Collectivité Territoriale de Corse

Exposition "Mare Nostrum, les corses et la mer" du 2 juillet au 31 mars 2012 au Musée de la Corse à Corte

Mostra "Mare Nostrum, les Corses et la mer" di u 2 di lugliu à u 30 di dicembre di u 2011 à u Museu di a Corsica in Corti

Lundi 9 Janvier 2012



Exposition "Mare Nostrum, les corses et la mer" du 2 juillet au 31 mars 2012 au Musée de la Corse à Corte
Paul Giacobbi, Député de la Haute-Corse et Président du Conseil exécutif de Corse et Dominique Bucchini, Président de l’Assemblée de Corse, inaugureront l’exposition « Mare Nostrum, les corses et la mer » au Musée de la Corse à Corte, le vendredi 1er juillet 2011.

Téléchargez le discours prononcé par Dominique Bucchini

Parallèlement, le Musée de la Corse propose une exposition dédiée au jeune public «  Secret d’épave » dans un espace ludique et interactif qui a pour objectif de familiariser les enfants avec le milieu maritime.

La Collectivité Territoriale de Corse, avec cet outil culturel de haut niveau, valorise le patrimoine de la Corse. 

Paul Giacobbi, Deputatu di u Cismonte è Presidente di u Cunsigliu esecutivu di Corsica è Dominique Bucchini, Presidente di l’Assemblea di Corsica, apreranu a mostra « Mare Nostrum, les corses et la mer » à u Museu di a Corsica, stu venderi prima di lugliu di u 2011.

In listessu tempu, u Museu di a Corsica prupone una mostra dedicata à i zitelli «  Secret d’épave »in u spaziu di ghjocu interattivu chì hà per scopu d’abbituà i zitelli à u mezu marinu.

A Cullettività Territuriale di Corsica, incù st’arnese culturale di prima trinca, valuriseghja u patrimoniu di a Corsica


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musee_de_la_corse.pdf Musée de la Corse.pdf  (158.38 Ko)
discours_les_corses_et_la_mer_mare_nostrum_1er_juillet.pdf Discours Les corses et la mer Mare Nostrum 1er Juillet.pdf  (43.28 Ko)


Mare Nostrum, les corses et la mer

Exposition "Mare Nostrum, les corses et la mer" du 2 juillet au 31 mars 2012 au Musée de la Corse à Corte
« La Corse est une montagne dans la mer… » cette célèbre citation du géographe allemand Friedrich Ratzel, est souvent utilisée pour présenter la géographie de la Corse. Une île dont le territoire se définit par la montagne. Les publications et les images consacrent depuis longtemps le Corse montagnard : berger, chanteur et parfois même bandit...

Pourtant une population en côtoie une autre et les Capcorsins développent, depuis des siècles, une vocation maritime. Installés sur cette étroite bande de rochers prolongeant la Corse vers le Nord, face à la mer nourricière, porteuse d’échanges mais aussi de dangers, ces habitants ont façonné une « île dans l’île ». Au XIXe siècle, près de 30 % des inscrits maritimes sont concentrés dans le Cap Corse.

Bonifacio, Calvi, Saint-Florent, Porto-Vecchio et bien sûr Bastia et Ajaccio sont les principaux ports de l'île. Les activités maritimes concernent surtout le commerce et la pêche.

Le « mare nostrum » des Corses, c’est avant tout la mer Tyrrhénienne, un couloir entre la côte Ouest de la péninsule italienne et les grandes îles de la Méditerranée occidentale, presque une mer intérieure. Mais on peut aussi parler de « maria nostra » car la Corse touche plusieurs mers, correspondant à différentes navigations et à une connaissance variable du milieu qui permit à certains de traverser la Méditerranée et les océans. 

Les gens de mer, Corses d’origine, d’adoption ou de passage sont les acteurs de l’exposition « Mare nostrum, les Corses et la mer ». 

Ces dernières décennies, le tourisme balnéaire est devenu le moteur de l’économie de la Corse. Le développement d’un littoral composé de paysages naturels remarquables et variés représente un enjeu majeur. Il pose la question des choix...

