Collectivité Territoriale de Corse

Déplacement à Malte du Président de l'Assemblée de Corse : vers des partenariats concrets

Mercredi 19 Octobre 2016



Dans le cadre du développement des relations européennes et internationales, le Président de l’Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni, s’est rendu à Malte du 10 au 13 octobre 2016 afin de rencontrer des membres du gouvernement ainsi que des représentants du monde économique et politique. Il était accompagné par Henri Malosse, ancien Président du Conseil économique et social européen. 
 
L’objectif de la visite était de poser les bases d’un rapprochement durable entre la Corse et la République de Malte, afin d’échanger les expériences, de développer des coopérations concrètes et d’établir un dialogue sur les valeurs méditerranéennes communes dans une Union européenne très « marquée » au Nord.

Ce déplacement s’inscrivait dans le cadre de la présidence de l’Union européenne qui sera assurée par Malte à compter de janvier 2017.

Des échanges linguistiques

Les premières discussions avec les autorités maltaises se sont orientées vers la question linguistique et particulièrement sur l’atout que représente l’anglophonie, atout que la Corse ne possède pas pour l’heure. 
 
Lors de la rencontre avec le ministre de l’Education, Evarist Bartolo, le Président de l’Assemblée de Corse a émis l’idée d’un système d’échanges linguistiques : de jeunes scolaires ou étudiants corses pourraient apprendre l’anglais à Malte, tandis que de jeunes maltais apprendraient le français en Corse.    
 
Le Ministre de l’éducation, le Ministre des affaires sociales, Helena Dalli, et le Ministre de Gozo, Anton Refalo, ainsi que les représentants de l’industrie touristique se sont montrés très intéressés par cette idée, le français étant à la fois considéré à Malte comme une langue de prestige et un instrument très utile sur un plan commercial : en effet, les Français constituent le troisième apport au tourisme maltais, après les Anglais et les Italiens. 
 
Par ailleurs, Malte étant la 5ième destination au monde pour l’apprentissage de la langue anglaise, avec notamment 42 centres d’enseignement de l’anglais, les jeunes corses (scolaires, étudiants, apprentis) pourraient donc améliorer leur niveau d’anglais dans ce pays. 
 
Le Ministre maltais de l’Education a proposé au Président de l’Assemblée de Corse la signature d’un accord entre les deux îles, notamment au sujet des échanges linguistiques. En l’état du droit, un tel accord se heurte à l’impossibilité pour la CTC de passer une convention avec un état. Toutefois, cette difficulté juridique pourra être contournée, par exemple en établissant une convention entre la Corse et les cinq régions maltaises. Autre contrainte, s’agissant des scolaires : obtenir l’accord de l’administration de l’Education Nationale, compétente en la matière. Cependant, un tel projet contribuerait à l’expansion de la francophonie dans un état étranger européen. 
 
Le président de l’Assemblée de Corse prendra dans les jours à venir contact avec l’ensemble des parties prenantes afin de dresser les contours d’un tel partenariat.

Malte, une passerelle avec l’Europe

Malte présidera l’Union européenne à compter de janvier 2017. Au cours de l’entrevue avec Henry Camilleri, chargé de la mise en place de cette présidence, Jean-Guy Talamoni a rappelé que la Corse cumule tous les « handicaps » de l’article 174 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne : territoire insulaire, zone de montagne, faiblesse démographie. 
 
Henry Camilleri a exprimé l’attachement fort de la Présidence maltaise de l’UE à la problématique insulaire, qui constituera un axe important des mois à venir. Dans ce cadre, la Commission des îles de la Conférence des Régions Périphériques Maritimes (CRPM) se réunira sur ce sujet en mars prochain à Gozo. Les questions fiscales pourraient être abordées à cette occasion. La future Présidence maltaise a d’ores et déjà saisi le Conseil économique et social européen sur le sujet des îles. Ainsi, pour la Corse, il est particulièrement intéressant d’avoir un contact direct avec la présidence de l’UE.