Collectivité Territoriale de Corse

Aéroport de Calvi : le Président du Conseil exécutif de Corse communique

Aeroportu di Calvi : un cumunicatu di u Prisidente di u Cunsigliu esecutivu

Samedi 26 Novembre 2005



Les gesticulations politiciennes, collectives ou personnelles, auxquelles on assiste à propos de l'aéroport de Calvi, sont déplacées et relèvent de la désinformation. La politique-spectacle n'étant pas de mon goût, je lui préfère l'action efficace, même si elle est discrète, et surtout l'affirmation de la vérité.

Non, le Gouvernement n'est pas opposé par principe à l'ouverture de l'aéroport de Calvi au trafic nocturne.
Non, la Collectivité Territoriale de Corse ne se désintéresse pas de ce dossier dont seuls se préoccuperaient certains élus de l'opposition.
Il faut arrêter de se livrer au petit jeu qui consiste à tromper toute une population en usant de la démagogie, des contrevérités et des informations alarmistes.
Je veux donc rétablir les faits, en rappelant ce que j'ai déclaré devant l'Assemblée de Corse le 15 décembre dernier.
Nul ne peut ni ne doit en douter : je suis favorable au principe de l'atterrissage de nuit à Calvi et je l'ai toujours dit au Gouvernement.

C'est la raison pour laquelle j'ai fait réaliser par le Consortium ATR, une étude de faisabilité complétée par des simulations de vol dont les conclusions ont été transmises pour examen à la Direction Générale de l'Aviation Civile, seule compétente pour autoriser les essais en vol réel.
La DGAC s'est prononcée défavorablement au vu de cette étude, car les conditions de sécurité n'étaient pas remplies. Celles-ci sont particulièrement draconiennes en France, alors qu'elles le sont moins en Suisse, pays où est installé le cabinet auteur de la première étude que brandissent à longueur de temps les donneurs de leçons.

Bien qu'étant -et qui me le reprochera ?- très attentif aux questions de sécurité, j'ai fait savoir au Directeur de Cabinet du Ministre des Transports, en présence du Préfet de Corse, le 5 décembre dernier, que je n'acceptais pas l'avis de la DGAC. Je lui ai demandé de prescrire l'étude de toutes les solutions techniques pouvant permettre l'atterrissage de nuit des avions : renforcement du système de guidage « I.L.S », rallongement de la piste, équipement spécial des appareils, etc…C'est ce sur quoi travaillent en ce moment les services de l'aviation civile avec lesquels je suis en relation constante.
Telle est la vérité des faits. Il n'y en a pas d'autre, et point n'est besoin de manifester ou sa colère ou ses craintes.

J'ai lu, sous la plume de gens coutumiers de l'outrance, que l'interdiction d'ouvrir l'aéroport de Calvi la nuit serait « un coup mortel porté à l'économie de la Corse et de la Balagne en particulier ». Les mêmes voudraient faire croire qu'une autorisation ministérielle permettrait de créer un millier d'emplois et je ne sais combien de structures touristiques et hôtelières : «fussilla puru !». Je constate simplement que l'aéroport de Figari, qui est ouvert au trafic de nuit, n'a vu transiter en 2004 que 26 000 passagers (soit 13 000 personnes) de plus que l'aéroport de Calvi. Cela est loin d'être négligeable, mais on aurait tort de tomber dans la démesure.

N'en déplaise à certains, la Collectivité Territoriale réalisera certainement tous les équipements nécessaires pour l'ouverture de la plateforme au trafic nocturne. Mais cela ne se fera que si toutes les garanties sont données en matière de sécurité des passagers et des populations au sol.

Il y a fort à parier d'ailleurs que les mêmes qui aujourd'hui se font les champion de cette cause, seraient demain les premiers à rechercher chez les autres les responsabilités en cas de drame.