Collectivité Territoriale de Corse

La qualité des produits agricoles une préoccupation forte de la CTC

Samedi 26 Novembre 2005



La qualité des produits agricoles une préoccupation forte de la CTC
La Collectivité Territoriale de Corse a placé la qualité comme l'un de ses axes forts en matière d'interventions agricoles et ce pour trois raisons

  • - la qualité des produits et leur certification contribuent à les différencier de productions standard donnant ainsi les meilleures chances à leur valorisation et donc à l'amélioration du revenu des producteurs
  • la qualité et la certification s'avèrent être un outil efficace de protection des savoirs faire et donc de pérennité des produits et des activités de production qui les accompagnent et qui sont localisées dans les zones rurales souvent dans des milieux difficiles
  • enfin la gamme des produits insulaires est un élément fort pour la construction de l'image de l'île

C'est pourquoi une attention particulière est portée à l'ensemble des projets présentés par les producteurs.


La Collectivité Territoriale de Corse accompagne les projets


Pour autant les démarches de certification et de développement de la qualité sont des processus longs, complexes et fortement mobilisateurs de ressources humaines et techniques.

Aussi la Collectivité Territoriale de Corse accompagne ces projets à trois stades successifs :

En amont en mettant en oeuvre avec ses partenaires les actions de recherche-développement utiles à la caractérisation des produits, à la définition de leur qualité et ainsi à leur différenciation avec des productions standardisées ou d'éventuelles contrefaçons.

Au niveau même de l'obtention des signes officiels de qualité en soutenant les organisations professionnelles, syndicats de filières ou associations de producteurs qui définissent les cahiers des charges des produits, suivent le dossier de reconnaissance par les autorités nationales et communautaires et enfin mettent en place sur le terrain les différents signes de qualité.

Enfin en aval en développant des actions visant à la promotion des produits et à la structuration de l'offre commerciale.

La réalisation des différents projets correspondant à ces axes est rendue possible par la mobilisation des financements issus du volet agricole du CPER-DOCUP et notamment des mesures relatives à la qualité et au transfert de technologie.


Les réalisations


Aujourd'hui la Corse a pu faire reconnaître quatre produits en Appellation d'Origine Contrôlée il s'agit des vins, du brocciu, des miels et plus récemment de l'huile d'olive. Par ailleurs les clémentines de Corse ont obtenu un certificat de conformité produit et sont dans l'attente de la reconnaissance par l'Europe d'une indication géographique protégée.

Pour chacun de ces produits la démarche qualité a eu son histoire et les impacts sur les filières sont incontestablement positifs.

1975, premier AOC vin de Corse
La viticulture a entrepris dès 1975 une démarche de qualité globale avec l'obtention cette année là du premier AOC vin de Corse. Cette démarche conduira à quatre Appellations pour les vins de Corse avec en outre des mentions spécifiques. Mais au delà des reconnaissances officielles la filière a su mettre en avant la typicité issue des cépages et des terroirs locaux.
Seul un effort important de recherche et développement pour retrouver les cépages traditionnels (sciacarello, nielluciu, vermentino...) un temps délaissés a permis d'atteindre ce résultat.
En parallèle un effort important a été réalisé sur la modernisation des outils de production, la recherche de procédés nouveaux et permettant d'exprimer pleinement le potentiel des vins de Corse et enfin la restructuration des vignobles.
Des actions de structuration de la filière et de promotion des produits ont complété ce dispositif pour parvenir au résultat actuel qui voit les vins de Corse occuper une place réelle dans le concert national des vins. Economiquement il s'agit de la première spéculation agricole de l'île avec 7 000 ha de vignoble et environ 49 millions d'euros de chiffre d'affaires

Le brocciu, produit emblématique de l'île
Le brocciu a pour sa part obtenu sa reconnaissance en Appellation d'Origine Contrôlée en 1998 après une longue période en appellation simple. Pour ce produit emblématique de l'île l'Appellation est avant tout une protection contre des produits contrefaits à base de matières premières de toute sorte et également une défense contre l'importation d'imitation.

