Collectivité Territoriale de Corse

Débat sur la violence : Intervention de Pascaline Castellani au nom du groupe Gauche Républicaine

Mercredi 15 Décembre 2010



Débat sur la violence : Intervention de Pascaline Castellani au nom du groupe Gauche Républicaine
Le débat sur la violence que vous avez initié aujourd’hui Monsieur le Président ne doit pas être un simple exercice de prise de parole de chaque groupe politique de notre assemblée.

Si tel était le cas, ce débat serait perçu comme une tentative tendant à démontrer à l’opinion que nous sommes préoccupés autant qu’elle par les atteintes à la sécurité des biens, des personnes, et aux attaques psychologiques que nous connaissons en Corse aujourd’hui.

L’expérience des 4 ou 5 débats, depuis deux ou trois décennies, démontre que cet exercice n’a pas débouché sur des résultats concrets, au-delà des incantations habituelles, pour une raison simple : c’est que s’efforcer de réduire la violence en Corse ne relève pas de la compétence de notre collectivité mais seulement de l’Etat et de la société Corse toute entière.

Au surplus, de quelle violence parle-t-on ?

On aura observé que si les débats antérieurs évoquaient surtout le concept de violence politique, pratiquée par des organisations clandestines, celle que nous évoquons aujourd’hui à la suite des évènements dramatiques qui se répètent avec régularité en Corse, est plus insidieuse, souterraine et qu’elle relève au demeurant de l’application du Code Pénal ?

Mais ne faudrait-il pas nous interroger sur les relations de la première avec la seconde compte tenu de la liberté qu’a pu prendre la société corse depuis deux décennies avec le respect de la loi.

Je devine qu’au moment où s’instaure ce débat, l’accent sera sans doute mis sur la responsabilité de l’Etat.

Je ne saurais partager ce point de vue. On ne peut sans doute mesurer de manière précise la part de l’Etat et de la société corse dans leur contribution à la situation actuelle.

Sans faire acte de contrition,

Reconnaissons que rejeter sur l’Etat la pleine responsabilité de cette situation serait encore une fois se défausser de nos propres responsabilités.

Reconnaissons que par nos comportements, nos omissions, nos complaisances, nos abstentions, tendant bien souvent à nos relations familiales ou amicales dont il est difficile de se débarrasser, nous avons notre part de responsabilité.

Je souhaite pour ma part que ce débat puisse se conclure par des propositions concrètes pour tenter de réduire les désordres générés par les actes de violence qui empêchent un véritable développement économique seul gage d’une Corse apaisée.

intervention_aline_castellani.pdf intervention Aline CASTELLANI.pdf  (33.08 Ko)