Collectivité Territoriale de Corse

Catherine Vautrin, Ministre déléguée à la cohésion sociale et à la parité, rencontre les élues corses

Catherine Vautrin, Ministra delegata à a cuesione suciale è à a parità, scontra l'elette corse

Lundi 29 Mai 2006



Ange Santini, Président du Conseil exécutif de Corse et Camille de Rocca Serra, Président de l'Assemblée de Corse ont accueilli Catherine Vautrin, Ministre déléguée à la cohésion sociale et à la Parité, lundi 29 mai 2006 à 15h45 à l'Hôtel de Région.

Catherine Vautrin a rencontré les femmes également les femmes élues, conseillères territoriales, conseillères générales et maires de Corse.


Le discours prononcé par Antoine Giorgi, Conseiller exécutif, représentant le Président de l'exécutif de Corse.

Madame la Ministre,

Je suis très heureux de vous accueillir à mon tour, au nom du Président du Conseil exécutif qui, en raison d'une importante réunion à Paris, prévue depuis longtemps, n'a pu être là aujourd'hui.
Il m'a chargé de vous faire part de tous ses regrets.

Vous avez en charge un département ministériel extrêmement important, car la nécessité d'un renforcement de la cohésion sociale apparaît aujourd'hui comme un objectif majeur.

La société française, à l'instar de toutes les sociétés des pays connaissant un développement rapide, se trouve face au risque d'une fracture génératrice de tensions, de disparités sociales, culturelles et économiques.

A cet égard, il est certain que les femmes sont plus exposées que les hommes et il est heureux que la Ministre de la cohésion sociale soit également en charge de la question de la parité.
La place de la femme a considérablement évolué depuis cinquante ans dans tous les champs de la société.

Dans cet Hôtel de Région, j'évoquerai surtout les changements qui sont intervenus depuis la loi de 1999.

Sous la précédente mandature, seules siégeaient 5 femmes sur un total de 51 élus. Elles sont aujourd'hui 28. Particulièrement assidues et motivées les nouvelles élues de l'Assemblée de Corse, très concernées notamment par les difficultés d'une société en mouvement dont elles font partie intégrante, ont contribué à faire souffler un vent de renouveau sur cette institution, qui certes n'est pas ancienne mais qui faisait, il faut le dire, jusque là la part belle à des traditions, que certains pourraient qualifier de quelque peu « machistes » et « passéistes ».

Sur un plan plus général, les avancées en matière d'égalité homme-femme ont été cruciales et souvent imposées par la loi à la société française, en retard par rapport à ses voisines du nord.

Sont-elles pour autant synonyme de la fin d'un combat pour les droits et les libertés des femmes, c'est-à-dire d'une égalité définitivement acquise ?
En 2006, en apparence d'aucuns pourraient le penser. En effet, plus personne ne songe aujourd'hui à remettre en cause le principe d'égalité des sexes.
Dans nos pays occidentaux la condition féminine a certes évolué, mais des entraves, renouvelées, différentes, certainement moins visibles et plus diffuses perdurent.

Faut-il évoquer les violences collectives qui se multiplient malheureusement dans les banlieues des grandes villes, les violences conjugales qui affectent toutes les couches de notre société, les difficultés à concilier travail et responsabilités familiales ou encore tout simplement les inégalités criantes et inacceptables dont pâtissent encore les femmes en matière de rémunération ?
Aragon affirmait que « La femme est l'avenir de l'homme ».

Oui, durant des siècles, par sa sensibilité, sa finesse, son intuitivité, sa capacité de persuasion, la femme a influé, parfois au grand jour, souvent dans l'ombre, sur le destin des peuples. Elle a ainsi contribué à façonner l'avenir. L'histoire commence à révéler son rôle réel. Demain, il ne sera plus nécessaire de rechercher la vérité sur l'influence des femmes dans le devenir du monde car elle apparaît, de plus en plus au grand jour.
Le long chemin de l'histoire des femmes a été longtemps barré d'obstacles. Les efforts accomplis pour qu'il soit aujourd'hui plus tranquille ne doivent pas faillir.


Discours de Camille de Rocca Serra, Président de l'Assemblée de Corse.

