Collectivité Territoriale de Corse

Conflit de la SNCM : l'appel d'Ange Santini, Président du Conseil exécutif de Corse

Lita di a SNCM : una chjama di Anghjulu Santini

Mercredi 5 Octobre 2005



Une déclaration d'Ange Santini, Président du Conseil Exécutif de Corse, - qui se trouvait à Paris avec les parlementaires de Corse pour être reçu par le Ministre de l'intérieur - dont la teneur suit, a été lue au cours de la réunion qui s'est tenue à Marseille ce mercredi 5 octobre, entre le Gouvernement et les syndicats de la SNCM.

"J'adresse un appel solennel et pressant aux deux parties qui négocient en ce moment, à Marseille, l'avenir immédiat de la SNCM.
Je veux leur faire entendre la voix de la Corse qui commence à être asphyxiée par l'interruption de son ravitaillement en nourriture et en carburant.
La Corse où règne une tension extrême, avivée par un insupportable sentiment d'impuissance face à un conflit qui oppose l'Etat actionnaire et les salariés de sa compagnie maritime.
La Corse qui en a assez d'être prise en otage et de servir de moyen de pression pour chacune des parties en présence.
Je veux leur faire entendre la voix de la Collectivité Territoriale de Corse qui est responsable et garante de la continuité du service public de transport entre l'île et le continent et qui constate que celle-ci est interrompue à cause des graves difficultés auxquelles est confrontée la compagnie qui en détient, jusqu'au 31 décembre 2006, la principale délégation.

Aux représentants du Gouvernement, je rappelle qu'à travers sa compagnie nationale, c'est l'Etat qui faillit aux obligations de service public qu'il s'est engagé à respecter en signant la convention de délégation qui le lie à la collectivité territoriale.
Je leur demande aussi de considérer le désastre social et économique qu'entraînerait soit la disparition de la SNCM, soit l'enlisement d'un conflit qui mettrait à terre toute l'économie de la Corse avec la disparition de centaines d'entreprises et de milliers d'emplois.

Aux représentants des salariés de la SNCM, je demande de prendre principalement en considération la défense de l'emploi, c'est-à-dire celle de l'avenir des 2 400 familles qui tirent leurs revenus de l'activité de la compagnie.
Je leur rappelle que le caractère public de cette activité tient infiniment plus à l'exercice de la mission de service public que lui confie la Collectivité Territoriale de Corse qu'au statut de leur compagnie.
Je leur demande de prendre conscience qu'il ne servirait à rien pour la SNCM de demeurer publique si elle ne se met pas en situation de remporter l'appel d'offres qui sera lancé en 2006.

A tous, j'adresse un appel à la raison, au discernement et au dépassement de toutes les positions dogmatiques qui s'affrontent.
Aujourd'hui, ce n'est plus seulement de l'avenir d'une entreprise qu'il s'agit. Ce sont aussi les intérêts supérieurs de la Corse qui sont en jeu.
Personne ne doit l'oublier !
Quant à la Collectivité Territoriale de Corse, elle saura, le moment venu, prendre en considération ces mêmes intérêts, pour que la Corse ait droit à un service public de qualité, fiable, régulier et générateur pour elle de retombées économiques et sociales directes.