Collectivité Territoriale de Corse

Décès d’Antoine Casanova : Un drame qui doit nous amener à une réflexion en profondeur de la société corse

Camille de Rocca Serra, Président de l'Assemblée de Corse

Mardi 9 Février 2010



Le mal qui ronge la Corse, a encore frappé notre île, dans ce qu’elle a de plus cher, sa jeunesse. La violence, gratuite, incompréhensible s’est manifestée en ôtant la vie au jeune Antoine Casanova, en laissant ses parents et sa famille face à leur immense douleur, face à l’incompréhension.
 
Cet assassinat nous plonge dans l’horreur, des jeunes lors une nuit d’ivresse, dans l’irresponsabilité la plus totale ont sombré dans la spirale de la violence bestiale. Puis l’un d’entre eux a commis l’irréparable en donnant la mort.
 
Que dire à toutes ces familles, rien ne pourra réparer le mal, rien ne pourra apaiser la souffrance, rien ne pourra redonner la vie à Antoine.
 
Bien sur, notre rôle est d’être aux côtés de Marie-France et de Martin, pour les soutenir, pour leur apporter de la compassion dans leur chagrin, mais cela ne suffit pas.
 
L’espoir a été assassiné, l’avenir a été brisé, la société corse s’enlise dans l’autodestruction. Depuis, trop longtemps, la violence est présente dans notre quotidien, allant jusqu’à la banaliser, en fermant notamment les yeux sur le culte de l’arme, qui de façon perverse, conduit nos jeunes et la Corse à la dérive.
 
Si malheureusement, la violence chez les jeunes est un phénomène que l’on retrouve en Corse comme ailleurs, nous ne devons pas avoir peur d’affronter notre réalité.  Ce drame doit inviter chacun d’entre-nous à engager une réflexion en profondeur, il est de notre responsabilité d’analyser les maux dont notre île souffre. La réflexion que nous devons entamer doit ouvrir sur une prise de conscience collective et permettre d’apporter des réponses, d’ouvrir des perspectives sur les moyens à engager afin d’enrayer cette violence.
 
Notre île n’est pas condamnée au malheur, la marche blanche qui est organisée mercredi, à laquelle je ne pourrai malheureusement pas assister, est un premier acte symbolique fort. C’est le signe que notre jeunesse aspire à autre chose, à retrouver des valeurs de paix et d’humanité. 
 
Le sursaut est impératif, au nom du respect de la vie, de la dignité humaine ce qui représente les vraies valeurs de la Corse. Ce sursaut doit être celui de toute notre population : élus, parents, monde associatif, enseignants,  jeunes et moins jeunes pour que cela ne se reproduise jamais, pour ne pas oublier.
 
Si l’heure est aujourd’hui au recueillement, cette prise de conscience est indispensable. Nous le devons à la Corse, nous le devons à notre jeunesse, nous le devons à Antoine.