HistoriqueDimanche 2 Mai 2010
Depuis plus de 20 ans, la Corse est à l'avant-garde de la décentralisationLa Corse est dotée d'une organisation institutionnelle originale, unique en France métropolitaine, mais comparable à celle de la plupart des autres régions européennes largement décentralisées.
La spécificité de la Corse dans la République a en effet été reconnue par le pouvoir national puis traduite dans plusieurs réformes statutaires (1982, 1991, 2002) à partir d'un double fondement :
Ainsi la Collectivité Territoriale de Corse apparaît à l'avant garde de la " République décentralisée " : par ses responsabilités accrues mais aussi une organisation rationalisée et des moyens plus importants, parmi lesquels le statut fiscal. Tel qu'il existe aujourd'hui, le statut particulier a été construit en trois étapes... en 1982...
Quatre ans avant l'ensemble des autres régions, l'Assemblée de Corse est élue au suffrage universel, à la proportionnelle intégrale et dans une circonscription unique. De même que les communes et les départements, elle reçoit de l'Etat le pouvoir exécutif et les compétences régionales jusque là exercés par le Préfet.
en 1991...Désormais bien ancrée dans le paysage politique insulaire, l'Assemblée de Corse bénéficie de compétences beaucoup plus étendues autour des deux piliers du statut :
La fonction exécutive est incarnée par le Conseil exécutif, véritable gouvernement régional afin d'assurer la cohérence et la stabilité nécessaire à la gestion. Enfin, un organe consultatif est également installé, le Conseil économique, social et culturel.
en 2002...Avec le " processus de Matignon ", les responsabilités de la collectivité évoluent dans le sens d'un pouvoir de décision davantage que de simple gestion. Les politiques régionales bénéficient de cadres de compétences plus cohérents, de pouvoirs élargis à l'adaptation des normes réglementaires et de ressources budgétaires renforcées. En parallèle, un effort exceptionnel d'investissements publics (le PEI) est engagé afin de résorber sur 15 ans le déficit séculaire dont souffre la Corse en matière d'infrastructures collectives. Une refonte du statut fiscal est destinée à stimuler l'investissement privé en faveur des entreprises. Il s'agit également de sortir essentiellement du régime de fiscalité dérogatoire établi en 1801 avec les "arrêtés Miot" qui supprimaient la sanction pour défaut de déclaration des droits de succession. Le troisième volet, qui prévoyait de simplifier la carte des collectivités locales en fusionnant la CTC et les deux Conseils généraux a été repoussé en juillet 2003 par un référendum local (première consultation de ce type en France). Aujourd'hui, la Corse dispose de moyens plus adéquats et mieux structurés pour définir et engager un développement harmonieux et durable. Après avoir représenté un enjeu politique aigu, son organisation institutionnelle est d'autant mieux acceptée qu'elle apparaît en phase avec le modèle européen de démocratie locale.
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