Collectivité Territoriale de Corse

Allocution de Dominique Bucchini, Président de l'Assemblée de Corse prononcée à l'occasion de la visite du Ministre de la culture et de la communication

Vendredi 24 Juin 2011



Allocution de Dominique Bucchini, Président de l'Assemblée de Corse prononcée à l'occasion de la visite du Ministre de la culture et de la communication
Monsieur le Ministre
Monsieur le Président-directeur général de France Télévisions
Madame la Directrice générale déléguée du CNC
Monsieur le Directeur de France 3
Monsieur le Préfet de Corse
Monsieur le Président du Conseil exécutif
Monsieur le Député Maire
Monsieur le Député européen
Monsieur le Directeur Régional des Affaires Culturelles
Mesdames et Messieurs

 
Voici pratiquement un an, Monsieur le Ministre, j’avais l’honneur et le plaisir de vous accueillir à Corte, lors de l’inauguration de l’exposition sur les confréries au Musée de la Corse et de l’exposition du FRAC.

Il m’avait plu, alors, de saluer la réussite de ces partenariats fructueux menés avec l’État dans le domaine culturel, que nous considérons comme prioritaire. Il s’agissait, ce jour là, plus particulièrement de politique en faveur du patrimoine, des musées et des arts plastiques.

Aujourd’hui, marquant à nouveau tout l’intérêt que vous portez à la Corse, vous relevez de votre présence la signature de deux conventions ayant trait au domaine cinématographique et audiovisuel.

Entre ces deux évènements, à un an d’intervalle, je distingue un point commun, qui est une ligne directrice de l’action de notre collectivité : la mise en place des moyens favorables à la  constitution et à l’enrichissement d’un patrimoine artistique et culturel.

La convention triennale de développement cinématographique et audiovisuel entre l’État, le Centre national du cinéma et de l’image animée et la Collectivité Territoriale de Corse permettra d’engager, dès 2011, plus de 2. 740. 000 €.

Cette convention reprend les éléments positifs de celle de 2007 et propose des avancées. Le développement cinématographique y est envisagé en terme de filière, allant de l’éducation à l’image jusqu’à la diffusion en passant par la production. 

L’accent est mis sur la qualité et l’indépendance de la création, la professionnalisation du secteur, l’importance de la langue Corse.

La filière cinématographique et audiovisuelle est fragile, certes, mais elle offre des potentialités en terme de production et d’emplois.

Vous venez de poser la première pierre du bâtiment qui abritera « VIA STELLA » ; permettant la professionnalisation des producteurs, artistes, techniciens formés en Corse et animant une industrie culturelle capable d’affirmer la présence de la Corse dans l’industrie de programmes- la chaîne est incontestablement un facteur de renforcement de cette filière émergente.

Nous pouvons être fiers de la mise en œuvre en Corse d’un tel projet, à ce jour unique en France métropolitaine, de chaîne satellitaire régionale ; un projet qui, voici à peine dix ans, paraissait à d’aucuns une douce utopie.

Pourtant, « Via Stella » est devenu, une réalité, installée dans le paysage audiovisuel insulaire, un atout du rayonnement et de l’ouverture de la Corse

Ces deux conventions, outils de la politique cinématographique et audiovisuelle, nous invitent à réfléchir à l’articulation des industries culturelles à notre propre culture (considérée non comme un isolat mais comme une culture en évolution), à la question des contacts interculturels à l’ère de la globalisation des marchés, à la question du local et du global.

Le sentiment est assez répandu suivant lequel la modernisation, accompagnée de la concentration des industries culturelles, tend à faire converger les cultures du monde entier vers un modèle unique. Ainsi, pourrions-nous être tentés par une attitude défensive face aux effets, perçus comme destructeurs, des industries culturelles.

Cependant, l’observation attentive du spectacle du monde nous porterait plutôt à une ouverture résolue. En effet, sans échanges, sans communication, la culture, asphyxiée, se réduit à l’état de relique, vénérable peut-être mais  impuissante face au déferlement des images, des sons, des idées venues d’ailleurs. Car, de nos jours, c’est bien par les produits des industries culturelles que s’opère généralement « la rencontre avec l’art ». Et, finalement, il semble bien que, comme le résume l’anthropologue Jean-Pierre WARNIER, l’humanité soit une « machine à fabriquer de la différence culturelle » grâce à la capacité de création, d’innovation et d’imagination des sujets.

Pour rendre accessibles à nos artistes, à nos auteurs, à nos réalisateurs, les moyens de production et de diffusion adéquats, il nous faut -sans méconnaître les logiques économiques spécifiques à la production des biens culturels-   mettre en place les dispositifs permettant de compenser les effets négatifs des flux mondialisés et des seules logiques financières.

Ainsi, chacun à leur niveau, les deux partenariats que nous célébrons aujourd’hui, concourent à créer les conditions pour que la Corse puisse développer une capacité de création cinématographique et faire entendre sa « musique » singulière car j’ai la conviction que c’est en approfondissant sa singularité que le film corse pourra aussi trouver sa place sur le marché de la culture.

Je vous remercie


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