Collectivité Territoriale de Corse

La CTC partenaire des premières Rencontres du film documentaire

Vendredi 21 Septembre 2007



La CTC partenaire des premières Rencontres du film documentaire
Un cinéma qui nous regarde

Corsica.Doc, le premier festival corse de films documentaires


En ouvrant un nouveau territoire au cinéma « du réel », Ajaccio accueille un cinéma dynamique qui aborde les grands problèmes de notre société comme les destins singuliers.
Un cinéma qui interroge le monde contemporain à travers le regard personnel de cinéastes, avec leurs écritures originales.

Ni reportage ni fiction, le documentaire de création, depuis une quinzaine d'années, renoue avec ses origines qui remontent à celles du cinéma même. Depuis ce Nanouk l'esquimau de Robert Flaherty qui fut, en 1920, un succès mondial. Jusqu'à des succès aussi divers que celui d'Etre et avoir (de Nicolas Philibert) en 2002 ou du Cauchemar de Darwin (d'Hubert Sauper) en 2006. C'est là un cinéma documentaire qui continue de balayer inlassablement les clichés pour tenter de restituer la complexité de nos sociétés. Un cinéma qui nous regarde.
Ce sont ces films engagés, créateurs, que nous privilégions dans nos programmations. Des films qui s'affranchissent aujourd'hui du petit écran pour sortir dans les salles de cinéma, dans des musées, circuler en DVD et sur Internet, ou même choisir de vivre leur vie, de festival en festival.

Avec plus d'une trentaine de ces films souvent inédits et venus des cinq continents, ce premier Corsica.Doc ouvre autant de fenêtres sur des réalités qui font écho aux préoccupations insulaires. Avec une vingtaine de réalisateurs et producteurs invités, Corsica.Doc élargit le cercle de réflexion sur la création documentaire actuelle.
Lieu de découvertes, lieu de rencontres, Corsica.Doc se veut aussi un lieu d'initiation à l'image documentaire, un lieu stimulant pour la création insulaire.

Annick Peigné-Giuly
Directrice artistique de Corsica.Doc


Nos héroïnes sont ces femmes

Pourquoi les femmes ? Pour cette première édition, ce « thème » s'est imposé à nous. Les femmes comme sujet de société ? Comme objet de fixation des récents bouleversements des moeurs ? Oui, et non. Les films, qui eux aussi, sont venus se placer d'eux-mêmes dans cette programmation, suggèrent bien plus. Et avant tout, ils affirment une ineffable distinction du documentaire. C'est peut-être par les femmes justement que l'on pourra approcher la troublante différence du documentaire. Ces femmes qui, en fiction, sont les figures de l'imaginaire du cinéaste… Qu'en est-il dans le documentaire ?

On y retrouve parfois ce rapport trouble du créateur à sa créature où la femme incarne bien au-delà d'elle-même : Dans la chambre de Vanda, de Pedro Costa, A nos Amours de Maurice Pialat ou La Jetée de Chris Marker. Là où le documentaire (chacun ici réalisé par un homme) frôle la fiction, et réciproquement. Mais on y retrouve aussi un rapport singulier de la cinéaste (ce sont ici des femmes) à sa propre enfance : Histoire d'un secret de Mariana Otero, Elle s'appelle Sabine de Sandrine Bonnaire. Un rapport intime de la cinéaste à l'Histoire de son pays : Calle Santa Fé de Carmen Castillo, Je suis celle qui vient porter les fleurs sur sa tombe de Hala Alabdalla et Ammar Albeik. Peut-on encore, là, parler de « créature » cinématographique ? Ces figures féminines débordent largement leur statut de « personnages cinématographiques ». Et c'est sans doute ce que donnent à penser les films-portraits de Carmen Castillo, Maria Felix, l'insaisissable, d'Anne-Marie Faux, Hic Rosa, partition botanique ou de André S. Labarthe, Rome brûle, portrait de Shirley Clarke.

