Collectivité Territoriale de Corse

La mise en réseau en matière de politique culturelle et patrimoniale

Mardi 22 Novembre 2011



La mise en réseau en matière de politique culturelle

Dans le cadre de ses prérogatives, la CTC se doit d’aborder l’aménagement culturel du territoire sous l’angle de l’incitation à la constitution de structures d’intérêt régional destinées à donner aux initiatives existantes et à venir une dimension régionale.

Dans le domaine du spectacle vivant, la CTC doit aujourd’hui réfléchir à structurer le territoire dans le cadre d’une politique qui conjugue « mutualisation des moyens » et exigence de fonds en matière de rayonnement régional, voire national ou européen.

Il convient ainsi, de travailler à la constitution de « pôles culturels à rayonnement régional » sur la base de projets définis en commun par au moins trois structures culturelles professionnelles reconnues comme acteurs de référence dans un domaine bien précis des arts vivants. Cette structuration nécessite en amont une meilleure identification des missions de chacun. Ainsi, les « centres culturels » seront-ils redéfinis en fonction de leurs activités de référence et non plus seulement au travers de missions transversales. On distinguera donc les « scènes » (lieux de diffusion de spectacles, qu’il s’agisse de théâtres ou de salles de concerts), des « centres de création » (majoritairement tournés vers l’accueil d’artistes en répétition), des « écoles de territoire » (pour les écoles de musique, de danse ou de théâtre).
Seules les structures investies significativement dans ces 3 domaines bénéficieront de l’appellation de « centre culturel ».
L’objectif est qu’à travers le retour à une typologie plus simple, des synergies émergent sur la base d’une réelle proximité de projet.

Sans préjuger de la nature de tous les partenariats susceptibles d’émerger, la CTC souhaite parallèlement lancer 4 « missions actions » des 2011 pour étudier la faisabilité, voire entamer la préfiguration d’au moins 4 pôles dans les domaines de la musique, de la danse, du théâtre, des arts du cirque et de la rue.
D’une durée d’un an, ces missions actions regrouperaient dans un même comité de pilotage des acteurs de terrain et des institutionnels pour encadrer le travail d’un chargé d’étude issu d’une association fédérant le secteur dont l’objectif sera d’établir la faisabilité du projet pour, le cas échéant, proposer un certains nombre de préconisations en termes de mode de fonctionnement du futur pôle (gouvernance, budget, plan de financement, activités, besoins en investissement etc...) tout en mettant en place dans le même temps un certain nombre d’actions de préfiguration.

Ces missions-actions seraient les suivantes :

Une mission action auprès des acteurs culturels
intéressés par la problématique de la création contemporaine et de la production artistique de « référence nationale » susceptible de faire émerger une proposition de projet de « Scène nationale » en réseau dont le fonctionnement serait en partie assurée par la fédération d’au moins 3 centres culturels en Corse, et portant un projet culturel et artistique fort, donnant à la création insulaire une part importante.

Une mission action auprès des acteurs de la danse en Corse afin de travailler à l’hypothèse de la création d’un « Centre de recherche et de développement chorégraphique » en Corse sur la base de la mutualisation des moyens de structures existantes comme l’Université de Corse (Corte), le Conservatoire de Corse Henri Tomasi (Ajaccio-Bastia), la Fédération corse de la danse et au moins deux lieux de répétition (comme le Studio art mouv’ à Bastia ou celui, en construction, de la compagnie Vialuni à Ajaccio) et un lieu de spectacle (qui pourrait être une partie de l’activité du futur centre culturel de Corte)

Une mission action auprès des acteurs de musiques actuelles afin de travailler sur l’hypothèse de la création d’un « Pôle de musiques actuelles » en Corse dont le fonctionnement serait en partie assuré par une fédération de salles de spectacles dédiés aux concerts amplifiés (l’Aghja à Ajaccio, la salle Cardiccia à Prunelli di Fium’orbu, le Tavagna Club ) et d’associations œuvrant dans le domaine de l’encadrement des pratiques amateures pour les musiques actuelles (association BB prod’ à Sarrola, association corse du Printemps de Bourges à Bastia etc...)

