieu à l'Elysée se tiendra à Ajaccio. Pour autant, comme cela s'est passé lors du dernier Conseil des Ministres décentralisé en Alsace, un volet plus spécifique à notre région y sera développé. D'autre part, il faut souligner que le Chef de l'Etat sera présent la veille de ce Conseil des Ministres pour aborder directement les problèmes de la Corse.
C'est pourquoi, dans le cadre de la préparation de ce déplacement, j'ai fait remonter au Président de la République et au Premier Ministre l'ensemble des sujets jugés prioritaires par le Conseil exécutif pour lesquels l'intervention de l'Etat est nécessaire. Je ne doute pas de la volonté de Nicolas Sarkozy de chercher à y apporter des solutions concrètes. Compte tenu de la nature différente de ces dossiers, certains doivent pouvoir faire l'objet de réponses immédiates, d'autres nécessiteront certainement une réflexion plus approfondie. Le 31 octobre ne constitue en aucun cas une date butoir.

CM : Parmi les questions que vous avez mises en avant, quelles sont celles pour lesquelles vous espérez une réponse rapide ?

AS : Des réponses immédiates doivent pouvoir être apportées dans au moins trois domaines : l'énergie, l'agriculture et la langue et la culture corse.
Sur l'énergie, secteur qui revêt évidemment un caractère vital pour la Corse, j'attends une intervention décisive du Président de la République quant au raccordement de notre île au gazoduc Galsi Algérie-Sardaigne-Toscane. Au lendemain du « Grenelle de l'Environnement », un signal fort pourrait également être donné pour nous permettre la mise en oeuvre du plan ambitieux des énergies renouvelables établi par le Conseil Exécutif et qui sera prochainement présenté à l'Assemblée de Corse. La révision à la hausse de la tarification du rachat de l'électricité produite par les installations éoliennes et hydrauliques aurait en ce sens un effet dynamisant. Enfin, la labellisation « Pôle mondial » du Pôle Capenergies donnerait à la Corse les moyens de jouer un rôle central en la matière, y compris dans la perspective de la constitution de l'Union méditerranéenne.

S'agissant du secteur agricole, je souhaite que le Chef de l'Etat confirme, entre autres, le prolongement du plan de relance qu'il avait lui-même initié et dont les résultats sont probants de l'avis même de la profession.
Concernant la langue et la culture corse, et dans la lignée de ce que le Président avait annoncé le 28 août dernier à Bocognano, l'accompagnement par l'Etat de la mise en oeuvre du plan de développement de la langue corse dans la société, porté par la Collectivité Territoriale de Corse serait à l'évidence un acte fort.

CM : Et à moyen terme ?

AS : Sur des questions qui vont au-delà des compétences de la CTC et qui par principe de réalité ne sauraient évidemment obtenir de réponse immédiate, j'espère que nous pourrons obtenir du Chef de l'Etat qu'elles fassent l'objet d'une réflexion approfondie. Pour n'évoquer que l'économie et le pouvoir d'achat, je pense notamment à l'amélioration du crédit d'impôt ou la définition d'une nouvelle Zone franche qui seraient de nature à soutenir l'emploi ; au report de l'abrogation des arrêtés Miot ; à l'élargissement de la prime des transports aux salariés du privé sous forme d'une réduction des charges sociales salariales…

CM : Etes-vous plutôt circonspect ou plutôt confiant dans l'avenir de la Corse ?

AS : Notre île commence à vivre une nouvelle et importante mutation dont les premiers effets se font sentir, grâce à l'investissement des acteurs économiques insulaires accompagnés notamment par l'action de la CTC. Pour autant, la Corse ne saurait se passer de la solidarité nationale et communautaire. A l'égard de l'un et de l'autre, je demeure confiant. Je sais, et les Corses avec moi, que Nicolas Sarkozy, avec l'ensemble du Gouvernement aura a coeur de poursuivre son action en faveur de notre île. C'est un véritable rapport de confiance mutuelle qui s'est installé entre nous. Les Corses le lui ont largement démontré lors de son élection et vous verrez que lui-même aura naturellement maintes fois l'occasion, au cours de sa mandature, de nous prouver sa détermination à accompagner, et assurer notre développement.