La vie étudianteMercredi 18 Mai 2011
Depuis plus de 30 ans, les problématiques « étudiantes » prennent de plus en plus d’ampleur dans l’actualité politique et sociale, car si les études supérieures à l’université ont longtemps été assimilées à la réussite professionnelle et sociale, aujourd’hui, au vu du contexte économique, elles renvoient plus que jamais à un avenir plus incertain.
Ainsi, si en 2000, sur l’ensemble du territoire national, 23 000 étudiants se trouvaient dans une situation difficile, aujourd’hui, d’après les chiffres de l’observatoire de la vie étudiante, 107 000 étudiants sont en situation de précarité, dont 22 600 de manière grave et durable. Le rapport de la mission parlementaire sur les aides sociales étudiantes de juillet 2006 (Les aides aux étudiants - Les conditions de vie étudiante : comment relancer l’ascenseur social ?) dressait un bilan tout aussi problématique (exemples : système d’aide d’autant plus complexe que les acteurs en la matière sont multiples, délais de versements trop longs pour les boursiers, classes moyennes sacrifiées car trop riches pour être pauvres, et trop pauvres pour être riches, etc.). Deux conclusions importantes étaient à tirer :
Cette détérioration de la qualité de vie étudiante est aussi directement liée à la cherté de la vie, car au fil des années, la rentrée universitaire est de plus en plus coûteuse. Différents rapports comme celui de l’Union nationale des étudiants de France (UNEF) ou encore celui de la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE) laissent apparaître non seulement une hausse des loyers, mais aussi une hausse des frais dits obligatoires comme les coûts d’inscription, la cotisation à la sécurité sociale ou encore les frais de restauration. A tout cela vient se surajouter une fracture numérique, c'est-à-dire des disparités d’accès aux technologies informatiques, dues principalement à des difficultés financières à être en conformité avec le déploiement des environnements numériques de travail (ENT) dans les universités. Concernant l’Académie de Corse et plus précisément l’Université de Corse, son Président et le directeur du Centre régional des œuvres universitaires et scolaires (CROUS) ont confirmé les difficultés croissantes et quotidiennes d’une partie significative des étudiants. Pour la rentrée 2009, plus de 1800 étudiants inscrits à l’Université de Corse étaient boursiers, soit un étudiant sur deux. Les services sociaux de l’Université de Corse tirent quant à eux plus que jamais la sonnette d’alarme, car si la seule augmentation du nombre de bourses sur critères sociaux démontre que le milieu étudiant n’échappe pas à la baisse du pouvoir d’achat, il souligne que la précarité progresse dans des proportions inquiétantes et touche aujourd’hui toutes les classes sociales : actuellement 25 % des aides d’urgence du CROUS, sont attribuées à des étudiants non boursiers. Cette dégradation de la qualité de vie des étudiants et la nécessité d’y remédier de manière urgente ont été soulignées par le Comité opérationnel de suivi et d’évaluation (COSE) du PRDF dédié à l’enseignement supérieur et à la recherche qui s’est tenu le 20 octobre 2009.
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