Collectivité Territoriale de Corse

La Compagnie Théâtre Alibi présente De la race en Amérique, le discours de Philadelphie de Barack Obama, du 4 au 10 novembre 2011

Mercredi 12 Octobre 2011



Le contexte

Extrait de la préface par François Clémenceau

Dans les années 80, Barack Obama, qui est en quête d’une identité sociale et religieuse plus précise (...) rencontre la Trinity Church en pleine ascension. (...) C’est le révérend Wright qui l’anime. (...) Au fil des conversations, une amitié se noue.
Barack Obama dira plus tard qu’il considère le Révérend comme « quelqu’un de sa famille » un oncle ou un parrain avec qui il se sent en confiance, un conseiller spirituel.

(...) Le 13 mars 2008, le journal du soir d’ABC news consacre un long reportage à la Trinity Church of Christ de Chicago. L’équipe d’investigation de la chaîne, qui a acheté les enregistrements vidéo du révérend Wright, en diffuse des extraits, des plus sulfureux : (...) le révérend Wright a écrit que les attentats du 11 septembre étaient un « signal d’alarme » pour l’Amérique, « afin qu’elle se rende compte que les Noirs et les Arabes existent toujours ». (...) le révérend Wright a hurlé : « Que Dieu bénisse L’Amérique ? Non, non, non. Pas « Dieu bénisse l’Amérique » : « Dieu maudisse l’Amérique ! » » (...)

Ce soir-là, le scandale est en prime time, offert à des millions de téléspectateurs des journaux télévisés. (...) Pour Obama, il va falloir autre chose que des démentis pour effacer les doutes qui émergent sur sa personnalité autant que sur sa sincérité. Aurait-il dissimulé ses intentions en jouant de sa mère blanche alors que le pasteur, de qui il se dit si proche, semble haïr les blancs ? (...) L’affaire est devenue un point de fixation dans les médias. L’opinion est troublée. Il faut agir. Et vite. En moins d’une semaine Obama (...) se met au travail. Un lieu est choisi : Philadephie. Une date : le 18 mars. (...) A dix heures et demi devant une rangée de huit drapeaux américains, le sénateur de l’Illinois vérifie que le texte, sur lequel il a travaillé jusqu’à deux heures du matin, a bien été calé sur les deux prompteurs disposés à droite et à gauche de son pupitre. Il commence. (...) En quarante minutes, Barack Obama sera interrompu dix-sept fois par des applaudissements. Le lendemain, la presse du monde entier saluait un discours à l’égal du « I have a dream » de Martin Luther King.

Note d’intention

Voici un texte exceptionnel. Au départ il s’agit bien d’un discours, d’un discours politique.
A ce titre il a un objectif rhétorique : persuader et convaincre. C’est ce qu’il fait et de belle manière. La forme est charpentée. La structure évidente. La langue est simple. L’intelligence transpire sans jamais éclabousser. C’est un modèle du genre : efficace et brillant. Pourtant à le lire de plus près, à le travailler comme une matière littéraire, on se rend compte que ce texte est traversé par autre chose : le poétique.
En effet, pour développer son argumentation, l’auteur convoque l’Histoire, la grande et tragique histoire de son pays ; il convoque la mythologie des Ecritures donnant à son propos une profondeur inattendue ; il cite Faulkner, le grand William Faulkner, tutelle et totem à la fois ; il ouvre et il conclut son discours par la fable, l’universalité de la fable qui parle à notre mémoire, à nos sens, à nos émotions plus qu’à notre raison. Par delà les perspectives post-raciales que dessine ce discours et que je partage, c’est aussi la force du poétique qui me touche et que je veux faire ressentir au plus grand nombre.
Voilà pourquoi cette prestation relève plus de la « performance » que de la représentation théâtrale. Nul artifice, nul effet, pas de dramaturgie, mais plutôt une « mise en conte », une restitution intégrale de la parole, sociale, économique, humaniste, en résumé, politique d’un homme qui depuis ce discours est devenu le 44ème Président des Etats-Unis d’Amérique

José PLIYA (metteur en scène)

Le Projet

La performance est radicale : un comédien, un pupitre.
Le son est celui de la musicalité du discours ; la lumière est créée par la force du verbe et soutenue par un dispositif discret et modulable en fonction du lieu de diffusion.
L’objectif est la circulation maximale dans tous les lieux et espaces où jeunes, femmes et hommes, citoyens du monde se retrouvent : dans les associations, les ambassades, les médiathèques, les bibliothèques, les salles de classe des lycées, les universités, et bien sûr les théâtres...

Pour les lycéens un solide dossier pédagogique précède la diffusion (une représentation scolaire est prévue le mardi 8 novembre en matinée.). Au terme de la prestation le débat est souhaité. 

Extrait du discours...

Cette fois nous voulons parler des files d'attentes aux Urgences de l'hôpital, pleines de blancs, de noirs, d'hispaniques qui n'ont pas d'assurance santé, qui ne peuvent triompher seuls face aux lobbies de Washington, mais qui pourront le faire si nous le faisons ensemble.
Cette fois nous voulons parler des usines fermées qui auparavant permettaient à des hommes et des femmes de toutes race de vivre décemment ; des maisons à vendre qui un jour ont appartenu à des américains de toutes religions, de toute région de tous style de vie.
Cette fois nous voulons parler du fait que le vrai problème n'est pas que quelqu'un qui ne vous ressemble pas puisse prendre votre emploi, c'est que la société pour laquelle vous travaillez puisse délocaliser au nom du profit.
Cette fois nous voulons parler des hommes et des femmes de toutes couleurs et de toutes croyances qui servent ensemble, combattent ensemble, et versent leur sang sous le même fier drapeau.
Nous voulons parler de la manière de les ramener à la maison, loin d'une guerre qui n'aurait jamais dû être autorisée ni déclenché/ et nous voulons parler de la manière dont nous allons faire preuve de patriotisme en prenant soin d'eux et de leurs familles et en leur attribuant les pensions qu'ils méritent.

Je ne serais pas candidat à la présidence si je ne croyais pas du fond du cœur que c'est tout cela que veut la grande majorité des Américains pour le pays. Cette union n'atteindra peut-être jamais la Perfection, mais chaque génération a montré qu'elle pouvait se parfaire. Et aujourd'hui, quand je suis rattrapé par le doute ou le cynisme, la génération à venir me redonne l’espoir – ces jeunes dont les attitudes , les croyances, l’ouverture au changement sont déjà, avec cette élection, entrées dans l’Histoire.

Du 4 au 10 novembre 2011

Les 4 et 5 novembre 2011 à 21h00
Aghja - Ajaccio

Le 6 novembre 2011 à 18h00
La Poudrière - Calvi

Les 8 et 9 novembre 2011 à 21h00
Fabrique de Théâtre - Bastia

Le 10 novembre 2011 à 21h00
Salle Cardiccia - Miglliacciaru