Fiers de la beauté de l’île, les Corses cherchent à maîtriser son développement. Ils sont attachés à leur village de montagne mais vivent principalement dans des villes du bord de mer. D’autres contradictions se dressent pour trouver un équilibre entre la conservation du littoral et l’activité touristique.

Dans tous les cas, la mer s’impose aux Corses. Elle est, aujourd’hui comme par le passé, au cœur des questions économiques, sociales et culturelles de l’île. 

 
I)    La découverte de l’île


Les premiers peuplements humains de la Corse sont attestés au VIIIe et peut être même au IXe millénaire avant notre ère. D’autres archéologues remontent encore plus loin. Ces hommes ont traversé la mer, probablement le canal tyrrhénien, pour s’installer sur les rivages de la Corse.

Dès l'Antiquité, les principales puissances maritimes font des incursions sur l’île. Les cités d’Alalia et de Mariana inscrivent la Corse dans la Méditerranée.

La chute de l’Empire romain entraîne de nouvelles dynamiques. Après les invasions barbares et sarrasines, l’île passe sous la domination de la cité de Pise, et plus durablement sous la République de Gênes. Des intrusions de la couronne aragonaise marquent également l’histoire. Ces différents évènements attestent de l’importance de la Corse en Méditerranée occidentale.

Au XVIe siècle, Catherine de Médicis compare la Corse à « un magnifique cavalier » entre l’Italie et l’Espagne pour présenter la stratégie politique de la France. L’alliance avec l’Empire Ottoman et l’épisode de Sampiero Corso révèlent un contexte politique agité.

A partir du XVIIIe siècle, la France et l’Angleterre s’imposent en Méditerranée. En Corse, les guerres d’indépendance et l’opposition franco-anglaise provoquent un effondrement économique. Il faut attendre le XIXe siècle, le retour à une paix durable en Méditerranée et les grandes transformations technologiques pour observer une évolution importante.

Ces intérêts successifs pour les îles ont donné une grande variété de descriptions et de cartes. L’insulaire, en italien « Isolario », est un atlas composé de descriptions d’îles. Le « livre des îles » connaît un essor important entre le XVe et le XVIIIe siècle, surtout à Venise. Il ne s’agit pas d’un manuel de navigation, mais plutôt d’un outil de compréhension du monde, représenté en morceaux de terres au milieu des mers. 

Les fonds d’archives de Gênes conservent plusieurs cartes du littoral de la Corse du XVIe au XVIIIe siècle. Ces vues sont destinées à représenter le système défensif d’une région, un projet de construction de tour ou signaler un abri pour les navires.

Au XVIIIe siècle, la cartographie accomplit de grands progrès sous la plume des ingénieurs de marine anglais et français. Ils sont à l’origine de dessins plus détaillées des côtes de la Corse. Dans le premier tiers du XIXe siècle, les cartes de marine et les profils des côtes deviennent des outils de navigation précis. Les ports, les anses, les dangers et les profondeurs sont signalés.

Une île se découvre par son littoral : cette bande située entre mer et terre, tantôt lien, tantôt frontière....

Avec près de 1 000 kilomètres de côtes, la Corse représente environ 14 % du littoral national et plus de la moitié des rivages français en Méditerranée.

Cartes de marine, photographies et regard d’artistes sont autant de points de vue pour découvrir la Corse et la mer...   

II) La mer et ses dangers

La mer est un espace de liberté et de voyage. L’exploration et l’aventure séduisent l’homme moderne. Mais la mer est restée longtemps un univers mystérieux, peuplé de créatures et de monstres effrayants. Difficile à maîtriser, changeante et largement inconnue, elle inspire la méfiance et l’inquiétude. Comment pouvait-il en être autrement, surtout pour des insulaires, quand les plus grands dangers arrivent par la mer ?

Des maladies les plus bénignes, comme le mal de mer, jusqu’aux terribles épidémies de peste, la mer véhicule la peur et le malheur. Et le souvenir de razzias et de scènes sanglantes hantent durablement les populations à la simple vue du littoral.

