Collectivité Territoriale de Corse

Le CESC a rendu son rapport sur la perte d'autonomie des personnes âgées en Corse

Mardi 26 Juillet 2011



En corse 25 % des retraités perçoivent moins de 650 € par mois et 50 % moins de 950 €.

Le CESC a rendu son rapport sur la perte d'autonomie des personnes âgées en Corse
Dans le cadre du grand débat sur la dépendance, le Conseil économique social environnemental (CESE) national a saisi les CESE régionaux afin de recueillir les éclairages locaux sur une problématique nationale.

Dépendance ou aide à l'autonomie : le débat mérite d'être lancé, la dépendance renvoie à une approche uniquement biomédicale, alors que l'aide à l'autonomie est fonction des parcours de vie des individus. C'est d'abord un fait social.
Le débat lancé par le gouvernement doit aboutir à un texte de loi sur le financement d'un nouveau droit.
Le vieillissement n'est pas un fléau puisque l'on vit plus vieux et en meilleure santé. Il s'agit d'un choix de société.

Défi démographique, avec de grandes inégalités dans l'espérance de vie (un cadre vit 7 ans de plus qu'un ouvrier) mais aussi des conditions de vie à la retraite, inégalitaires suivant les classes sociales. Ces inégalités se retrouvent dans la perte d'autonomie avec une variation de 1 à 2,5.

En corse 25 % des retraités perçoivent moins de 650 € par mois et 50 % moins de 950 €.

Quelle place pour l'humain dans notre société ? Quelle conception de la solidarité ? Les besoins seront-ils démesurés comme le prétendent certains discours alarmistes alors que les prévisions indiquent une baisse tendancielle de la dépendance (on vieillit plus et en meilleure santé) ? 9 % des plus de 60 ans bénéficient de l'APA. De ce fait, les sommes affectées (22 milliards d'euros) représentent moins de 1 % du PIB (aide au logement, charges sociales, maisons de retraite)

Actuellement l'assurance maladie finance les 2/3, la ponction faite sur les familles représente 8 milliards d'euros. Lorsque l'APA prend en charge un euro, la famille en finance deux.

Le financement relève de la solidarité nationale, il doit être pérennisé mais ne pas peser sur la fiscalité locale et assurer une taxation des revenus du patrimoine et financiers. La perte d'autonomie liée aux aléas de la vie rentre bien dans les fondements de la sécurité sociale. Son financement relève de la question de l'emploi, des salaires et d’une politique de prévention tout au long de la vie. Les personnels qui répondent aux besoins des personnes âgées doivent être formés, qualifiés et correctement rémunérés. Cela mériterait la construction d'un grand service public.

L'élaboration du plan de formation régional à travers le CPRDFP doit anticiper les besoins de formation des nouveaux métiers. La formation en gériatrie et gérontologie doit être dispensée à l'ensemble du personnel soignant ou non soignant pour l'aide à domicile comme pour les structures médicalisées ou hospitalières. Les régions peuvent favoriser des réponses non lucratives à cette question par le biais de soutien à l'économie solidaire et par des interventions en faveur du monde associatif.

Pourquoi s’intéresser aujourd’hui à la question de la dépendance des personnes âgées ?

Une population qui voit son nombre de personnes âgées augmenter et un allongement de la durée de vie.
  • Le vieillissement de la population 
Au niveau national : Aujourd’hui 1 million de personnes de plus de 60 ans dépendantes en France. Le vieillissement de la population est un bouleversement de la société. En 60 ans, le nombre des français âgés de 75 ans et plus a été multiplié par 4. Aujourd’hui, plus d’un demi million d’individus sont âges de 90 ans et plus.

En Corse : La population corse a vieilli depuis 1999 et le vieillissement démographique y est plus important qu’au niveau national.

Au 1er janvier 2009 (source INSEE) :

La population insulaire compte 307 000 habitants
- 1 habitant sur 4 a plus de 60 ans, c'est-à-dire 81 560 personnes, soit 27 % de la population insulaire contre un sur cinq en France métropolitaine ;
- La part des + de 75 ans dans la population insulaire est 10 %, soit 30 677 personnes.

