Collectivité Territoriale de Corse



La Recherche, transfert des savoirs et valorisation

Mercredi 12 Octobre 2011


La Recherche, transfert des savoirs et valorisation
La recherche a souvent été perçue comme étant éloignée des urgences auxquelles notre société doit répondre. Or les urgences du moment ne doivent pas hypothéquer les exigences de la longue durée, et ce serait une erreur d’opposer ces deux réalités. De même que ce serait une erreur d’opposer « recherche fondamentale » et « recherche appliquée ».

Pasteur affirmait à ce sujet qu’ « il n’y a pas d’un coté la recherche fondamentale et de l’autre la recherche appliquée, il y a la recherche et les applications de celle-ci, unies l’une à l’autre comme le fruit de l’arbre est uni à la branche qui l’a porté ».

Faire de la recherche, c’est utiliser une démarche scientifique pour étudier et comprendre, c’est explorer par le raisonnement et l’expérience des domaines encore inconnus, et l’aboutissement de l’activité de recherche est un enrichissement de la connaissance. L’homme comprend alors mieux le monde qui l’entoure, et de cet accroissement de la connaissance collective découle le développement de nouveaux concepts et l’innovation.

Le débat opposant « recherche fondamentale » et « innovation technologique » doit être aujourd’hui dépassé.

Il serait plus approprié d’utiliser les termes de « recherche et développement » ou encore les termes de « recherche d’exploration et recherche d’exploitation ».

Idéalement, la recherche doit s’inscrire dans un continuum « recherche - valorisation - transfert de savoir ».

La Recherche, transfert des savoirs et valorisation
Elle ne peut donc pas être déconnectée de l’innovation, car si l’innovation découle naturellement d’une recherche communément intitulée « recherche appliquée », cette dernière découle elle-même d’une recherche dite « fondamentale ».

L’innovation étant alors la mise en pratique de cette recherche d’exploitation, qui peut devenir alors un élément technologique éventuellement transférable.

La Recherche, doit être définie et comprise de tous, dans son sens le plus noble et le plus large du terme.

La Corse ne bénéficiant pas de recherche privée, la CTC et les pouvoirs publics (Etat, UE) ont misé fortement sur la Recherche et l’Innovation comme levier de développement.

A titre d’information, le contrat de projets e tle programme opérationnel FEDER 2007-2013 positionnent dans l’axe 1 plus de 70 millions d’€ au bénéfice de ce secteur clé.

Ainsi la Recherche en Corse, toute proportion gardée et au vu de la taille de son territoire, doit être en mesure plus qu’ailleurs d’assurer la liaison « Enseignement Supérieur - Recherche - Diffusion - Innovation » avec une impulsion forte donnée au plus haut niveau.

L’Université de Corse

La Recherche, transfert des savoirs et valorisation
L’Université de Corse regroupe l’essentiel dela recherche insulaire, qui est menée par une articulation des équipes universitaires avec celles du CNRS (Centre national de la recherche scientifique) et structuré autour de deux Unités mixtes de recherche (UMR), « UMR LISA (Lieux, Identités, Espaces, Activités) » et « UMRSPE (Systèmes Physiques pour l’Environnement) ». Des interactions existent aussi entre les thématiques développées par l’Université de Corse et les autres centres de recherche présents sur le territoire insulaire.

La structuration de la recherche à l’Université de Corse s’articule autour des 7 projets de recherche pluridisciplinaires :

« Feux de Forêts »,
« Gestion et valorisation des eaux en Méditerranée »,
« Dynamiques des territoires et développement durable »,
« Identités et cultures : les processus de patrimonialisation »,
« Energies renouvelables »,
« Ressources naturelles »,
« Technologies de l’information et de la communication ».

Ces projets constituent l’identité scientifique de l’Université de Corse.

L’objectif principal pour la période 2011-2013 est de poursuivre la montée en puissance des projets à travers un accroissement significatif de la production scientifique et de conforter la structuration des unités de recherche :

  • Les Unités Mixtes de Recherche (UMR) :
« Système pour l’Environnement » (UMR SPE 6134), et
« Lieux, Identités, Espaces, Activités » (UMR LISA 6240).

  • La Fédération de Recherche « Environnement et Société » (FRES 3041), et
  • L’Unité Mixte de Services « Institut d’Etudes Scientifique de Cargèse » (UMS 820).

L’INRA de Corse

L’INRA de Corse (l’Institut National de Recherche Agronomique) travaille quant à lui sur les deux thématiques suivantes :

  • Les agrumes (la gestion des ressources génétiques, l’innovation variétale et la qualité des fruits) à San Giuliano,
  • Les filières d’élevage et les systèmes agropastoraux (la qualification des produits, les processus de médiation et d’organisation et le développement territorial) à Corte.

