Collectivité Territoriale de Corse

La feuille de route de l’action économique en Corse

Vendredi 29 Octobre 2010



La feuille de route de l’action économique en Corse
A l'occasion de la dernière séance de l'Assemblée du Corse du 28 octobre 2010, Jean Zucarelli, Conseiller exécutif, Président de l'Agence du développement économique de la Corse à présenté la feuille de route de l'action économique de la Collectivité Territoriale de Corse pour la période 2010-2014.

Une politique de modernisation des dispositifs de financement de l’économie

Jean Zucarelli, Président de l'ADEC
Jean Zucarelli, Président de l'ADEC
La Collectivité Territoriale de Corse s'est engagée dans une politique de modernisation des dispositifs de financement de l’économie, mouvement qui a atteint son point d’orgue par une transformation importante des modes de financement du développement économique. Elle a ainsi abandonné la subvention d’aide directe aux entreprises au profit d’une gamme cohérente d’outils financiers adaptés aux attentes des entreprises et des porteurs de projets.
 
Ce mouvement s’est inscrit dans la croissance économique mondiale et nationale qui a donné lieu à la production de statistiques positives tant en termes de création d’entreprises que de création d’emploi.

C’est en partant de ce contexte favorable que les documents structurants qui accompagnent la stratégie de développement de la CTC ont été élaborés et l’on pense, en premier lieu, au Programme Opérationnel Feder, au Contrat de Projets Etat-Région aussi qu’au Schéma Directeur de Développement Economique.

Aujourd’hui, le contexte de crise financière, économique, sociale et climatique doit conduire les acteurs économiques à relever les nouveaux défis économiques et environnementaux pour parvenir à une situation de compétitivité renforcée et de croissance, tout en recherchant une utilisation efficace et modérée des ressources ainsi que le recours à des énergies renouvelables.

Il faut souligner que le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi s’établit à 11 686 personnes en Corse fin juillet 2010. Sur un an,  la hausse s’établit à 13 % en Corse contre + 5,4 % en France continentale aggravant les difficultés d’insertion de certains publics (les jeunes, les femmes et les plus de 50 ans).

L’aggravation du chômage a été d’ailleurs déjà ressentie par la population notamment en termes de précarité croissante due également à certains mécanismes mis en œuvre par le gouvernement comme l’auto-entrepreneuriat qui destructure l’emploi salarié.

La Corse doit maintenant inventer son propre modèle de développement, de croissance durable qui dépasse le simple cadre des emplois dans les filières environnementales, et qui serait une nouvelle façon de concevoir le développement économique, respectueuse des hommes et des milieux naturels.

Certes, le Schéma Directeur du Développement Economique de la Corse, présenté et débattu à l’Assemblée de Corse en 2008, a intégré le principe d’une éco-conditionnalité des aides, mais il faut aller plus loin et encourager une véritable conversion écologique de l'économie qui apportera des avantages concurrentiels considérables d’autant plus que la Corse dispose, dans ces domaines, d’atouts indéniables qu’aucune autre région ne possède.

En effet, la réponse aux besoins environnementaux renforcera les filières économiques : les éco-industries intégrant l'éco-habitat et le secteur du BTP, les transports, l'agroalimentaire et la filière numérique, et apportera aussi un bien être social. Dans ce contexte il convient que la politique économique régionale prenne mieux en compte les enjeux :
 
  • De la formation professionnelle qui répond encore trop souvent à une logique marchande et qui n’est pas suffisamment conçue comme un moyen d’émancipation et d’anticipation, tout au long de la vie,
  • De l’industrie qui structure l’économie et favorise l’innovation. La Corse mérite une stratégie de développement de son industrie dans le respect des enjeux environnementaux d’aujourd’hui et de demain,
  • Des technologies de l’information et de la communication qui sont les seules à placer la Corse à armes égales avec d’autres régions européennes et qui sont source de création d’emploi à haute valeur ajoutée et d’attractivité de notre territoire,
  • De l’innovation au sens le plus large du terme, parce que c’est l’innovation qui prépare le mieux notre territoire à tirer partie du rebond de la croissance lorsque celle-ci se fera jour,
  • De l’environnement parce que c’est dans ce domaine que la Corse dispose des atouts les plus visibles et les plus solides pour permettre la création d’entreprises et d’emplois porteurs de valeurs et notamment en misant sur les matériaux du futur plus sobres en énergie sur l'ensemble de leur cycle de vie, le recyclage des matériaux et la valorisation des déchets, la qualité environnementale des bâtiments et  le recours accru aux énergies renouvelables
  • De la recherche-développement parce qu’il est nécessaire de diversifier l’offre en ce domaine pour augmenter le potentiel des moyens humains capables de faire franchir à nos entreprises des sauts technologiques importants.
La faiblesse du plan de relance français, l’incapacité chronique de l’Union européenne a adopter un véritable plan de relance au niveau européen, le choix fait de soutenir les géants de la finance au détriment des travailleurs, des territoires et des citoyens, obligent la Corse à faire le choix de l’invention d’un modèle de développement qui rompt avec la logique exclusivement financière basée sur la seule compétition des entreprises et des individus.