Depuis la chute de Constantinople en 1453, l’Empire Ottoman s’impose comme la principale puissance de Méditerranée. Et malgré la victoire de Lépante (1571), la chrétienté subit la course barbaresque. Les flottes de chebecs de Bizerte, Tunis et Alger sèment la terreur. En Corse, de nombreux villages sont razziés surtout au cours des XVe et XVIe siècles. Une menace présente jusqu’au début du XIXe siècle, qui laisse une empreinte profonde dans le rapport à la mer. Mais l’esclavage n’est pas une condition définitive, il y a la possibilité de rachat et de retour. D’autres, pour se libérer de leurs chaînes, renient leur foi et s’engagent comme renégat. 

Les envahisseurs arrivent toujours par la mer, il suffit d’observer l’architecture maritime de la Corse pour s’en convaincre. Les villes côtières fortifiées ou présides sont un abri pour le commerce, mais les campagnes et les villages restent largement exposés. A la fin du XVIe siècle, un système défensif est défini pour protéger les populations côtières. La construction des tours littorales se poursuit sur plusieurs décennies.   

L’histoire de la Corse évoque plusieurs grandes batailles maritimes, Alalia (545 av. J.-C.), Meloria (1284) et Calvi (1794) notamment. Elle révèle aussi des héros, dont plusieurs marins :

- Des Corses comme Vincentello d’Istria (?-1434), capitaine de galères, et Luce de Casabianca (1762-1798), commandant du navire amiral l’Orient à la bataille d’Aboukir. 
- Des Méditerranéens comme le corsaire Dragut (vers 1520 ?-1571) et l’amiral Andrea Doria (1466-1560)
- Et un Anglais comme l’amiral Horatio Nelson (1758-1805)

La mer c’est également le tonnerre, les éclairs et les déferlantes, la tempête et ses visions d’apocalypse. Dans ces moments difficiles, le salut ne peut venir que du ciel. Des ex-voto et des éléments d’épaves conservés dans les églises racontent les fortunes de mer, les rescapés, les navires engloutis et les disparus. 

A partir de la fin du XVIIIe siècle, les registres du commissaire de marine renferment les récits des naufrages sur les côtes de la Corse. Chaque année, plusieurs accidents sont décrits, de terribles tempêtes provoquent la perte de plusieurs navires en quelques heures, comme celle du 15 février 1855, qui entraîne la frégate française la Sémillante sur les rochers des Lavezzi…

Face à tous ces dangers, le Corse se réfugie dans la montagne et conserve une relation ambiguë avec son littoral.

 
III) Les activités maritimes

Ces dernières décennies, l’archéologie sous-marine confirme l’ancienneté et la diversité des échanges en Méditerranée. Même dans les périodes difficiles, le commerce reste indispensable pour une île.

Les Corses n’ont pas été que des victimes dans leur rapport avec l’Empire Ottoman. Ils sont également commerçants à Alger, Tunis et jusqu’à Istambul. Plusieurs jouent un rôle d’intermédiaire dans les relations entre le Nord et le Sud.    

Entre le XVIe et le XIXe siècle, l’essentiel de la marine corse pratique le cabotage en mer Tyrrhénienne. Le moindre abri possède sa flottille. Cette navigation est surtout active à la belle saison, de mai à octobre, dans la mesure du possible. Sortir de la période et du paysage maritime familier est dangereux.

Au temps de la marine à voile, les types de navires sont nombreux : esquif, tartane, felouque, gondole, brick-goélette, etc. Petits ou grands, ces bateaux sont généralement à fonds plat, pour circuler le long des côtes et être hâlés sur les plages, et ventrus pour le transport de marchandises. Ils sont propulsés par des voiles, latines bien sûr, mais aussi au tiers, à livardes, auriques ou carrées et par plusieurs paires de rames pour la navigation côtière et les manœuvres.

Dans les années 1800, seule Bastia possède un phare qui ne fonctionne que quelques nuits dans l’année. Puis à partir de 1830, dans un contexte économique favorable, plusieurs infrastructures maritimes sont installées. Ainsi dans les années 1880, l’île est équipée de jetées, quais, phares, sémaphore, etc. améliorant la sécurité.   

Depuis les premières lignes de vapeur en 1830 et jusqu’à nos jours, les progrès dans les relations Corse-Continent sont importants. D’une trentaine d’heures à l’origine, il faut moins de quatre heures de traversée avec les Navires à Grande Vitesse des années 1990 pour rejoindre l’île.

