Collectivité Territoriale de Corse

Inauguration du Salon de la Mobilité Internationale « Mobighjovani » : discours du Président de l'Assemblée de Corse Jean-Guy Talamoni

Le 10 novembre 2016, Palais des Congrès d'Aiacciu

Jeudi 10 Novembre 2016

Seul le discours prononcé fait foi



Monsieur le Président du Conseil exécutif,
Monsieur le Député Maire d’Ajaccio,
Monsieur le Président du Conseil économique social et culturel de la Corse,
Monsieur le Recteur,
Monsieur le Secrétaire général aux Affaires Corses,
Mesdames, Messieurs,
 
Je suis particulièrement heureux d’inaugurer à vos côtés ce matin le premier salon de la mobilité internationale des jeunes Corses et de lancer officiellement le site internet mobighjovani.corsica.

Permettez-moi, en préambule, de saluer à cet égard le travail remarquable et l’investissement du Service des relations internationales de la Collectivité territoriale de Corse.
 
Dire que développer la mobilité des jeunes favorise leur insertion professionnelle est une évidence. Une expérience de mobilité offre à celui qui la vit de nombreux avantages : au-delà de l’apprentissage, elle représente une aventure humaine essentielle au développement de soi. Partir forger son expérience à l’étranger, c’est revenir riche d’outils permettant d’assurer son propre avenir.
 
C’est l’une des raisons qui font de la mobilité des jeunes une priorité de tous les pays européens.
 
Mais en Corse, la mobilité revêt un caractère bien particulier tant elle peut contribuer à construire l’avenir auquel nous aspirons. Partir, c’est surtout revenir avec des compétences nouvelles et une expérience en matière d’innovation, notamment, toutes choses indispensables au développement de notre pays. Voyager c’est aussi, comme l’écrivait Proust « chercher à avoir de nouveaux yeux ». « The traveller’s Eye », pour paraphraser Dorothy Carrington, cette aristocrate britannique devenue historienne de la Corse. Au retour, voir la Corse autrement, penser et agir différemment, élargir le champ des possibles… Voilà ce que peut offrir la mobilité à cette terre en quête de développement.
C’est en partie l’objet des visites que nous effectuons, nous élus de la Corse, en Méditerranée et en Europe.
Lors de mon déplacement à Malte, dès les premiers échanges avec les autorités, les discussions se sont orientées vers la question linguistique et particulièrement sur l’atout que représente la pratique des langues étrangères pour un pays.
Le Ministre de l’éducation et le Ministre de Gozo m’ont proposé la mise en place d’un système d’échanges linguistiques entre les jeunes. Les nôtres iraient à Malte apprendre l’anglais, les jeunes Maltais viendraient en Corse apprendre le français. Les professionnels maltais des industries touristiques se sont également montrés très intéressés par de tels échanges.
En effet, Malte est la 5ième destination au monde pour l’apprentissage de la langue anglaise. Elle compte 42 centres d’enseignement de l’anglais. Les jeunes Corses pourraient donc améliorer leur niveau d’anglais dans ce pays et l’on sait la plus-value qu’apporterait aujourd’hui l’anglophonie dans une perspective de plurilinguisme. On pense notamment aux retombées positives au moment de la recherche d’emploi.
 
De même, le Conseil permanent Corso-Sarde que nous avons mis en œuvre l’été dernier, prévoit des actions pour la réalisation de parcours communs de formation, de recherche et d’éducation. Les Présidents et Vice-présidents des Universités de Cagliari, de Sassari et de Corse ont présenté les liens déjà existants entre leurs établissements, notamment dans le cadre de la mobilité avec le programme européen Erasmus, mais également dans le cadre de la recherche avec le programme de coopération Interreg. Ces universités souhaitent aujourd’hui intensifier la mobilité des étudiants et obtenir la création de diplômes conjoints, mettant l’accent sur la culture, le développement soutenable et la maîtrise des leviers du développement économique, notamment par le tourisme et l’innovation. De façon plus immédiate, il s’agit de favoriser l’organisation de compétitions sportives, les échanges les plus fructueux et pérennes étant souvent initiés par la connaissance mutuelle au sein de la jeunesse. C’est de cette façon que nous construirons la nouvelle Europe qui nous permettra de dépasser la crise actuelle frappant aujourd’hui notre continent. D’ailleurs, de tous les programmes communautaires, Erasmus a certainement été le plus profitable à l’idée européenne.
Le salon qui s’ouvre aujourd’hui, au même titre que la plateforme mobighjovani, constitue l’une des pierres à l’édifice que nous construisons ensemble.
Je n’insisterai pas davantage : vous avez compris que notre majorité œuvre résolument en faveur d’une politique d’ouverture de la Corse et des jeunes Corses à l’international. Simu cunvinti chì per studià o per travaglià, viaghjà ghjè amparà, per un megliu vultà.