Ni le monde, ni la France et pas davantage la Corse ne sont déjà sortis de la crise dont les effets seront durables.

Si la Collectivité Territoriale de Corse ne saurait à elle seule endiguer cette situation, elle dispose des moyens d’en atténuer les effets et de donner à chaque citoyen un moyen d’espérer dans l’avenir : c’est sur cette base que le Conseil exécutif s’engage en matière de développement économique.

Ce mouvement ne saurait être porté par la seule agence de développement économique et méritera un regard croisé et une mise en synergie des moyens des Directions, des services et des autres établissements publics territoriaux.

En ce qui concerne l’ADEC une réforme structurelle sera nécessaire pour accélérer la transformation de ses missions et pour mettre en valeur quatre missions essentielles :
  • Piloter la veille et la prospective
  • Développer l’ingénierie de projet
  • Animer le tissu économique
  • Structurer l’attractivité par filière et par entreprise
Une agence qui doit également encore mieux répartir ses forces et sa réactivité sur le territoire insulaire pour en respecter l’équilibre économique.

C’est la raison pour laquelle la CTC, sans ignorer les orientations communautaires, doit prendre en compte les réalités des entreprises insulaires mais aussi les caractéristiques particulières d’une société qui pâtit beaucoup de la précarité.

Cette démarche œuvre en faveur d’une région plus solidaire et performante qui associe tous les territoires et les acteurs économiques au service du développement économique.

Ainsi le cadre opérationnel du développement économique de la Corse se propose d’articuler les principales actions autour de trois axes que l’Union européenne considère comme des moteurs de la croissance que seul un changement de pilotage permet de mettre en œuvre :
 
  • Une croissance intelligente qui repose sur une économie de la connaissance, de l’innovation et du développement massif des technologies de l’information
  • Une croissance durable qui s’appuie sur une économie plus compétitive mais toujours plus économe en ressources voire qui valorise les ressources naturelles de la Corse et qui prenne mieux en compte les aspects sociaux
  • Une croissance partagée qui intègre les objectifs de lutte contre la précarité mais qui sache également répondre aux nouveaux défis de l’inclusion économique des jeunes, des plus de 50 ans, des femmes, des handicapés, des chômeurs de longue durée.
  • Un changement de pilotage qui privilégie le ciblage des mesures, leur évaluation, la recherche de partenariats pour optimiser la mise en œuvre des politiques régionales, et, enfin, un meilleur cadrage des modes de financement des projets.
Tels sont les défis qu’il est indispensable de relever collectivement et que se propose de décliner ce document d’orientation dont les axes directeurs devront trouver un aboutissement dans les divers documents contractualisés y compris par la voie d’une révision pour les adapter aux réalités et aux attentes fortes des entreprises, des salariés et des citoyens.

Le Cadre d’orientation de la politique économique de la CTC se propose d’être à la fois une réponse aux enjeux de l’économie corse et aux engagements pris par la majorité régionale.

En favorisant ainsi l’économie de réseaux, la CTC joue pleinement son rôle de coordonateur économique. En contrepartie de l’accompagnement régional, l’ensemble des acteurs économiques s’engage à placer le développement durable au cœur de leur activité.

Ensemble nous nous mobilisons pour renforcer l’emploi, pour une économie encore plus performante, au visage humain, selon les orientations prises par la majorité régionale.

Télécharger la feuille de route

feuille_de_route_economie.pdf Feuille de route ECONOMIE.pdf  (250.21 Ko)