Collectivité Territoriale de Corse

L'archéologie

Jeudi 6 Octobre 2011



La Collectivité Territoriale de Corse est propriétaire des sites archéologiques d’Aleria, Cucuruzzu, Cauria et Araguina Sennola

Aleria
Aleria
En application du décret de novembre 2003 relatif au transfert des biens et des compétences de l’État à la Région, la CTC est devenue propriétaire des sites d’Aleria (Aleria), Cucuruzzu (Lévie), et Araguina Sennola (Bonifacio), 3 sites archéologiques majeurs, représentatifs de l’archéologie Corse par leur diversité. Le site de Cauria (Sartène) a quant à lui été acquis en plusieurs phases et ce dès 1993.

Dans le cadre de ses nouvelles responsabilités en matière de conservation, de gestion et de valorisation, la CTC a dû mettre en œuvre un 1er dispositif opérationnel avec pour mission de base une mise à niveau minimum des sites pour permettre une meilleure compréhension de la part des visiteurs. Les tâches de veille sanitaire et d’entretien étant quant à elles assurées dans le même temps.

Outre cette 1ère étape dans la gestion des sites, c’est dans le plein exercice de ses compétences d’aménageur que la CTC entend contribuer au développement des territoires à fort potentiel archéologique et naturel. Dans cet objectif, cette dernière a entrepris, avec d’autres partenaires territoriaux, la réalisation de projets de restauration et de mise en valeur ambitieux sur ses sites majeurs d’Aleria, Cucuruzzu et Cauria. Ces projets qui sont tous en phase d’études avancées doivent être menés à bien d’ici 2014.

Ces projets de développement intégré tendent à valoriser les sites archéologiques propriété de la CTC en liaison avec les projets des communes et des départements.
Par le truchement de leur mise en réseau avec d’autres lieux et sites patrimoniaux corses, on cherchera à leur conférer un rayonnement plus large.

La constitution d’un dispositif opérationnel, en amont des phases de réalisation des projets de valorisation, permettrait notamment de poursuivre un objectif d’excellence dans les domaines suivants :
  • gestion, conservation et valorisation du patrimoine 
  • gestion des politiques culturelles et des médiations 
  • gestion des intervenants extérieurs 
  • gestion des relations trilatérales CTC / CG / commune
  • relations CTC / population locale
  • meilleure attractivité et rayonnement des sites 
  • contribution au développement local.
Cela constituerait, pour la Direction de la culture et du patrimoine un moteur du développement de l’archéologie territoriale, 1er maillon de la valorisation des programmes archéologiques en microrégions. Fort des larges compétences dont il dispose dans ce secteur, le Pôle archéologie serait ainsi, un outil au service du développement scientifique, culturel et économique pouvant faire le lien entre l’aménagement du territoire et les politiques de valorisation patrimoniale.

plaquette_aleria_1.pdf plaquette_aleria.pdf  (860.72 Ko)
plaquette_cucuruzzu_1.pdf plaquette_cucuruzzu.pdf  (880.66 Ko)
plaquette_cauria_1.pdf plaquette_cauria.pdf  (832.85 Ko)


Propositions pour de nouvelles orientations


Renforcer les compétences - création d’un pôle d’archéologie

Cauria
Cauria
  • Volet 1 - Gestion, conservation et maintenance des sites archéologiques, classés Monuments Historiques, dont la CTC est propriétaire
En plus d’harmoniser les tâches courantes de maintenance des sites archéologiques et d’assurer une veille sanitaire, le pôle veillera aussi à faire des propositions d'acquisition de parcelles utiles dans les environs immédiats des sites dont elle est propriétaire, soit pour conforter les sites existants en matière d’accessibilité et de sécurité des biens et des personnes, soit pour augmenter de manière pertinente la réserve archéologique existante. Cela conformément aux orientations dévolues, dès l'origine, à la section archéologie de la CTC.

  • Volet 2 - Accompagnement de projets pour des tiers
Ce Pôle, par l’instauration d’une cellule spécifique, aura également en charge une mission d’ingénierie, destinée à l’accompagnement des communes et des associations qui s’engagent dans des projets comparables. Son champ de compétences doit lui permettre de guider utilement les acteurs extérieurs dans un dédale de procédures très souvent complexes. Les agents de ce Pôle, parfaitement identifiés, devront apparaître clairement comme des experts de référence pour ce qui concerne la mise en valeur de gisements archéologiques. Leur mission sera également de constituer une base de données pouvant être exploitée dans le cadre de l’aménagement des sites concernés.