Dans cet océan d'images vives, nous avons distingué quatre figures de proue. Quatre femmes qui, chacune à sa manière, oeuvrent pour une sublimation sans caricature des images féminines. Une romancière, Marie Susini, qui a fait de la Corse le territoire et le personnage de son imaginaire. L'actrice-cinéaste Sandrine Bonnaire, qui a filmé sa petite soeur Sabine, éternelle enfant crucifiée par l'institution psychiatrique. La cinéaste Carmen Castillo, qui retourne sur les lieux de sa jeunesse idéaliste, et amoureuse. Enfin, la cinéaste Agnès Varda, qui poursuit son bel ouvrage de grande dame du cinéma français.
Nos Héroïnes sont ces femmes, devant et derrière la caméra. Pour incarner, pour filmer des batailles intimes et universelles à la fois. A travers leurs films ou leurs ouvrages, elles donnent chair aux conflits qui traversent la société, à ses batailles, à ses désillusions, à ses rêves aussi. Nos Héroïnes sont ces femmes qui font le cinéma.

Quatre figures de proue

Marie Susini
* Le texte de la romancière corse, La renfermée - une sorte de manifeste pour nous-, sera le décor choisi de ces Rencontres. Il figurera, en exposition d'affiches dans le hall du palais, avec les photographies de Chris Marker qui illustraient le livre dans l'édition de 1981.
* L'exposition de textes de Marie Susini et des photographies de Chris Marker durera tout au long de la manifestation dans le hall du Palais des Congrès
* Projection du film de Chris Marker, La jetée le dimanche 23 à 11h00.

Sandrine Bonnaire (en sa présence)
* L'actrice-cinéaste Sandrine Bonnaire ouvrira les Rencontres d'Ajaccio avec son premier film, le documentaire Elle s'appelle Sabine - présenté au dernier festival de Cannes. Puisqu'il n'y a pas de documentaire sans fiction et réciproquement, pour clôre les Rencontres, on retrouvera Sandrine Bonnaire en héroïne, le dimanche 23 septembre à 21h45, dans le film, A nos amours, réalisé par Maurice Pialat - cinéaste auquel Anne-Marie Faux consacre un documentaire, Maurice Pialat, L'Amour Existe, projeté le même soir à 18h30.
* Une rencontre avec Sandrine Bonnaire aura lieu le samedi 22 septembre au Palais des Congrès.

Carmen Castillo
* Coup de projecteur sur Carmen Castillo, protagoniste et réalisatrice de Calle Santa Fé, sélectionné à Cannes cette année. Seront également projetés en sa présence deux de ses premiers films, La Flaca Alejandra (1994) et Maria Felix, l'insaisissable (2000).
* En présence de la chef monteuse de Calle Santa Fé, Eva Feigelès.

Agnès Varda
* Retour sur deux films phare de la cinéaste, Les glaneurs et la glaneuse (2000) et Documenteur (1980). Ainsi qu'un court métrage pour la télévision réalisé en 1975, Réponse de femmes.

Cinq avant-première

Cinq des films sélectionnés ne sont pas encore sortis en salles, ils seront donc présentés à Ajaccio en avant-première.

- le film de Sandrine Bonnaire, Elle s'appelle Sabine, qui sortira en salles en janvier 2008. Sélectionné à Cannes en 2007

- le film d'Anne-Marie Faux, tourné en Corse, Hic Rosa, partition botanique. Sélectionné au FID Marseille

- le film de Anne-Sophie Birot, La route avec Elles, sélectionné au FID Marseille

- le film de Hala Alabdalla et Ammar Albeik, Je suis celle qui vient porter des fleurs sur sa tombe. Primé au festival de Venise en 2006 et sélectionné au FID Marseille

- le film de Carmen Castillo, Calle Santa Fé, qui sortira en salles le 29 novembre prochain. Sélectionné à Cannes en 2007 et au FID Marseille en juillet 2007

Les femmes du monde à l'écran

Une dizaine de pays de tous les continents seront représentés par les films sélectionnés dans la programmation « Nos Héroïnes ».

