Collectivité Territoriale de Corse

Journée régionale du plan de lutte contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale : Gilles Simeoni présente la stratégie de lutte contre la précarité mise en place par la CTC

Mardi 8 novembre 2016, CCAS de Porticcio

Mardi 8 Novembre 2016



Gilles Simeoni, Président du Conseil exécutif de Corse, a coprésidé ce jour, la journée du plan de lutte contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale, aux côtés de Bernard Schmeltz, Préfet de Corse.
A cette occasion, le Président a présenté la stratégie de lutte contre la précarité mise en place par la Collectivité territoriale de Corse.

la stratégie de lutte contre la précarité de la Collectivité Territoriale de Corse


Les indicateurs alarmants de la précarité en Corse

La lutte contre la pauvreté et la précarité devient une urgence absolue. La Corse est en effet une région très touchée, comme l’attestent les statistiques officielles :
1 habitant sur 5 vit en Corse avec moins de 970 € mensuels, et, parmi ces personnes, la moitié vit avec moins de 760 €. Cette précarité présente deux caractéristiques nouvelles : elle s’inscrit dans la durée et affecte des catégories sociales jusque-là épargnées sur notre île. Ces chiffres témoignent de l’augmentation de l’isolement et de l’exclusion de cette catégorie de personnes.

Pour contrer ces phénomènes devenus structurels, la Collectivité territoriale de Corse a décidé le 30 septembre dernier de faire de la lutte contre la précarité une priorité politique.

Une prise en compte nouvelle de la précarité

La situation actuelle nécessite une approche nouvelle, globale et intégrée de la pauvreté et de la précarité. L'éclatement des politiques et des compétences, combiné à des moyens de luttes obsolètes et une précarité de plus en plus difficile à détecter, nuit gravement à l’efficacité et à l’opérationnalité des actions et rend indispensable la coopération entre les sphères politiques, institutionnelles et la société civile.

Le rapport a déterminé 3 étapes qui rythmeront la nouvelle politique de la CTC :
  1. une nouvelle organisation interne visant à structurer en transversalité l’action de la Collectivité territoriale de Corse autour de cette mission
  2. une mobilisation de tous les acteurs autour d’une politique participative de lutte contre la précarité
  3. une mise en action rapide : dès janvier 2017.

Les objectifs de la politique territoriale de lutte contre la précarité

A travers cette démarche, la Collectivité territoriale de Corse pose les 1ères pierres d’une véritable politique territoriale de lutte contre la précarité, visant à :
  • structurer la mise en place de cette politique au niveau de l’Exécutif, à travers une opérationnalité et une transversalité en interne des services de la collectivité et des agences et offices
  • organiser la coordination des différents acteurs territoriaux : par l’animation d’un réseau et une transversalité externe
  • optimiser l’action territoriale avec celle de ses partenaires dans la perspective de la Collectivité unique, avec, pour principaux axes d’intervention, la santé, l’emploi et la formation, l’accès au sport et à la culture, la jeunesse et le logement.

Une démarche participative

La Collectivité territoriale de Corse mise sur la participation de l’ensemble des acteurs du champ du développement social, dans les semaines à venir, dans le but d’enrichir et d’approfondir cette stratégie.

Pour ce faire et au regard du succès des séminaires précédents, la Collectivité territoriale de Corse lancera très prochainement une grande concertation publique sur la réflexion de la lutte contre la précarité. Chacun pourra y déposer sa contribution via son site internet www.corse.fr.

Ces travaux donneront lieu à un plan d’actions contre la précarité, qui sera proposé à l’examen de l’Assemblée de Corse et qui aura pour objectif d’inverser efficacement les mécanismes générateurs de précarité.

diagnostic Evaluation du plan pluriannuel de lutte contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale réalisé par la DRJSCS en 2015/2016

Dans le cadre du suivi du plan pluriannuel de lutte contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale, la DRJSCS de Corse a procédé à l’analyse partagée des actions menées sur son territoire afin d’en mesurer l’efficacité et de procéder à leurs réajustements.