De nos jours le choix des compagnies qui desservent la Corse s’est porté sur des ferrys de 200 mètres de longueur pouvant embarquer jusqu’à 650 voitures et près de 3 000 passagers. Ces navires répondent aux flux touristiques de la période estivale.  

Les recensements de la population maritime de la Corse avancent le chiffre de 1 500 hommes, soit 3 % du total français en 1792. A partir du siècle suivant, le nombre de marins augmente régulièrement jusqu’en 1880 pour atteindre 8 000 sur une population d’environ 280 000 habitants. Ensuite, les chiffres s’inversent avec la fin de la marine à voile.

Si les métiers de gardien de phares ou de charpentier de marine ont disparu, le développement des dernières décennies créé de nouveaux emplois, moniteurs de voile et de plongée, pilotes et loueurs de bateaux notamment. 

La pêche est une activité ancienne et importante de l’île, bien qu’elle soit en diminution avec environ 200 patrons pêcheurs et largement saisonnière. La technologie a évolué autour de deux périodes avec l’apparition de nouveaux matériels :

- Entre 1930 et 1960 : motorisation, filet tremails, chalutage, etc.
- Entre 1970 et 2000 : treuil hydraulique, filet synthétique, sondeur et GPS, etc.

Les prises recherchées ont également changé pour se concentrer sur la capture des poissons nobles et de la langouste au filet tremails. Principal engin de pêche des crustacés, il est « calé »plusieurs jours et provoque la perte de nombreux poissons. La préservation de la ressource, en nette diminution, passe par des changements, comme la réutilisation des nasses.

Le tourisme pose de nombreuses questions liées au littoral. Ce développement n’est pas sans conséquence sur le milieu comme le souligne les comparaisons des dernières décennies.

La plaisance et les sports nautiques deviennent une véritable industrie avec l’aménagement d’infrastructures importantes. Ces activités génèrent également une fréquentation accrue dans la bande des cinq milles marins.

Les Corses redécouvrent la mer pour mieux vivre avec elle. 

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Secret d'épave

Exposition "Mare Nostrum, les corses et la mer" du 2 juillet au 31 mars 2012 au Musée de la Corse à Corte
Parallèlement à l’exposition Mare nostrum – Les Corses et la mer, le service de la médiation culturelle du musée de la Corse propose une exposition dédiée au jeune public : Secret d’épave.

Cette année, un parcours ludique et didactique qui a pour objectif de familiariser les enfants avec le milieu maritime est proposé. Secret d’épave est un lieu qui fournit les clés de lecture qui permettront aux enfants d’aborder sereinement les collections patrimoniales présentées dans l’exposition Mare nostrum - Les Corses et la mer.

Au centre de l’espace, une coque de tartane naufragée est enchâssée dans des bancs de sables au milieu de cordages qui s’élancent des fonds marins vers la surface de l’onde. Cet objet en ruine, ravagé, intrigue. On s’interroge : qu’est-il arrivé au bateau ?

Si l’histoire d’une épave commence toujours par un naufrage, avant l’accident, il y avait une vie à bord. L’enjeu de l’exposition est de soumettre l’épave « à la question », jusqu’à lui faire raconter son histoire, celle de son équipage et celle de sa dernière navigation.

Secret d’épave, une immersion au cœur du sujet...

De l’épave au bateau, une résurrection


Traces d’inscriptions, plans et restes de cargaison aident à identifier le caboteur.

L’équipage et la vie à bords

Récits de marins, sons de la mer et organisation des tâches montrent que la vie à bord est un monde en soi.

La mer et ses dangers

La mer n’est pas le milieu naturel de l’homme, vents, récifs et courants la rendent même parfois hostile, jusqu’au naufrage comme en témoigne le carnet de bord du mousse.

Secret dévoilé

L’enfant rassemblera les divers éléments découverts dans un relevé de fouilles qui servira à alimenter la construction narrative relatant l’aventure du bateau qui dévoile le secret de l’épave.

Des bancs de sable abritent audiovisuels et coin lecture pour en savoir plus. Un atelier propose la création d’ex-voto basé sur la technique du pop-up.