Une mission action auprès des acteurs du nouveau cirque et des arts de la rue afin de travailler sur l’hypothèse de la création d’un « Centre régional des arts du cirque et des arts de la rue » susceptible de fédérer les principaux acteurs dans ce domaine (Cirkostar’ à Ajaccio, Cirkularia à Santa Lucia di Mercuriu, le Centre culturel Una Volta de Bastia, l’ARIA à Olmi Cappella, la Compagnie des Mines de rien de Bastia, la Compagnie Points de suspension à Ajaccio ainsi que le festival du Vent du Calvi, le festival de Santa Lucia de Tallano etc...).

S’il semble plus difficile d’impulser la création de « pôles culturels à rayonnement régional » dans le secteur audiovisuel comme c’est le cas dans le spectacle vivant, il reste néanmoins possible d’étudier la création d’un pôle audiovisuel régional ressources avec un rayonnement en fonction des domaines ciblés.

Ainsi, en matière d’éducation à l’image, la cinémathèque de Corse pourrait s’intégrer dans cette démarche. Concernant le volet formation, l’Université de Corse pourrait être le noyau dur d’un dispositif à mettre en œuvre. D’autres pistes sont à développer concernant le patrimoine audiovisuel, ou encore les nouvelles technologies... Cette structuration nécessite en amont une meilleure identification des missions de chacun.

Dans le secteur du livre, Les médiathèques (Ajaccio, Bastia, BDP 2A et BDP 2B ) sont informatisées avec des systèmes compatibles et certaines se sont dotées d’un site Internet. C’est à présent le moment de mutualiser les informations et les énergies pour créer un portail du livre de la Corse incluant également le secteur de l’édition et de la création. Ce dispositif viendra conforter le réseau en cours de constitution. En effet, depuis plusieurs années les responsables de bibliothèques, travaillent déjà en synergie notamment avec les éditeurs et les libraires.

En matière d’arts plastiques, les aides directes pour l’installation d’ateliers peuvent être perpétuées pour construire un réseau à vocation de produit touristique (route des arts), en incitant les artistes aidés à se regrouper en un ensemble de lieux de visite possible. D’autre part, la mise en place de pôles ressources (PREAC) est à considérer notamment entre le Centre Méditerranéen de la Photographie et le Centre culturel Una Volta dans le cadre d’un pôle autour des métiers du livre et du graphisme, sans négliger les images issues des technologies les plus récentes.

Le FRAC Corse encrera son travail au moyen des partenariats actifs et réguliers avec les musées de Corse (Palais Fesch - Musée des Beaux Arts, Musée de la Corse, Musée de Sartène, Musée de Lévie et Musée de Bastia ).
Le réseau national les opérations menées dans le cadre de Platform (regroupement des Fonds régionaux d’art contemporain) accompagnera cette démarche à travers la mise en œuvre de projets interrégionaux et internationaux favorisant les échanges culturels et artistiques.

La mise en réseau en matière de politique patrimoniale

De manière non exhaustive on peut citer plusieurs exemples tout à fait réalistes et facilement opérationnels de mise en réseau rendant plus performante la politique de gestion du patrimoine.

  • Pôle de référence : Recherche / Inventaire / Savoirs et Savoir-faire
Ce pôle se donne pour objectif de rendre accessible à tous la richesse et la diversité du patrimoine dans le dialogue incessant que ce dernier noue avec les territoires urbains et ruraux dans lesquels il s’inscrit et avec les hommes qui les composent. Il contribue aussi en aidant à la conservation et à la valorisation de la mémoire de groupes sociaux, de collections d’histoire et d’ethnographie dignes d’intérêt au rayonnement et à la prise de conscience de l’identité de la culture corse. Par le croisement des connaissances et des approches, il se propose d’offrir une lecture innovante de l’espace patrimonial dans son épaisseur historique, contribuant à sa sauvegarde, au développement des territoires, à la mise en œuvre de nouvelles structurations de l’espace, à la garantie de la diversité culturelle et linguistique de l’île. Il contribue aussi au renforcement des solidarités en invitant tout un chacun à s’approprier une histoire commune. Il sera chargé de la :

Mise en réseau des institutions de recherche fondamentale (l’Institut National d’Histoire de l’Art, les universités de Corse, du continent et d’Italie, les surintendances italiennes, les services d’archives....) en lien avec le Musée de la Corse, les pôles d’archéologie et de conservation du patrimoine architectural et mobilier qui élargirait le champ de la connaissance scientifique et inciterait à la recherche de l’excellence.

