Collectivité Territoriale de Corse

Communiqué de Paul Giacobbi, Président du Conseil exécutif de Corse et de Marie-Thérèse Olivesi, Conseillère exécutive

Jeudi 5 Janvier 2012



Communiqué de Paul Giacobbi, Président du Conseil exécutif de Corse et de Marie-Thérèse Olivesi, Conseillère exécutive
Le Recteur de Corse s’est récemment manifesté dans la presse locale pour évoquer, en des termes peu amènes, la décision de l’Assemblée de Corse portant modification de la structure pédagogique générale des établissements d’enseignement du second degré.

Celui-ci conteste publiquement la légalité de la délibération qui a fait l’objet, il est vrai, d’une lettre d’observation du Préfet de Corse à la Collectivité Territoriale. La posture de Monsieur Michel Barat est surprenante car l’autorité préfectorale exerce systématiquement son contrôle sur les actes émanant des collectivités locales et, en tout état de cause, un tel courrier ne signifie aucunement que la délibération en cause comporte des irrégularités. Il n’est pas coutume surtout que les médias s’en fassent l’écho.

Le plus surprenant néanmoins demeure le procédé. Il a choqué des élus de l’Assemblée de Corse, les membres du Conseil exécutif, mais aussi les fonctionnaires de l’institution. Le ton est comminatoire, les propos sont déplacés et l’attitude frise l’arrogance. Par ailleurs, il semble légitime de s’interroger, et, d’aucuns ne s’en privent pas, sur cette propension du Recteur à outrepasser l’obligation de réserve à laquelle tout agent public, quel que soit son rang, est normalement astreint.

Il va de soi toutefois que nous répondrons au Préfet de Corse sur le fond du dossier, et, tout particulièrement sur l’article premier.

En revanche, nous ne saurions accepter les accusations proférées à l’encontre des services de la Collectivité Territoriale de Corse en charge du dossier. La mise en cause de la compétence, mais plus grave, de la loyauté et de la probité des agents envers leur hiérarchie est inacceptable. Les accusations avancées sont injustifiées et injustifiables. De surcroît, elles sous-entendent que nos collègues et nous-mêmes manquons singulièrement de discernement et sommes les instruments de la malveillance des fonctionnaires. Aussi, nous formulons le vœu pour qu’à l’avenir d’autres voix que celles des médias, soient utilisées par le Recteur dès lors qu’un désaccord surgit. La négociation et le dialogue nous paraissent plus appropriés.

Nous ne pouvons également accepter que notre action en matière éducative, mais aussi pour tout ce qui concerne les compétences que nous exerçons, soit réduite à « une campagne électorale présidentielle ». Il subsiste là, en filigrane, l’idée que nos politiques publiques ne s’inscrivent pas, ni ne se fondent sur l’intérêt général.

Nous sommes surpris enfin que nos demandes réitérées auprès du cabinet du ministre de tutelle de Monsieur Michel Barat, pour la tenue d’une réunion de concertation, comme les textes le prévoient, soient demeurées, à ce jour, sans réponse.

Ceci étant dit et en conclusion, rien ne saurait occulter, au nom de la rationalisation des effectifs, la mise en œuvre de coupes franches dans les prochains mois par le Gouvernement, qui va se traduire, en Corse comme ailleurs, par des suppressions de postes d’enseignants. Souffrez donc, Monsieur le Recteur, que nous ne l’admettions pas sans pour autant remettre en cause votre action et celle de vos personnels à l’échelle du rectorat. Ne comptez pas sur nous, mais je doute que cela soit votre souhait, pour nous satisfaire du dispositif proposé par le pouvoir central et soutenir une politique de démantèlement du service éducatif. L’Assemblée de Corse et le Conseil exécutif sont des entités majeures auxquelles il n’est nul besoin de dicter leur conduite. Il nous semblait que cela allait sans dire mais il apparaît que cela puisse aller mieux en le disant. C’est fait !