Collectivité Territoriale de Corse

Inauguration de l’opération de restauration et d’aménagement du Ricanto le 9 Janvier 2015 à Ajaccio

Mardi 10 Février 2015




Depuis 1996, la plage du Ricantu est le théâtre d’un phénomène rare et inattendu : la renaissance, voulue, travaillée, assumée, d’un site naturel en pleine zone péri-urbaine, entre l ‘aéroport et le centre urbain d’Ajaccio.
 
Au cours du XXème siècle, c’est la dynamique inverse qui a prévalu : aux portes de la ville, la plage du Ricantu a été progressivement gagnée par l’urbanisation. Aménagement de l’aéroport, Construction de bâtiments, destruction de la lande pour installer,
 
Que s’est-il passé au Ricantu pour que, au lieu de continuer à « aménager », on choisisse de démolir et de redonner sa place au milieu naturel ? Il s’est produit, ici, la conjonction heureuse de plusieurs facteurs :
  • D’une part, la volonté du Conservatoire du littoral et des collectivités locales de restaurer un paysage remarquable dans la baie d’Ajaccio.
  • D’autre part, la redécouverte, extraordinaire, d’une espèce rarissime que l’on croyait disparue et dont le Ricantu est le seul gîte (l’escargot de Corse, Tyrrhenaria ceratina). 
  • Enfin, la volonté politique de faire de ce site un lieu ouvert au plus grand nombre, dans le respect de la biodiversité.
 
Ainsi, si les pelleteuses ont été à l’œuvre depuis bientôt 20 ans, c’est pour restaurer un lieu. Les botanistes, naturalistes et autres scientifiques ont œuvré à la restauration écologique de la lande et s’attachent désormais à sauvegarder l’escargot de Corse. Les gardes du Conseil général sillonnent le site, tous les jours, pour en assurer l’entretien régulier.
 
Aujourd’hui On vient au Ricantu pour se baigner, respirer, marcher, courir, être en famille…
 
Le Ricantu nous prouve que rien n’est jamais figé et que, si on lui en laisse l’opportunité, la nature, même abîmée, s’empresse de reprendre ses droits… sans pour autant exclure l’homme. Le Ricantu mêle avec bonheur usage populaire et exigence de conservation écologique.

Cliquez ici pour télécharger la plaquette de présentation

Cliquez ici pour télécharger le plan de gestion du site du Ricantu-Capitellu

depliant_ricantu_2015.pdf Plaquette Ricanto 2015  (830.89 Ko)
ricanto_bd.pdf Plan de gestion des sites du Conservatoire du littoral  (1.55 Mo)


En 1996, une étude paysagère dessine les grandes lignes du projet de restauration écologique

Le principe d’aménagement retenu est simple :
  • D’un côté du mur la route d’accès à l’aéroport, le stationnement des véhicules et la promenade piétonne
  • Le mur qui sépare cet espace de la lande
  • Et de l’autre côté du mur la lande et le cordon dunaire restaurés = l’espace naturel
  • La plage

En 2001, la 1ère phase de travaux est engagée

Démolition du remblai, construction du mur qui sépare la route du site naturel, plantation de pins et, surtout, expérimentations pour la revégétalisation du site.
C’est une réussite : quelques mois après les travaux, non seulement la lande a regagné du terrain mais les ajacciens ont adopté le site.

En 2013-2014, la 2ème phase de travaux

porte sur la renaturation de  l'ancien camp de vacances de l'armée dans la lignée de la 1ère intervention : le mur est prolongé, de même que l’alignement de pins. Les bâtiments abandonnés, en mauvais état, sont détruits pour que la lande reprenne ses droits, les végétaux exotiques sont enlevés. Le Ricantu, vierge de toute construction et de toute végétation introduite, a retrouvé son ampleur véritable, celle d’un grand site naturel aux portes de la ville d’Ajaccio.

L’escargot le plus recherché du pays

Observé par le célèbre naturaliste Henri Lecoq au XIXème siècle, l’escargot corse était présumé disparu.
Fin des années 1990 : le Museum National d’Histoire Naturelle part à sa recherche, non sans mal. Petit, discret, il est passé maître dans l’art de la dissimulation…
Premier écueil : l’escargot semble avoir déserté la rive gauche de la Gravona, où Lecoq l’avait observé. Les naturalistes ont beau chercher du côté de Capitellu, impossible d’y dénicher le moindre fragment de coquille. C’est finalement sur la rive droite qu’on le retrouvera, dans les sables du Ricantu. Il n’avait pas migré : c’est le bras droit de la Gravona qui a disparu, canalisé, enterré par l’homme, plaçant aujourd’hui le Ricantu non plus à gauche mais à droite de la rivière.
Deuxième difficulté : il faut se mettre à l’affût, guetter le bon moment. Tyrrhenaria ceratina ne sort que la nuit. Et encore ! Qu’il fasse trop chaud, ou trop froid, ou trop sec, aucune chance de voir pointer le bout de ses antennes. Il reste enfoui dans le sable presque 8 mois de l’année : 3 mois d’hibernation, 4 à 5 mois d’estivation.

On estime sa population mondiale à moins de 5000 individus, tous concentrés sur moins de 2 hectares du Ricantu.

Trop petit, trop discret pour être précisément étudié, l’escargot de Corse n’a pas (encore) livré tous ses secrets.

Le foncier et la gestion du site

Domaine public aéronautique de la CTC qui a été retiré de la concession de la CCI (avec son accord et celui de la ville d’Ajaccio)
 
Le site est géré par le Conseil Général de la Haute Corse
 
La 2ème tranche d’aménagement :
  • Coût de l’opération : 845 000 €
  • Financement :
FEDER : 45 %  = 380 000 €
Ministère de l’écologie : 15,44 % = 130 000 €
OEC-CTC : 15% = 127 000 €                               
Conseil Général : 14,68 % = 124 000 €                     
Conservatoire : 9,88 % = 84 000 € + 40 000 €                     
  • Assistance paysagère : Alain FREYTET
  • Maîtrise d’œuvre : Techni-route, M. BASTIANESI
  • Travaux :
    • Entreprise DEBENNE : terrassement  et revêtements
    • Entreprise POMPEANI : maçonneries
    • Entreprise POGGI : ouvrage bois et aménagements paysagers
    • Communication : DOUBLEVEBBE / Franck watel et Cécile Aurejac
  • Remercier l’aéroport d’Ajaccio (CCI), la DREAL et notamment Bernard Recorbet spécialiste de l’escargot de Corse, les services de l’Office de l’environnement de la Corse et notamment le Conservatoire botanique, les service des ports et aéroports de la CTC, etc..