Collectivité Territoriale de Corse

Les chantiers de jeunes bénévoles

Mardi 22 Décembre 2009



<i>Jeunes bénévoles sur le chantier du village médiéval de Lumitu, à Scata d'Ampugnani</i>
Jeunes bénévoles sur le chantier du village médiéval de Lumitu, à Scata d'Ampugnani
L’éducation populaire en chantier  
L’évolution accélérée de la société actuelle peut amener le grand public à s’interroger sur la modernité des Chantiers de Jeunes. Animation désuète, vieillotte ou espaces de liberté et d’imagination, de 
valorisation des savoir-faire associant technique et humanisme, création individuelle et expression collective ? 
 
Pacifisme et internationalisme... 
On attribue généralement à Pierre Ceresole, fondateur du Service civil international, l’organisation du premier Chantiers de jeunes bénévoles en 1920. Pendant cinq mois des jeunes de tous pays vont se succéder sur les ruines du petit village d’Esnes, proche de Verdun, pour construire des baraquements et déminer les champs de bataille. Les chantiers apparus en Europe à cette époque se fondent clairement sur l’appel au volontariat, la coopération internationale, l’assistance à des collectivités en détresse. Toutes les associations de chantiers qui naissent jusqu’à la libération ont en commun des principes de paix et d’internationalisme. 
On citera pour mémoire : Service civil international, Mouvement chrétien pour la paix, le Cimade, Compagnons bâtisseurs, Jeunesse et reconstruction. 
 
Régionalisme 
Dans les années 50, l’accent se porte sur les tâches de développement à l’intérieur de l’hexagone. La double finalité des chantiers se précise : action au profit d’une collectivité et éducation des jeunes volontaires. 
Les associations créées à cette époque affichent un caractère régional plus marqué : elles s’enracinent dans le terroir tandis que la France aménage son territoire. 
Dans les 21 circonscriptions d’actions régionales nées des grands programmes et plans régionaux de la fin des années 50 apparaissent des associations telles que Moulins des apprentis, Alpes de lumière, Club du vieux manoir, Neige et merveilles, Etudes et chantiers, Union rempart. 
Les associations de chantiers existent dans leur originalité. Le temps de la coordination est venu et le 1er Juillet 1959, c’est la création de l’Association de cogestion pour le travail volontaire des jeunes, Cotravaux, sous l’impulsion de Maurice Herzog et du Haut comité de la jeunesse. 
Aux chantiers de travaux s’ajoutent alors des chantiers d’études qui vont contribuer à ouvrir les Chantiers de jeunes vers de nouveaux horizons : l’architecture, l’environnement socio-économique, la sauvegarde des monuments et des sites, la valorisation des espaces naturels,... 
 
Initiative locale 
Vers la fin des années 70 émergent les chantiers d’initiative locale. Ces chantiers sont désormais le fait d’associations locales de développement fortement impliquées dans la vie sociale. Le chantier, dans ce cas, constitue un moyen parmi d’autres d’interventions sociale et culturelle favorisant une action 
participative et partenariale. Il apparaît comme un moment privilégié d’un processus de recomposition du tissu social et de reconquête identitaire. Les jeunes marquent de leur empreinte un territoire qu’ils s’approprient collectivement et symboliquement. 
Les jeunes du pays vont être plus nombreux à s’impliquer dans ces chantiers locaux. Ils seront rejoints par des adultes en activité et des retraités soucieux de contribuer par leur savoir-faire à la valorisation d’un patrimoine commun. Le Chantier de jeunes devient un lieu de sociabilité, de rencontres inter- générations, au plan local et au quotidien. Espace d’intégration, il sera naturellement appelé à prendre sa place dans les dispositifs d’insertion. 
C’est pourquoi la Collectivité Territoriale de Corse, soucieuse de répondre à l’exigence d’épanouissement personnel et à la volonté d’engagement social que manifestent un grand nombre de jeunes, développe une politique de promotion des Chantiers de jeunes bénévoles conçus comme des lieux de préparation à l’exercice de la citoyenneté. 

Qu’est ce qu’un chantier de jeunes bénévoles ?

