Collectivité Territoriale de Corse

Conférence de presse des présidents de l'Exécutif et de l'Assemblée de Corse relative à la situation des prisonniers politiques

Jeudi 14 Janvier 2016



La question des prisonniers politiques constitue une priorité absolue

Nous avons reçu ce jour une délégation de l'association humanitaire Sulidarità, au titre des institutions corses représentées par les présidences du conseil exécutif et de l'Assemblée.
 
À l'occasion de cette réunion, nous avons confirmé que la résolution de la question des prisonniers politiques constituait pour notre majorité une priorité absolue.
 
L'associu Sulidarità a fait part de ses préoccupations concernant la situation de nombreux prisonniers et de leurs familles, placés dans des conditions extrêmement difficiles du fait notamment de l'exil carcéral.
 
En effet, malgré les engagements pris il y a bientôt quinze ans au nom de l’Etat, et ce au plus haut niveau de responsabilités, l'ensemble des condamnés n'ont pas encore été rapprochés dans l'île. Il est donc indispensable de transférer sans délai la douzaine de prisonniers dont le rapprochement relève :
  • au plan juridique, de la simple application de la loi ;
  • au plan politique, du respect de la parole donnée.

Des conditions de détention qui se dégradent

Selon les informations que nous a communiquées l’association Sulidarità, les conditions de détention n’ont de cesse, actuellement, de se dégrader.

L’association a notamment évoqués les faits suivants :
  • Le Parquet, hiérarchiquement dépendant des instructions du gouvernement, s’oppose de manière systématique à tous les aménagements de peine des détenus condamnés.
  • Le mardi 12 janvier, dans la prison de Fleury Merogis, deux prisonniers politiques : Cédric Courbey et Xavier Ceccaldi se sont vus accusés à tort d'être responsables d'une émeute avant de se retrouver arbitrairement placés en quartier disciplinaire.
  • A Bois d’Arcy, Nicolas Battini, prisonnier en détention préventive s’est vu privé d’électricité alors même qu’il est en pleine période d’examens universitaires et qu’il avait besoin de son ordinateur pour poursuivre ses révisions. Pour avoir protesté, il est actuellement placé en quartier disciplinaire.

Ce sujet sera abordé avec les plus hauts représentants du Gouvernement et de l’Etat

Au-delà de la question du rapprochement, une majorité massive de l'Assemblée de Corse (47 voix sur 51 élus) s’est massivement prononcé en faveur de l’amnistie, à une époque où la majorité n'était pas nationaliste.
 
La même demande a été faite par le conseil départemental de la Haute-Corse, à l'unanimité, et, d'ores et déjà, par la moitié des 360 communes de l'île. Chaque semaine, des délibérations sont votées dans le même sens par de nouvelles communes, généralement à l'unanimité.
 
Enfin, la revendication d’amnistie, corollaire logique du processus irréversible de disparition de la clandestinité, est partie intégrante du contrat de mandature validé par une majorité de Corse à l’occasion des élections territoriales, et donc du mandat donné à la nouvelle majorité territoriale par le suffrage universel.
 
Le Gouvernement ne peut traiter cette demande, exprimée et validée démocratiquement par une majorité de Corses et d’élus de la Corse, par un refus de principe d’aborder cette question, sauf à ne pas tenir compte du fait démocratique.
 
Nous avons donc confirmé à l’Associu Sulidarità que les éléments ci-dessus rappelés feraient partie des points que nous développerons lors de nos rencontres à venir avec les plus hauts représentants du Gouvernement et de l’Etat.