L’INSERM

L’INSERM (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale) met en œuvre le projet « Bioscope Corse Méditerranée Réseau Sentinelle » qui vise au recueil permanent et continu d’un grand nombre de données sur la vie, animale et humaine, saine et pathologique, et leurs interactions.

L’IFREMER

L’IFREMER (Institut Français de Recherche pour l’Exploitation de la MER) est spécialisé sur les systèmes de surveillance, usage et mise en valeur des zones côtières, notamment en collaboration avec l’Office de l’environnement de la Corse.

La STARESO contribue notamment à deux programmes européens, NOMATEC (nouvelles technologies marines) et WINGS (mesures des houles et courants). 
La STARESO participe également au Groupement de Recherche (GDR) avec l’Université de Corse et l’IFREMER (mise au point de bio indicateurs de qualité du milieu marin littoral). 
Elle participe à des actions de recherche en collaboration avec l’Office de l’environnement de la Corse. Le BRGM (Bureau de Recherche Géologique et Minière) est aussi présent en Corse. D’autres centres de recherche, qui ne sont pas actuellement représentés sur le territoire insulaire sont tout aussi importants, tels que l’IRD (Institut de Recherche pour le Développement) le CEMAGREF (Institut de recherche en sciences et technologies pour l’environnement), l’INRIA (Institut national de Recherche en Informatique et en Automatique).

La structuration de la recherche s’est trouvée renforcée par l’obtention du label pôle de compétitivité sur les ENR en collaboration avec la région PACA (pôle Cap Energie). Les thématiques de développement de ce pôle concernent essentiellement :

  • Cargèse pour la diffusion de la Recherche (Université de Corse),
  • Vignola pour le solaire (Université de Corse),
  • Corte pour la Biomasse (Université de Corse),
  • Bastia pour l’Eolien (Université de Corse / ENSAM)
Le dispositif de « recherche » compte :
  • 150 doctorants.
  • Des procédures de transfert de technologie et d’innovation :
  • La cellule universitaire de valorisation,
  • L’incubateur régional (IT2C),
  • Les mesures de soutien aux doctorants et post-doctorants,
  • Un pôle de Compétitivité sur les ENR rattaché à la Région PACA
Des projets de « Recherche et de R&D » d’envergures en cours de réalisation :

  • « MYRTE » et « PAGLIA ORBA » à Ajaccio portés par l’Université de Corse, plate forme de recherche dédiée à l’expérimentation du stockage à grande échelle de l’énergie solaire photovoltaïque par pile à combustible à hydrogène.
  • « CORSIC’AGROPOLE » à San Giuliano porté par l’INRA de Corse, projet de pôle d’excellence agronomique régional au service d’une agriculture insulaire, centré sur les filières locales de production.
  • « STELLA MARE » à Biguglia porté par l’Université de Corse, projet de plateforme halieutique à la fois généraliste en océanographie mais aussi en biologie marine.

Le transfert des savoirs et la valorisation s’articule entre autre autour de la plate-forme technologique intégrée au Lycée Laetitia Bonaparte à Ajaccio. Cette plate-forme technologique (PFT) doit permettre de mieux répondre aux besoins des entreprises de Corse en matière de conception et de prototypage des matériaux composites notamment, et offre également les formations associées aux prestations. Elle permet de favoriser la connaissance de l’entreprise et l’insertion professionnelle des élèves et étudiants en leur donnant une opportunité de rapprochement avec le tissu économique régional.

Par ailleurs des projets collaboratifs tels que le projet « INSEME » mené par le CEA/INES en collaboration avec l’Université de Corse, vise à permettre l’apport de traductions concrètes en termes de transfert de savoir-faire à destination du tissu entrepreneurial notamment insulaire. L’antenne s’appropriera les problématiques énergétiques développées notamment au sein des projets MYRTE et PAGLIA ORBA afin de finaliser les développements nécessaires pour une utilisation ultérieure optimale.

D’autres structures intermédiaires participent activement à la valorisation et au transfert telles que la cellule de valorisation de l’Université de Corse, le CIVAM de la Région Corse, ou encore l’AREFLEC,

La Collectivité Territoriale de Corse est soucieuse :

  • D’intégrer la recherche au réseau des acteurs du développement,
  • De rationnaliser et optimiser le financement de la recherche :
  • De contractualiser avec les organismes de recherche,
  • De développer une logique d’appels à projets de « recherche » ouverts,
  • De renforcer la capacité de financement des jeunes chercheurs,
  • De soutenir les coopérations scientifiques et faciliter l’accueil de nouvelles équipes,
  • De développer un dispositif d’évaluation,
  • De cultiver le continuum « Recherche – Valorisation - Transfert de savoir » pour une politique réellement innovante,
  • De générer et Gérer plus efficacement les projets de R&D,
  • De développer et mettre en réseau les outils et les lieux d’interface.