La présence des retraités s’est ainsi renforcée dans la région, mais la population active a également progressé.

  • Allongement de la durée de la vie, signe que la santé s’est améliorée
Au niveau national : Au 1er janvier 2008 (source INSEE) l’espérance de vie pour les hommes est de 77.6 ans et
pour les femmes de 84.2 ans.

En Corse : Au 1er janvier 2008 (source INSSE) l’âge de vie moyen des hommes est de 78.6 ans contre 72.6 en
1990 et celui des femmes 84.6 ans contre 80.5 en 1990.

L’espérance de vie a augmenté en 2 décennies et l’écart de longévité entre les sexes s’est réduit au cours de cette période.

Les hommes ont davantage profité de cette hausse de l’espérance de vie. En effet, les hommes ont gagné 6 ans d’espérance de vie en 10 ans contre 4.1 années pour les femmes.

  • Définition de la dépendance 
La dépendance est définie comme le besoin d’aide des personnes de 60 ans ou plus pour accomplir certains actes essentiels de la vie quotidienne. Elle peut être considérée, dans les stades les plus avancés, comme la nécessité, pour ces personnes, d’être prises en charge par d’autres individus afin de pouvoir vivre normalement. Elle est non seulement liée à l’état de santé de l’individu, mais aussi à son environnement matériel.

La dépendance est corrélée à l’âge, l’autonomie des personnes diminuant à mesure qu’elles vieillissent.

Evaluation de la dépendance :

Pour mesurer la dépendance l’outil de référence est la grille nationale AGIR (autonomie gérontologie groupes iso-ressources). Elle est fondée sur l’observation des activités quotidiennes de la personne âgée. Elle sert de référence pour évaluer le degré de perte d’autonomie ou le degré de dépendance physique et psychique.

Cette dernière grille s’est imposée comme grille d’évaluation de la dépendance depuis la loi du 2 janvier 1997, instaurant la PSD (prestation spécifique dépendance), elle est également utilisée pour l’attribution de l’APA (allocation personnalisée d’autonomie) qui prend la suite de la PSD depuis le premier janvier 2002.

Cette grille se décline en 6 groupes Iso-Ressources, de la dépendance la plus lourde (GIR 1) à l’absence de dépendance (GIR 6)
- GIR 1 : Personnes confinées au lit ou au fauteuil et ayant perdu leur autonomie mentale, corporelle, locomotrice et sociale, qui nécessitent une présence indispensable et continue d’intervenants.
- GIR 2 : Personnes confinées au lit ou au fauteuil dont les fonctions mentales ne sont pas complètement altérées et qui nécessitent une prise en charge pour la plupart des activités de la vie courante.
Personnes dont les fonctions mentales sont altérées mais qui ont conservé leurs capacités motrices : le déplacement à l’intérieur est possible mais la toilette et l’habillage ne sont pas faits ou faits partiellement.
- GIR 3 : Personnes ayant conservé leur autonomie mentale, partiellement leur autonomie motrice, mais qui nécessitent quotidiennement et plusieurs fois par jour des aides pour leur autonomie corporelle. Ainsi, la toilette et l’habillage ne sont pas faits ou faits partiellement, de plus l’hygiène et l’élimination nécessitent l’aide d’une tierce personne.
- GIR 4 : Personnes qui n’assurent pas seules leur transfert mais qui une fois levées peuvent se déplacer à l’intérieur du logement. Elles doivent être aidées pour la toilette et l’habillage. La plupart s’alimentent seules. Ce groupe comprend aussi celles qui n’ont pas de problèmes locomoteurs mais qu’il faut aider pour les activités corporelles et les repas.
- GIR 5 : Personnes qui assurent seules leur déplacement à l’intérieur du logement, s’alimentent et s’habillent seules. Elles peuvent nécessiter une aide ponctuelle pour la toilette, la préparation des repas et le ménage.
- GIR 6 : Personnes qui n’ont pas perdu leur autonomie pour les actes de la vie quotidienne.

Téléchargez le rapport du CESC