La Chine Celles qui ont de petits pieds de Baï Budan
L'Egypte Ces filles-là de Tahani Rached
Les Pays-Bas Beppie de Johan Van der Keuken
La Turquie Life on their shoulders de Yesim Ustaoglu
Le Mexique Maria Felix, l'insaisissable de Carmen Castillo
Le Chili Calle Santa Fé, La Flaca Alejandra de Carmen Castillo
La Syrie Je suis celle qui vient porter des fleurs sur sa tombe de Hala Alabdalla et
Ammar Albeik
Le Portugal Dans la chambre de Vanda de Pedro Costa
Les Etats-Unis Rome brûle, portrait de Shirley Clarke d'André S. Labarthe et Noël Burch
La France Histoire d'un secret de Mariana Otero, L'assassinat d'une modiste de
Catherine Bernstein, Réjane dans la tour de Dominique Cabrera, La
motivation d'Emmanuel Gras, La jetée de Chris Marker, La route avec elles
d'Anne-Sophie Birot, Les glaneurs et la glaneuse, Documenteur et Réponse
de femmes d'Agnès Varda, Hic Rosa, partition botanique d'Anne-Marie Faux
et Jean-Pierre Devilliers, les Portraits de femmes au travail d'Alain
Cavalier, Elle s'appelle Sabine de Sandrine Bonnaire, A nos amours de
Maurice Pialat

Des films accompagnés par l'auteur

A l'issue de chaque séance se tiendront, dans le hall du Palais, des rencontres avec les cinéastes et/ou producteurs présents désireux d'accompagner leur film.

Elle s'appelle Sabine, par Sandrine Bonnaire.
L'assassinat d'une modiste, par Catherine Bernstein.
Réjane dans la tour, par Dominique Cabrera.
Rome brûle, portrait de Shirley Clarke, par André S. Labarthe.
Hic Rosa, partition botanique, par Anne-Marie Faux et la productrice Sylvie Pialat.
La route avec elles, par Anne-Sophie Birot.
Je suis celle qui vient porter les fleurs sur sa tombe, par Hala Alabdalla.

Des films qui résonnent dans l'île

Certains des films présentés seront introduits par un(e) personnalité insulaire « touché(e) » par le style ou le propos du cinéaste. Un débat sera conduit, avec cette personnalité, dans la foulée de la projection du film. Quelques exemples.

Dans la chambre de Vanda, par un écrivain (Marcu Biancarelli)
La jetée, par un cinéaste (Thierry de Peretti)
Maria Felix par une actrice (Lavinie Boffy)
Celles qui ont des petits pieds par une journaliste (Annick Peigné-Giuly)
La Flaca Alejandra, par une ex-militante des comités Chili (Isabelle Gaggini)
Life on their Shoulders, par un producteur (Paul Rognoni)
La route avec elles, par une des protagonistes du film (Noëlle Vincensini)
La motivation, par une réalisatrice (Véronique Legal)

Carte blanche au cinéma du réel

Le cinéma du Réel est l'un des festivals de documentaires les plus importants. Il se tient annuellement à Paris, en mars, depuis bientôt trente ans.

Marie-Pierre Duhamel-Müller, directrice artistique du Cinéma du Réel, a sélectionné spécialement pour Corsica.Doc, huit films réalisés en Asie, en Amérique Latine, en Europe, en Inde et aux Etats-Unis. Marie-Pierre Duhamel-Müller présentera cette programmation.

Deux tables rondes

Formats télé/Formats ciné ?
Débat organisé introduit et animé par Karim Ghiyati, directeur artistique de la cinémathèque de Corse, entre les professionnels corses et leurs invités (samedi 22 de 19h00 à 21h).

Né avec le cinéma, le documentaire a pourtant longtemps grandi avec la télévision. Aujourd'hui, pris entre télé et ciné, le documentaire de création cherche sa voie, économique tout comme artistique.