<i>Jeunes bénévoles en action sur le haut des murs de la pieve de Castellu, à Ghisoni</i>
Jeunes bénévoles en action sur le haut des murs de la pieve de Castellu, à Ghisoni
L’occasion de découvertes et d’échanges 
La réalisation pratique du chantier s’accompagne d’objectifs pédagogiques de la part de l’encadrement : formation à la rencontre, au travail bien fait à la vie commune. C’est l’occasion d’exercer des responsabilités réelles d’acquérir des compétences. C’est également la découverte de la différence : différence de l’autre, différence d’une culture, différence d’un milieu. Enfin, c’est l’occasion d’apprendre à se mettre au service de la collectivité.  
Le public concerné 
Les Chantiers de jeunes bénévoles s’adressent essentiellement aux jeunes de 18 à 25 ans. Il existe cependant quelques chantiers qui accueillent des jeunes de 13 à 18 ans. 
Le maître d’ouvrage de ce chantier doit assurer l’encadrement, prévoir l’hébergement et la nourriture, seule la « main d’œuvre » est considérée comme gratuite. 
Le chantier peut bénéficier de subventions de l’Etat et des collectivités associées aux partenaires.  
 
Les dossiers sont à retirer et à déposer auprès du Service de la jeunesse : 
- pour la Corse du Sud : Direction du sport et de la jeunesse 
Rue de l’Aspirant Michelin - BP  323 - 20178 Ajaccio Cedex 1         
tél 04 95 50 38 77 
- pour la Haute-Corse : Direction du sport et de la jeunesse 
17, Boulevard Hyacinthe de Montera - BP 347 - 20297 Bastia Cedex              
tél 04 95 30 99 40 
 
Cas particulier 
Les chantiers de découverte s’inscrivent dans la démarche initiée par les chantiers de jeunes bénévoles et l’accentuent sur 3 points : 
  • Le public pour lequel ils sont prioritairement et majoritairement destinés, c’est- à-dire les jeunes en difficulté, tout en restant ouverts à d’autres jeunes qui peuvent être intéressés par le programme d’activités. 
  • Le programme spécifique d’activités de découverte qu’ils proposent sous une forme adaptée et avec un encadrement compétent. Il comprendra donc des temps d’activité concrètes de chantier, des temps de découverte plus importants que sur un chantier classique, des temps de détente et d’activités sportives, des actions d’éveil artistique. 
  • Le partenariat nécessaire à la mise en place d’un projet commun entre une association de chantiers de jeunes et une association du secteur social. 
  • Des actions de formation et de sensibilisation des animateurs de chantiers de jeunes pourront être entreprises afin de favoriser l’accueil et l’encadrement de jeunes en difficulté. 
Typologie des chantiers actuelsCompte-tenu de la vérité des thèmes proposés par les associations nationales de chantier et la multitude d’initiatives relevant d’associations locales, il est impossible d’effectuer une typologie exhaustive des chantiers de jeunes. 
 
5 secteurs dominants peuvent néanmoins être considérés comme représentatifs de l’activité des associations dans ce domaine : 

1/ l’amélioration des équipements ruraux par des actions de mise en valeur et d’aménagements 

2/ la protection de la nature entretien et aménagement d’espaces verts 
  • aménagement de Parcs et Réserves Naturels 
  • nettoyage et aménagement de rivières 
  • chantiers d’études en matière d’environnement 
  • empierrement de chemins ruraux 
  • restauration et réhabilitation de maisons traditionnelles 
  • restauration du patrimoine architectural non monumental 
  • chantiers d’études socio-économiques   

3/ la sauvegarde du patrimoine architectural 
  • travaux d’archéologie (fouilles..) 
  • restauration des monuments historiques 
  • recherche d’archives 
  • chantiers d’études historiques 

4/ les équipements sportifs, socio-culturels et touristiques 
  • aménagement de terrains de sports 
  • aménagement de foyers de jeunes 
  • aménagement de gîtes d’étapes 
  • aménagement de bases de loisirs 
  • création de sentiers de randonnée pédestre, équestre 