Cette démarche de concertation s’est déclinée en 3 phases :
  1. Un diagnostic sous forme de recueil de données, auprès des services déconcentrés de l’État et acteurs locaux, réalisé d’octobre à décembre 2015.
  2. Une analyse partagée des forces et faiblesses de la mise en œuvre du plan qui a permis d’associer les acteurs et les services de l’État : la DDCSPP de Corse du Sud et Haute-Corse, l’ARS, la DREAL, le Rectorat, la DIRECCTE, la DRAAF, la PJJ (protection judiciaire de la jeunesse), les délégués du préfet des deux départements et l’association régionale des missions locales (janvier à février 2016).
  3. La déclinaison d’actions correspondant aux caractéristiques propres de la région Corse (mars-avril 2016). Chaque action fera l’objet d’une évaluation au moyen d’indicateurs de réalisation, d’impact et d’efficacité préalablement définis.

analyse des atouts et des faiblesses des actions menées en Corse dans le cadre des mesures du plan a abouti à plusieurs constats

La Corse est un territoire à l’échelle humaine qui permet aux acteurs, fortement impliqués, de se connaître. On constate malgré tout une communication insuffisamment développée entre eux. Il s’en suit, par exemple, que peu d’appels à projets sont lancés en concertation ou en commun.

Cependant, outre les services de l’Etat et des collectivités, on note la présence importante de structures et associations relais, vecteurs d’une dynamique de développement de l’aide aux plus démunis ; même si, dans certains domaines, le nombre d’operateurs reste faible.

La Corse est la région de France où le temps d’accès aux services de bases est le plus long. En effet, les caractéristiques géographiques de l’île engendrent des difficultés de mobilité.

De plus, on constate que les dispositifs nationaux sont souvent peu adaptés aux problématiques locales car trop complexes, trop spécialisés et pas assez souples. Ces dispositifs et leurs conditions d’accessibilité sont par ailleurs mal connus aussi bien du public que des professionnels. Par conséquent, des publics, et notamment les plus fragiles, restent exclus des dispositifs de droit commun. Ce phénomène est accentué par la dématérialisation de plus en plus fréquente des démarches administratives sans accompagnement adéquat des personnes.

Face à ces constats, des pistes de travail émergent

Mesurer l’ampleur et les raisons du phénomène de non recours aux droits pour ensuite repenser l’accessibilité des dispositifs en les adaptant aux caractéristiques de nos territoires. Renforcer les partenariats et la concertation avec les collectivités notamment en mettant en place une gouvernance régionale du plan de lutte contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale.

les chiffres clés sur la pauvreté des jeunes et des personnes âgées en Corse

La Corse, au 1er janvier 2014 compte environ 85.000 jeunes âgés de moins de 25 ans. Ils ne représentent que 26,5 % de la population, soit une part sensiblement inférieure à la moyenne national (30,4 %).

Les jeunes de moins de 30 ans sont parmi les plus touchés par la pauvreté. Avec un taux de pauvreté de 27,2 %, la Corse affiche un chiffre de 5,3 points supérieur à la moyenne de la France métropolitaine.

Les enfants de moins de 25 ans sont aussi plus nombreux qu’au niveau national à vivre seuls avec l’un de leur parent (1/4 des enfants de moins de 25 ans en Corse soit 4 points de plus qu’au niveau national). Or, les familles monoparentales, plus nombreuses en Corse (11,5 % des familles contre 8,9 % au niveau national) sont également plus pauvres que les autres types de ménages (près de 30 % sont sous le seuil de pauvreté).

La proportion des jeunes sans qualification (15,7 % en Corse contre 10,5 % au niveau national) reste un problème majeur et impacte leur insertion. La part des jeunes de 18-24 ans non-insérés est en effet de 27,1 %. C’est 5,7 points de plus que le taux observé au niveau national sur cette même tranche d’âge.

Alors que les jeunes sont proportionnellement moins nombreux, les personnes de plus de 60 ans sont sur-représentées dans la population insulaire. La part des plus de 60 ans (près de 90.000 personnes au 1er janvier 2014) est sensiblement supérieure (27,8 %) à la moyenne nationale (24 ,2 %).

Les plus de 60 ans constituent 30 % des personnes pauvres en Corse.
Les personnes âgées sont, en effet, plus souvent pauvres qu’au niveau national.

Les plus de 75 ans apparaissent deux fois plus touchés par la pauvreté que les personnes de la même tranche d’âge au niveau national (21,3 % contre 10,2 %). Ce phénomène même s’il reste prégnant pour les 60-74 ans qui affichent un taux de pauvreté également supérieur au taux national (17,6 % contre 10,1 %), marque cependant un rapprochement vers la moyenne hexagonale. L’entrée progressive à la retraite de classes d’âge ayant eu des taux d’activités plus importants et donc des droits à pension plus élevés explique en grande partie cet amorce de rattrapage.

La part des allocataires du minimum vieillesse parmi les personnes de plus de 65 ans, trois fois plus élevée en Corse qu’en France métropolitaine (soit 10,1 % contre 3,2 %), corrobore les données pauvreté.

Vous pouvez retrouvez l’intégralité des publications, panorama statistique et dossier INSEE sur le site internet de la DRJSCS de Corse