Intervenants : Paul Rognoni (Mareterraniu), Michèle Casalta (Mouvement), Sophie Goupil (les Poissons volants, présidente du Cinéma du Réel), Simon Petiot de l'association Doc.Net (distribution DVD) , l'un des responsables d'Ad Vitam distribution et un responsable de France 3 (sous réserve).

Le documentaire, réalité et fiction
Conférence-débat introduite et animée par Carole Desbarats, directrice des études à la Femis (dimanche 23 de 18h à 20h).

Dès les origines du cinéma documentaire, le malentendu surgit. Le documentaire est-il censé s'en tenir au « réel » ? « Il faut parfois mentir pour atteindre la vérité », rétorque Robert Flaherty, tenu pour beaucoup de cinéastes comme le « père du cinéma documentaire ». Jusqu'où mentir ? Quel contrat moral le cinéaste passe-t-il avec le réel, avec les protagonistes de son film ?

Intervenants: Dominique Cabrera (cinéaste), Anne-Sophie Birot (cinéaste), Bernard Bastide (enseignant de cinéma).

Deux ateliers

Le vendredi, en amont des Rencontres, se tiendront deux ateliers d'initiation au documentaire. L'un destiné aux collégiens et lycéens d'Ajaccio, l'autre aux amateurs, professionnels et cinéphiles..

Atelier scolaire
vendredi 21 septembre :

de 9h30 à 12h et de 14h à 16h30 dans le grand Auditorium du Palais des Congrès
Programmation de deux films accompagnés par une intervenante (Michèle Soulignac, directrice de Périphérie, association dédiée à la formation et à la programmation de documentaires dans la banlieue parisienne).

- La repasseuse/La matelassière/La romancière/La cordonnière (Alain Cavalier, 13' x 4, France,1986 à 1991).
Quatre portraits sensibles de femmes au travail.
- Ces filles-là (Tahani Rached, Egypte, 90', 2006)
Une dizaine de jeunes filles se sont enfuies de la maison familiale et installent un hallucinant territoire féminin dans un quartier pauvre du Caire.

Atelier d'initiation
Vendredi 21 septembre : salle Danièle Casanova du Palais des Congrès
L'atelier, animé par Laurence Conan (de l'Association Documentaire sur Grand Ecran), est le premier module d'une session d'initiation à l'histoire et à l'analyse du documentaire. Destiné à un large public de professionnels, amateurs et cinéphiles corses.

* 9h à 12h30 : Le cinéma est né documentaire
Les problématiques liées à l'apparition du cinéma sonore : parole, montage parole, montage son, corps parlant… Les pionniers : Lumière, Flaherty, Vertov. Extraits de films.
Intervenante : Marie-Pierre Duhamel-Müller, directrice artistique du Festival Cinéma du Réel, enseignante dans plusieurs universités européennes.

* 14h30 à 17h30 : A l'épreuve du réel

Cinéma et documentaire dans l'oeuvre d'Agnès Varda. Projections d'extraits de films documentaires et de films de fiction d'Agnès Varda.
Intervenant : Bernard Bastide, docteur en études cinématographiques de Paris3-Sorbonne Nouvelle, enseignant en histoire du cinéma à l'Université de Marne-la-Vallée.

Soirées cabaret

Les soirées se prolongeront par un cabaret improvisé dans le hall, transformé en un convivial Point Rencontres, avec des artistes de la scène musicale corse.

L'équipe de CORSICA.DOC

Annick Peigne-Giuly , directrice artistique
Julie Savelli, déléguée générale

Michèle Casalta
Elise Caruelle
Véronique Legal
Jeanne Gaggini
Isabelle Gaggini
Paulina Gaggini
Jeanne Guerra
Betty Polverelli
André Rigaut
Paul Rognoni
Maria-Francesca Valentini

Communication et création graphique : Jean-Pierre et Françoise Savelli