Il sera aussi de notre responsabilité de bien identifier l’ensemble des acteurs et des moyens existants. Cela facilitera la conduite d’opérations d’inventaire normalisé des biens culturels matériels et immatériels des communes, la programmation de travaux de recherche thématique, le développement « des dossiers électroniques », l’élaboration de documents cartographiques du patrimoine et du SIG (Système d’informations géo-localisées) pour une aide à la prise de décision en matière d’aménagement du territoire et à la valorisation des sites, les labellisations, la participation d’experts à l’élaboration des projets scientifiques et culturels des lieux de mémoire, la mise en réseau des partenaires patrimoniaux, l’aide à la constitution de pôles d’excellence, le développement d’échanges scientifiques en organisant ou en participant à des conférences, séminaires, colloques régionaux, nationaux et internationaux.

Mise en réseau des lieux de mémoire, centres d’interprétation, musées hors label en lien avec le Musée de la Corse, ce qui concourrait à un aménagement du territoire plus harmonieux.

Mise en réseau des villes historiques. Accompagnement fort des villes dans l’identification de leurs biens culturels et dans leurs projets de mise en valeur de leurs territoires, notamment par le biais du label Ville d’art et d’histoire.

  • Pôle de gestion des sites archéologiques et d’archéologie préventive 
Le 1er volet de la mission de la CTC en matière d’archéologie demeure la prise en charge de l’étude et de la conservation des sites archéologiques, classés Monuments Historiques, et dont la CTC est propriétaire (Aleria, Cauria, Cucuruzzu , Araguina). Ces axes doivent s’engager avec toute la déontologie et le professionnalisme requis.

La mission de ce pôle devrait également consister à poursuivre et accentuer les efforts entrepris dans le domaine de la valorisation de ces ensembles archéologiques, notamment par une amélioration sensible des conditions d'accueil des visiteurs : une plus grande attention doit être portée au stationnement, aux sanitaires, à la billetterie, à la présentation des contenus des Centres d’Interprétation en préparation. Ces missions doivent continuer de s’élaborer en lien avec les collectivités territoriales concernées (communes, agglomérations, partenaires institutionnels, PNRC...). Il s’agira également de poursuivre et renforcer la collaboration étroite avec les musées de France existants à proximité, dans l’intention de favoriser une meilleure complémentarité, dans l’intention d’inciter les publics à fréquenter davantage les établissements muséaux.

Les Conseils scientifiques, intégrant des collaborations régionales, continentales et étrangères seront animés et entretenus par les soins de ce Pôle, tant pour la gestion des sites que pour les contenus des parcours de valorisation et les Centres d’interprétation.

Ce Pôle veillera également à faire des propositions d'acquisition de parcelles, soit pour conforter les sites existants en matière de sécurité des biens et des personnes, soit pour continuer à la constitution d'une réserve foncière, conformément aux orientations dévolues aux archéologues, dès l'origine de la création de l'unité existante. Ce 3ème volet consisterait à favoriser l’intégration de données spécifiques dans le cadre de l’aménagement des territoires concernés

Ce Pôle, par l’instauration d’une cellule spécifique, aura également en charge une mission d’ingénierie, destinée à l’accompagnement des communes et des associations qui s’engagent dans des projets comparables. Son champ de compétences doit lui permettre très officiellement de guider les acteurs extérieurs dans un dédale de procédures complexes.

En la matière, les agents de ce Pôle doivent apparaître clairement comme des experts de référence pour ce qui concerne la mise en valeur de gisements archéologiques.
Comme pôle d’archéologie préventive, labellisé par l’Etat (préalable indispensable), il aura pour mission de conduire l'ensemble desdiagnostics et des fouilles nécessités par des opérations liées à l’aménagement du territoire afin de lever l'hypothèque archéologique dans les meilleures conditions possible.
Son action s’étendra au-delà, avec conduite d’investigations scientifiques entrant dans le cadre de la recherche programmée, dont l’ambition est d’associer des compétences pluridisciplinaires (université, CNRS....) autour de projets communs et visant une connaissance archéologique approfondie de territoires.

Une compétence particulière sera également à forger dans le cadre de l’archéologie sous-marine, en lien avec les services de l'Etat et les musées, avec élaboration d’un programme-cadre engageant conjointement les parties dans un réel partenariat visant ainsi à réduire le retard que compte la Corse dans ce domaine.

  • Pôle pour les Musées Label Musées de France du territoire insulaire 
L’objectif sera d’initier et d’entretenir une politique de mise en réseau des établissements muséaux insulaires, en lien avec les partenaires institutionnels et les professionnels du milieu, y compris le CCPOM pour ce qui concerne la restauration et le CCSTI pour la communication.

