Collectivité Territoriale de Corse

Ange Santini répond aux rumeurs d'une motion de défiance dans les colonnes de Corse Matin

Risponde Anghjulu Santini in Corse Matin di pettu à a vuciata in quantu à una muzione di diffidenza

Mercredi 22 Juin 2005



Extraits de l'interview de Jean-Marc Raffaelli du 22 juin 2005 -

Jean-Marc Raffaelli : Craigniez-vous aujourd'hui le dépôt d'une motion de défiance à l'Assemblée ?

Ange Santini : Pas plus aujourd'hui qu'hier ou demain. Et puis craindre n'est pas le mot approprié dans la mesure où le statut de la Corse de 1991 le prévoit à tout moment. Mais il ne s'agit que de rumeurs dont j'ai eu vent comme vous et d'autres et qu'il ne m'appartient pas de commenter.

JMR : Cette motion aurait-elle des chances d'aboutir ?

AS : Un vote de défiance doit recueillir la majorité absolue de 26 suffrages ce qui supposerait une coalition entre communistes, radicaux de gauche, nationalistes et d'autres encore. Ce serait une majorité de compromission à laquelle je ne vois pas comment certaines de ses composantes pourraient adhérer tant les valeurs qu'elles défendent sont aux antipodes les unes des autres. Et pour quel programme et avec quel Exécutif ? Si certains veulent jouer les apprentis sorciers, qu'ils le fassent. Ils devront prendre alors leurs responsabilités devant leur électorat respectif et devant la communauté insulaire et nationale.

JMR : Qu'est-ce qui donne corps à ces rumeurs et, finalement, à ce malaise ?

AS : Certaines personnes ont peut-être un intérêt personnel à vouloir déstabiliser l'Exécutif, à régler des comptes ou à renouer avec des ambitions perdues.

JMR : Ca illustre bien, en tout état de cause, les difficultés qu'il y a à gouverner avec une majorité relative…

AS : Ce n'est jamais facile, mais l'Assemblée de Corse a toujours fonctionné, depuis 1987, avec des majorités relatives. D'où, sans doute, une réflexion à mener pour se rapprocher du mode de scrutin des autres régions françaises qui garantit des majorités stables. De toute façon, à l'Assemblée, une majorité alternative cohérente et durable n'existe pas. Face à notre socle de 22 élus qui s'est formé dans la clarté et la transparence, on ne pourrait avoir affaire qu'à une coalition hétéroclite qui ne brillerait certainement pas par sa clarté car elle se constituerait au mépris d'un certain nombre de principes. Ca devient alors beaucoup plus compliqué à expliquer et à assumer devant l'opinion publique. Or, la Corse n'a justement besoin que de clarté politique pour avancer.

JMR : Plaçons-nous malgré tout dans l'hypothèse d'une motion de défiance adoptée. Démissionneriez-vous en bloc ?

AS : Dans cette hypothèse improbable, les élus de la majorité aviseraient en temps voulu.

…

JMR : Qu'espérez-vous de la prochaine visite de Nicolas Sarkozy ?

AS : Qu'il poursuive les actions qu'il a lui-même initiées et qui ont été poursuivies par la suite en faveur de l'agriculture et de l'université notamment. Qu'il continue d'être attentif, comme il l'a toujours été, à nos propositions pour le développement économique à l'horizon 2015. Le choix majoritaire des Corses sera respecté. Il n'est pas question de rouvrir le chapitre institutionnel. La Corse a besoin de routes, de lycées, de formation professionnelle et supérieure, de lieux de culture et de sport, d'un patrimoine rénové, de logements, en un mot, de réalisations concrètes créatrices d'activités et d'emploi. Notre majorité, pour relative qu'elle soit, s'y attelle au quotidien, sans avoir à disperser son énergie dans des manoeuvres politiciennes qui demeurent confinées, je le répète, à la frontière des rumeurs.