Madame la Ministre, Chère Catherine,
Mesdames les élues,

C'est avec un réel plaisir que je vous accueille au sein de notre institution afin d'y évoquer des sujets qui vous sont chers, la parité politique et l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes.
Ainsi que vous le présentiez en organisant ce déplacement, vous verrez à quel point ces thématiques sont au coeur des élues qui sont ici aujourd'hui pour échanger avec vous.

Et pour cause, la loi sur la parité appliquée lors du scrutin régional de 2004 fait de notre assemblée un modèle du genre puisque sur 51 élus territoriaux, pas moins de 30 sont des femmes… Nul est besoin de rappeler l'incidence de cette loi dès lors que l'on se souvient qu'au cours des mandatures précédentes, les femmes étaient bien rares sur les bancs de cette enceinte.

La force de cette Loi a donc été de bousculer les habitudes, de changer la donne et ainsi permettre aux femmes nouvellement élues d'apporter à notre institution un souffle nouveau, une manière différente d'aborder la politique, sans doute plus soucieuses du travail de fond et de la recherche du consensus.

Toutes les conseillères élues à l'Assemblée de Corse n'ont pu se rendre à votre rencontre, mais elles sont tout de même nombreuses présentes aujourd'hui de toutes tendances politiques et qui partagent votre souci de voir la parité entrer dans les moeurs non par le fait de la Loi mais bien par le fait de leurs qualités, de leur engagement et de leur enthousiasme.

Les femmes de l'Assemblée de Corse ne sont bien évidemment pas cantonnées à des rôles secondaires, ainsi, et à titre d'exemple, la Vice présidente de notre institution est Anne Marie NATALI, tandis que trois de nos Commissions sont présidées par des femmes Pascale BIZZARI est la Présidente de la Commission de la Coopération Interrégionale et Euro Méditerranéenne, Madame Marie-Ange Susini, Présidente de la Commission du Développement Social et Culturel et Joselyne MATTEI-FAZI, Présidente de la Commission du Développement économique.

Vous voilà sans doute convaincue et rassurée du rôle tenu par les femmes au sein de l'Assemblée de Corse, et pour en terminer avec la présentation de notre institution je ne saurai oublier les fonctions exercées par Madame Simone GUERRINI à la Culture au sein du Conseil exécutif et de celles de Madame Stéphanie GRIMALDI au sein de l'Office d'Equipement Hydraulique de la Corse.
Sans la loi sur la parité, les femmes ne seraient sans nul doute pas aussi nombreuses, pour autant, la situation notamment au niveau local montre que les femmes occupent désormais toute leur place y compris dans le monde rural. Ainsi, sur 360 communes, 50 ont porté à leur tête une femme, et ce n'est pas un hasard si Madame Jocelyne MATTEI-FAZY est également présidente de l'Association des Maires de Corse-du-Sud.

Un seul point noir apparaît véritablement au tableau, la situation au sein de nos deux Conseils généraux, une femme est élue en Corse du Sud et une autre en Haute Corse. Certes le mode de scrutin n'incite pas à la parité, mais cet état de fait est troublant, et sans doute que Mesdames TRAMONI et DOMINICI ici présentes tiendront à nous faire part de leur expérience.

Ainsi donc, à quelques exceptions, par le fait de la loi ou de l'évolution naturelle de la société, la Corse n'est pas en marge de ce phénomène qui veut que partout dans le monde les femmes prennent une place prééminente en politique, qui les conduit même en Allemagne, au Chili, au Libéria aux commandes de l'Etat.

Pour autant, la sphère politique ne saurait masquer la véritable évolution de notre société, car dans le domaine de l'économie, donc de l'emploi et de la parité professionnelle, il reste beaucoup à faire. Ainsi, la population active féminine en Corse est inférieure de plusieurs points à la moyenne nationale. Certaines pesanteurs sociales confinent encore la femme corse au foyer et à la famille, alors que celles-ci aspirent à l'émancipation par le travail et à la réussite professionnelle qui sont compatibles avec une vie de famille épanouie à condition que l'Etat et les collectivités mettent en place des dispositifs efficaces à des problématiques bien particulières. Je pense notamment au développement des structures de garde des enfants que cela soit en entreprise ou au sein des collectivités.

Vous avez rencontré ce matin des femmes qui s'investissent dans l'artisanat, les services ou l'industrie vous avez vu leur motivation et leur volonté, gageons qu'ensemble, femmes et hommes de Corse nous saurons tirer le bénéfice des talents de chacun pour faire avancer notre société.