Depuis la reconnaissance la qualité du produit présent dans les linéaires a connu un redressement du fait de l'élimination des productions parasites et d'un travail concerté des professionnels.
Le rôle des races locales est à souligner comme vecteur de lien du produit au terroir. La reconnaissance de ces races et leur utilisation par les bergers est un élément déterminant de l'image du produit et de l'île, de sa saveur et de sa typicité.
Aujourd'hui un travail reste à accomplir pour fixer les termes d'utilisation de l'AOC Brocciu dans une gamme de produits transformés qui s'étend sans cesse comme preuve du succès du produit.

Le miel pour la diversité de la végétation corse
Le miel a obtenu sa reconnaissance en AOC en 1998.
Cette reconnaissance est assise sur la spécificité de la flore corse qui compte un grand nombre d'espèces endémiques et sur la possibilité scientifique de démontrer qu'un miel a été produit dans l'île grâce à l'analyse des pollens qu'il contient.
L'AOC miels de Corse a instauré une évolution dans la valorisation des miels en introduisant pour la première fois en France la notion de miels de terroirs qui est venue s'opposer à celle de miel monofloral.
En jouant sur la richesse, la diversité et le caractère spontané de la végétation Corse les apiculteurs ont réussi à faire connaître et reconnaître leur produit avec à la clé un fort développement des ventes et un accroissement des prix. Cette dynamique trouve aujourd'hui une traduction au travers de nombreuses demandes d'installations en apiculture.

L'huile d'olive reconnue en 2004
L'huile d'olive n'a obtenu sa reconnaissance en AOC que très récemment puisque le décret date de la fin de l'année 2004.
Le cheminement qui y a conduit a été riche d'enseignements sur le patrimoine oléicole insulaire millénaire avec notamment la mise en évidence de variétés typiques de l'île (ghjermana, sabina, zinzala) mise en évidence au travers d'analyses ADN. Ce travail sur la qualité a également été un moyen pour renforcer la notoriété du produit et relancer la politique de rénovation des vergers abandonnés dont on ne rappellera jamais assez l'intérêt en matière de production contre les incendies.
Aujourd'hui les premières bouteilles d'huile en AOC sont agréées et déjà des marchés semblent s'ouvrir à l'extérieur de l'île.

Label Rouge et Indication Géographique Protégée pour la clémentine
Pour la clémentine l'obtention d'un certificat de conformité produit est un premier pas dans une démarche d'ensemble qui devrait conduire à la mise en place d'un Label Rouge et d'une Indication Géographique Protégée.
Ce signe permet de démarquer la production insulaire de ses concurrentes. Les deux premières campagnes ont montré un accueil favorable de la production certifiée même si un travail important reste à accomplir en termes de promotion et d'organisation commerciale pour trouver la traduction économique de cet effort qualité.

Les réalisations en termes de démarche qualité montrent que celles-ci participent à la pérennisation des productions typiques, au développement de leur marché et de leur notoriété et à l'accroissement de leur prix.


Les démarches en cours, farine de châtaigne et charcuterie


Actuellement deux démarches sont en cours d'examen par l'Institut National des Appellations d'Origine il s'agit de la reconnaissance en AOC de la farine de châtaigne et des charcuteries.

Le travail des castanéiculteurs devrait trouver un aboutissement dans les deux ans permettant ainsi de protéger un produit pour lequel une situation de sous production est observée en Corse.

Le dossier charcuterie constamment évoqué depuis 20 ans prend aujourd'hui corps avec une prochaine visite de la commission d'enquête de l'INAO dans l'île qui traduit une réelle avancée. Là aussi le travail amorcé en vue de la reconnaissance de la race porcine Corse sera un élément déterminant pour l'aboutissement du dossier.


Les projets

Les projets devant se concrétiser dans les deux ans concernent aussi bien les filières animales que végétales. Ainsi il est prévu de créer des signes distinctifs pour le fromage, le veau, l'agneau et le cabri mais également les noisettes, les kiwis, les prunes et le pomelos. Si ces démarches se concrétisent alors l'île disposera d'une des gammes les plus étendues de produits certifiés.

Cette gamme serait à la fois un argument commercial fort pour la vente des produits, un atout en matière de développement du territoire et un générateur de notoriété fortement utile pour le développement touristique.