  • Volet 3 - L’archéologie préventive
Le Pôle d’archéologie pourra voir ses compétences élargies à l’archéologie préventive, après obtention de l’agrément auprès de l’État (ministères de la Culture et de la Recherche). Cette composante du pôle aura pour mission de conduire l'ensemble des diagnostics et des fouilles nécessités par des opérations liées à l’aménagement du territoire afin de lever l'hypothèque archéologique dans les meilleures conditions possibles.
Au-delà, son action pourra s’étendre avec la conduite d’investigations scientifiques entrant dans le cadre de travaux de recherche programmée, dont l’ambition est d’associer des compétences pluridisciplinaires mobilisées au sein de l’université, du CNRS..., autour de projets communs et visant à acquérir une connaissance archéologique approfondie des territoires.

Axe 2 : Rendre accessible le patrimoine archéologique - valorisation médiation

Cucuruzzu
Cucuruzzu
La mission de ce pôle devrait également consister à poursuivre et accentuer les efforts entrepris dans le domaine de la valorisation de ces ensembles archéologiques, notamment par une amélioration sensible des conditions d'accueil des visiteurs : stationnement, sanitaire, billetterie, présentation des contenus des Centres d’Interprétation en préparation.

Ces missions doivent continuer de s’élaborer en liaison avec les collectivités territoriales concernées (communes, communautés de communes, partenaires institutionnels, PNRC etc.). Il s’agira également de poursuivre et de renforcer la collaboration étroite avec les musées de France existants à proximité, dans l’intention de favoriser une meilleure complémentarité, et d’inciter les publics à fréquenter davantage les établissements muséaux.

Axe 3 : Développement de la recherche en archéologie

L'archéologie
Afin d’élargir les champs de l’aide à la recherche archéologique programmée, effective depuis plusieurs années, visant notamment à compléter le contenu des parcours de valorisation et des structures d’interprétation, seront mis en place des conseils scientifiques intégrant l’université et des collaborations régionales et extrarégionales.

Dans le cadre de cette démarche, il pourra être proposé un protocole d’appel à projets cherchant à pallier le manque de données relatives à différents aspects de l’archéologie insulaire, dont certains sont déjà clairement identifiés. Cela pourra concerner notamment, le domaine de l’archéologie sous-marine, au travers d’une étroite collaboration avec les services de l’Etat et des différents musées, avec l’élaboration d’un accord-cadre engageant les différentes parties, ayant pour objectif de réduire le retard que compte la Corse dans ce domaine.

En effet, en dehors de l’aspect médiatique qui a pu défrayer la chronique autour du Trésor de Lava, l’extraordinaire richesse des fonds méditerranéens de Corse consacrée par deux millénaires et demi de naufrages reste méconnue. Depuis que la plongée sous-marine est accessible à tous, de nombreuses découvertes ont été faites, mais des pillages ont été quasi systématiques. Néanmoins, l’archéologie sous-marine a pu progressivement se structurer. Plusieurs fouilles ont été menées dans le golfe d’Ajaccio, qui ont permis des découvertes exceptionnelles (notamment l’épave aux verres des Sanguinaires et celle des statues de marbres de Porticcio), mais aussi sur tout le littoral de Corse, les épaves de dolia sur la Giraglia , le navire de charge antique de Lecci , les épaves des Lavezzi , et aussi les épaves d’Epoque Moderne de la baie de Saint-Florent.

Aussi, le constat étonnant qui s’impose aujourd’hui est que la Corse possède un peu plus de 1. 000 kilomètres de développement littoral, soit davantage que la longueur de la façade méditerranéenne de la France continentale et pour autant, ne possède aucune structure muséale présentant à la fois des données archéologiques, ethnographiques ou environnementales en rapport avec le milieu marin...

L’exposition 2011 du musée de la Corse « Mare Nostrum, les Corses et la mer  » ouvre fort à propos quelques voies d’études parmi les plus importantes, en abordant des thématiques aussi diverses que variées tel que les métiers de la mer, les confréries de ports ou l’analyse les échanges et les activités maritimes. Mais le discours de l’exposition met aussi en exergue la dichotomie que peut être l’image de la mer quand elle est porteuse de dangers (épidémies, famines, razzias barbaresques...)

Ainsi, cette exposition, au-delà de mettre en avant des interrogations sur la société insulaire, montre que la Corse se doit de disposer d’un lieu d’exposition approprié pour de telles manifestations et assurer une synthèse permanente des recherches et des découvertes relatives au monde sous-marin.

Aussi, pour aller au-delà de cette simple esquisse, l’étude détaillée d’un avant-projet pourra faire l’objet d’une mission spécifique menée par le secteur de l’archéologie de la Direction de la Culture et du Patrimoine. Dans sa phase initiale, il s’agirait d’engager une réflexion sur la faisabilité de l’opération et, notamment, l’accession potentielle de la future structure au rang des Musées de France.