Collectivité Territoriale de Corse

Eglises et cathédrales

Mercredi 7 Mars 2012



Cathédrales et pro-cathédrales de Corse

Eglises et cathédrales
❚ La Corse compte aujourd’hui un seul évêché avec pour siège Ajaccio. Il n’en fut pas toujours ainsi au cours de l’histoire.

❚ L’organisation territoriale ecclésiale de la Corse apparaît pour la première fois dans la correspondance de Grégoire le Grand, pape de 590 à 604.

❚ L’existence de trois évêchés - Ajaccio, Sagone et Aleria - y est attestée. Par ses exhortations à remédier à leurs longues vacances, le pontife confirme l’antériorité de leur institution. Celle des diocèses de Mariana et Nebbio est mise en lumière par la présence de leurs titulaires au concile de Latran en 649.

❚ Ainsi, au VIIe siècle, l’organisation ecclésiale qui perdurera jusqu’à la Révolution Française est-elle en place.

❚ Devenus suffragants de l’archevêché de Pise en 1092, par décision du pape Urbain II, ils font l’objet d’une réorganisation en 1133 sous le pontificat d’Innocent II. Mariana et Nebbio sont alors soustraits à la tutelle métropolitaine pisane. Ils sont placés sous l’autorité de l’archiépiscopat de Gênes, nouvellement institué, tout comme un troisième évêché créé pour la circonstance - Accia - composé des pieve de Rostino et d’Ampugnani, détachées des diocèses d’Aleria et Mariana. Ce dernier sera supprimé en 1563 et rattaché à celui de Mariana.

❚ Durant la période moderne, les cinq diocèses ne subissent aucune modification territoriale majeure.

❚ Le 12 juillet 1790, l’Assemblée Constituante les supprime. Un seul diocèse ayant pour siège Bastia est créé. Son titulaire, l’évêque constitutionnel Ignace François Guasco, se rétractera en 1794.

❚ En 1801, le Concordat rétablit un seul évêché avec Ajaccio pour siège et le désigne suffragant de l’archevêché d’Aix-en-Provence. Le 21 novembre 1801, le pape Pie VII consacre canoniquement ce nouveau dispositif en « annulant, supprimant et éteignant à perpétuité les évêchés de Mariana, Accia, Aleria, Sagone et Nebbio ». Cette organisation perdure encore de nos jours.

❚ Les cathédrales et pro-cathédrales insulaires témoignent de la richesse d’un patrimoine religieux accordé à l’évolution de l’histoire de l’Eglise de Corse.

Pour en savoir plus

Eglises et cathédrales

Le thème du projet ITERR-COST- Itinéraires et Réseau du Roman en Corse, Sardaigne, Toscane, concerne la promotion, la mise en valeur et la gestion du patrimoine Roman de la Haute Méditerranée. Le Roman représente l’une des racines de la civilisation européenne. Entre le XIème et le XIIIème siècle, il se présente comme un langage culturel et technique caractérisé par des éléments unitaires, ayant toutefois de nombreuses variantes locales. L’une des plus importantes étant constituée par l’architecture romane toscane, développée en différentes villes (Pise, Lucques, Pistoue, Arezzo, Florence) et en de nombreux centres ruraux. 

L’architecture corse entre le XIème et le XIIIème siècle présente des affinités significatives avec celle de la Sardaigne et toutes deux dérivent en grande partie de l’activité d’ouvriers « pisans ». Les routes commerciales convoient non seulement des marchandises mais aussi des hommes et des technologies artistiques et favorisent le transfert en Corse et en Sardaigne d’ouvriers de la terre-ferme liguro-toscane. 

Les églises romanes s’intègrent dans les contextes urbains et ruraux arrivant à connoter de façon significative le paysage même.