Collectivité Territoriale de Corse

Intervention de Monsieur Paul Giacobbi, Président du Conseil exécutif

Session ordinaire du 24 septembre 2010

Vendredi 24 Septembre 2010



Intervention de Monsieur Paul Giacobbi, Président du Conseil exécutif
Monsieur le Président de l’Assemblée de Corse,
Mesdames,
Messieurs les Conseillers,

La tradition veut que le Président du Conseil exécutif prononce un discours solennel de rentrée à l’occasion de la seconde session ordinaire qui s’ouvre le 1er septembre. Je m’y astreins volontiers mais je veillerai à éviter l’exercice de style pour aller à l’essentiel.

Sur l’activité du Conseil exécutif, j’entends par le truchement des médias qu’il n’a pas pris la complète mesure des missions dont il a la charge. D’aucuns avancent même que ses membres ne montrent guère d’empressement à la tâche et que l’institution est en sommeil depuis cinq mois.
Je veux croire qu’il s’agit de propos de circonstances, de postures politiques auxquels sont tenus les uns et les autres. Oserais-je dire qu’il faut bien exister ! N’en déplaise aux caciques, l’institution travaille. Elle tient des réunions à intervalles réguliers, délibère sur les dossiers qu’elle étudie préalablement avec un soin particulier. Il arrive même que certains d’entre eux fassent l’objet d’un ajournement. Actuellement, les conseillers exécutifs finalisent leurs feuilles de route respectives qu’ils présenteront lors des prochaines sessions et sur le contenu desquelles vous serez amenés à formuler des remarques et suggestions. Nous achevons une phase de mise en ordre dans des délais raisonnables à la mesure de l’outil, et si, comme je l’ai entendu, nous avons bénéficié d’un état de grâce, je n’en ai pas perçu les contours. Soyez persuadés néanmoins, que mes collègues qui m’entourent et moi-même, ne craignons pas le débat, encore moins la critique.

Nous sommes sereins et je crois que nous avons montré notre capacité à affronter les problèmes et notre capacité à les résoudre. Je rappelle que lors de notre prise de fonctions avec le Président Bucchini, nous avons été confrontés à une grève dans les transports maritimes à laquelle nous avons su par la persuasion et le dialogue mettre un terme rapidement.

Rassurez-vous, le Conseil exécutif travaille et dans la plus parfaite harmonie.

S’agissant des grands dossiers, je ne crains pas de dire qu’ils ont connu des avancées significatives.

J’en évoquerai deux.

La délicate question foncière constituait une priorité pour l’ensemble des groupes politiques mais aussi pour tous les Corses. Des engagements avaient été pris pour la tenue d’assises. Elles débuteront la semaine prochaine et j’emploie le terme à dessein.

Nos intentions sont claires. Il ne s’agit pas d’organiser la manifestation des incantations verbales, des constats. Il est indispensable de nous inscrire dans la durée. Il nous appartient d’aboutir à des propositions concrètes, à la mise en œuvre d’une stratégie globale dans ce domaine sensible. C’est pourquoi, la journée du 28 septembre au Palais des Congrès est une journée de lancement durant laquelle les maîtres mots seront problématique, méthode, état des lieux.

Nous poursuivrons ensuite avec la constitution d’ateliers, le premier consacré au foncier proprement dit, le second dédié au logement. Les travaux se continueront jusqu’à une séance de restitution et de synthèse qui marquera la clôture des assises. Les propositions seront ensuite soumises à votre examen lors d’une session extraordinaire. Je suis convaincu de la pertinence de cette démarche, je suis convaincu qu’elle connaîtra une expression concrète.

L’autre dossier phare de l’automne est celui des transports maritimes pour lequel, je l’affirme une nouvelle fois, il ne subsiste aucune divergence de vue avec le groupe communiste.

Au contraire, nous partageons une vision commune. J’observe en substance que nous ne sommes pas seuls. Les membres de la mission parlementaire conduite par le Sénateur Revet, les magistrats de la Chambre Régionale des Comptes évoquent sans détour les distorsions de concurrence, l’inadaptation du dispositif d’aide sociale et le tort qu’il porte à celui dela DSP. Chacun s’accorde à reconnaître que le système actuel n’est pas gérable. Il est contraire à l’intérêt général et au principe du service public auquel je vous sais tous ici très attachés. La situation actuelle ne peut perdurer et j’ai pris des dispositions pour assurer le lancement d’une nouvelle DSP très vite. Bien entendu, il vous appartiendra d’en décider. Il est temps que l’île dispose d’un service de qualité assorti de prix compétitifs, cela doit guider notre action.

J’ai dit ma volonté d’instaurer une authentique concertation entre l’Exécutif et les responsables des groupes politiques, sur tous les sujets importants.

Ce n’est pas une figure de style, une hyperbole mais une vraie proposition. Cette pratique a débuté avec la pénible question des détenus insulaires incarcérés en France continentale. Elle se poursuivra avec le foncier dont j’ai exposé la méthodologie, mais aussi avec le transport maritime, et bientôt avec le statut de la langue corse
Mes intentions ne consistent pas à aboutir sur ces dossiers importants pour l’avenir de la Corse à des consensus mous. Je ne suis pas homme à me renier, ni à renier mes convictions. En revanche, je n’exclus pas des rapprochements et j’entends pouvoir inclure dans la réflexion de la majorité des propositions et suggestions de l’opposition. Vous le savez, je suis un homme de dialogue, mon parcours politique en témoigne. Je m’attacherai donc à créer les conditions pour l’instaurer durablement dans les faits et je réunirai très prochainement les présidents de groupes pour en définir les conditions.

Permettez-moi quelques mots sur les questions budgétaires et financières.

J’ai rencontré très récemment les responsables de DEXIA et de la Caisse des Dépôts et Consignations. Il convient en effet de s’entourer des avis d’experts pour conduire une politique efficace en la matière. Les entretiens ont été fructueux et j’envisage des consultations régulières avec les intéressés.

Concernant le budget supplémentaire, il a été soumis à l’examen du Conseil exécutif. Ce document vous sera présenté lors de la session d’octobre.

Pour le prochain exercice, des projections ont été réalisées et je puis déjà vous affirmer qu’il n’y aura pas de recours significatif à l’emprunt sans toutefois obérer des financements de nos politiques publiques.

Je ne puis achever mon propos sans évoquer la violence qui connaît ces dernières semaines une recrudescence.

Il n’est pas admissible que l’on s’attaque à de grandes entreprises pour manifester son désaccord sur les stratégies de développement qu’elles initient. Le temps est révolu de ces pratiques qui nous pénalisent tous et les récents attentats sont intervenus dans un climat pourtant apaisé. J’espère qu’il s’agit d’actes isolés et que seules prévaudront les voies du dialogue et de la démocratie.

Je vous remercie.