Il s’agit de faciliter le travail des musées et de coordonner une dynamique commune autour d’expositions ou de médiation scientifique et culturelle, d’optimiser le renvoi des publics d’un établissement sur les autres et d’aider à la communication sur les actions engagées. A ce titre, on recherchera l’instauration de programmes pluriannuels concertés, autour de thématiques communes, avec itinérances et médiation conjointe. Il s’agira d’inclure plus étroitement le FRAC dans ce réseau, de manière à dynamiser et ouvrir aux pratiques artistiques contemporaines.

On visera l’instauration d’un réseau spécifique concernant les musées archéologiques, de manière à générer de plus amples habitudes de travail concerté et à établir une mise en relation plus étroite avec le Pôle de Gestion des Sites de la CTC. Ce volet pourrait prendre également en considération les Centres d’Etudes et de Conservation.
En quête d’excellence, il s’agit aussi de veiller à ce que des formations adaptées puissent être mises en place pour les diverses professions qui doivent se rencontrer aujourd’hui au sein des établissements muséaux.
Ce Pôle des Musées aura également pour mission de repérer les domaines échappant aujourd’hui à une prise en considération (tel le patrimoine maritime) et qui, pour autant mériteraient de faire l’objet d’une valorisation spécifique.

  • Pôle pour la conservation- restauration des monuments 
Cet outil de l’ingénierie sera au service des divers publics et assurera un meilleur accompagnement juridique, technique, administratif et scientifique de l’ensemble de porteurs de projets, souvent des communes de petite taille, qui sont confrontés et démunis face à la complexité des procédures en cours et à la déontologie rigoureuse régissant le domaine de la restauration et de la conservation du patrimoine dont la méthodologie rappelons-le est : recherche, conservation, restauration et mise en valeur.

Au delà de cette mission d’assistance, et de facilitateur de la réalisation des projets, notamment au travers de l’aide à l’obtention des labels, tous régis par des procédures contraignantes, cet outil d’ingénierie pourra entamer des démarches prospectives en vue de l’obtention de fonds privés.

Par ailleurs un accent tout particulier devra être mis sur une plus grande implication sur le terrain, ce qui nous permettra d’acquérir une meilleure connaissance de l’état sanitaire de l’ensemble du patrimoine mobilier et immobilier. Pour l’accomplissement de cette mission, un effort accru de formation du personnel technique devra être réalisé afin de permettre à ses techniciens de mieux maîtriser le diagnostic des pathologies des bâtiments anciens.
En complément de ce dispositif, et tourné vers le secteur des objets mobiliers, le CCPOM a également pour vocation de favoriser la conservation et la restauration. Il constitue, de par sa structure même, un pôle de référence sur les questions de conservation-restauration pour les communes dans le secteur des objets et pour lesquellesil assure les missions de: conseils, expertise, mise en œuvre et maintenance.. Selon les besoins, il peut jouer ce rôle principalement auprès des institutions patrimoniales : musées, lieux de mémoire, villes d’art et d’histoire et à moindre titre auprès des bibliothèques patrimoniales, services d’archives et CCE.

Il s’inscrit avec ces institutions au sein d’un réseau destiné à assurer la conservation- restauration du patrimoine.

  • Pôle de médiation et de valorisation patrimoniale des territoires 
Le rôle du patrimoine doit être ici considéré dans sa dimension sociale et culturelle, mais aussi dans sa dimension économique et touristique afin de permettre à notre île, par ailleurs dotée d’exceptionnelles qualités environnementales, d’affronter dans de bonnes conditions la concurrence de ses régions voisines.

Le pôle de diffusion, de médiation et de valorisation patrimoniale des territoires de la CTC apportera son soutien financier mais surtout son expertise dans l’accompagnement des projets de mise en valeur. Ses missions s’inscrivent en transversalité avec les autres pôles de référence patrimoniaux.
Il accompagnera ou organisera les actions permettant à la population insulaire de s’approprier le patrimoine et cela pourra se faire à travers la mise en œuvre d’évènements culturels et d’animations ou par l’accompagnement de projets pédagogiques. Cette valorisation patrimoniale pourra se faire également par le développement d’une politique éditoriale y compris au travers des TIC.

L’organisation de ces actions devra s’accompagner d’une véritable politique de médiation et du développement d’un réseau de partenariats avec les pôles de références culturels.