5/ les chantiers à caractère social amélioration de l’habitat et du cadre de vie de groupes défavorisés (migrants, personnes âgées, handicapés) 
Les campus du patrimoine - les campus verts  
Les campus du patrimoine s’inscrivent dans le prolongement des chantiers de jeunes et caractérisent des initiatives de développement culturel local. Pour bénéficier du label « campus du patrimoine » ou « campus verts » délivré par un jury régional composé des services déconcentrés de l’Etat et de la Collectivité Territoriale de Corse, les projets doivent comprendre les éléments suivants : 
  • un chantier centré sur la restauration du patrimoine local bâti non monumental (chantier du patrimoine) ou un chantier axé sur l’environnement écologique 
  • une animation culturelle dont le temps fort se situe pendant le chantier et qui utilisera ultérieurement le site réhabilité ; cette animation peut prendre des formes très variées concourant à favoriser l’approche par les participants de l’environnement naturel, historique, sociologique, économique et culturel du site d’intervention
  • un plan de communication relatif au campus à l’adresse de la population locale et touristique 
  • la conception, l’organisation, la réalisation du campus qui relèvent du partenariat entre les participants (si possible), les associations, les collectivités locales et des partenaires privés le cas échéant.

Une subvention exceptionnelle peut être attribuée aux titulaires du « Label » en fonction de la qualité des éléments pré-cités. Les promoteurs de projets de campus du Patrimoine doivent préciser leur intention au moment du dépôt de leur dossier de présentation de Chantier, par une lettre d’accompagnement. La liste des projets retenus par la Commission régionale est publiée dans le courant du 2ème trimestre de l’année des Campus.  

NB : Les chantiers concernant les monuments protégés ou non, restauration ou fouilles, doivent recueillir l’accord préalable des services concernés : Direction régionale des affaires culturelles, Architecte des Bâtiments de France. Ils doivent être suivis par les agents de ces services. Les Chantiers concernant la protection de la nature doivent recueillir l’accord de la DIREN. 


Aspect juridiques et réglementaires

La spécificité du public accueilli sur un chantier de jeunes bénévoles ne dispense pas les opérateurs de leurs obligations à l’égard des tiers. 
 
Quelques rappels...  
une association non-propriétaire du site d’intervention du chantier ne saurait prétendre à la maîtrise d’ouvrage sans demander l’accord  dûment contresigné du propriétaire 
la participation d’un maître d’œuvre qualifié (architecte - bureau d’études agréé...) est obligatoire pour concevoir et établir tout projet soumis à une demande de permis de construire (Loi n° 77-2 du 3/01/1977 - article 3).

Le recours à l’architecte est facultatif dans 2 cas : 
  • si les travaux portent sur une surface de faible importance (hors œuvre nette inférieure ou égale à 170 m2) 
  • si les travaux effectués sur une construction existante n’en modifient pas l’aspect extérieur l’association maître d’ouvrage et l’association de chantier engagent leurs responsabilités respectives à l’égard des participants et de tout visiteur du chantier 
La réglementation en vigueur dans les centres de vacances concernant la protection des mineurs et la qualité de leur encadrement est applicable dès lors que des mineurs sont accueillis sur le chantier comme participants 

Les chantiers concernant les monuments protégés ou non, restauration ou fouilles, doivent recueillir l’accord préalable des services concernés : Direction régionale des affaires culturelles, Architecte des Bâtiments de France.  
Il doivent être suivis par les agents de ces services. Les chantiers concernant la protection de la nature doivent recueillir l’accord de la DIREN. 

Aides financières

La Collectivité Territoriale de Corse 

La Direction du sport et de la jeunesse assure, sous l’autorité du Président de l’exécutif la coordination et le secrétariat de la Commission régionale de programmation des chantiers. 
La Collectivité Territoriale de Corse attribue des subventions d’investissement aux maîtres d’ouvrage associatifs. Le montant de la subvention sollicitée ne peut être inférieur à 20 % et supérieur à 50 % de la dépense subventionnable. 
 
Nature du Chantier pouvant être subventionné 
Tout chantier de jeunes a priori sauf à caractère social très marqué. 
Le dossier de demande de subvention doit être retourné à la Direction du sport et de la jeunesse. 
Le maître d’ouvrage est de plus tenu à la constitution d’un dossier technique spécifique (voir liste des pièces constitutives auprès de la Direction du Sport et de la Jeunesse) nécessaire à la consultation de différents services techniques 
Des conseillers techniques peuvent être consultés auprès de la Direction du sport et de la jeunesse. 
 
L'Etat - Le Ministère de l’Environnement  

La Direction régionale de l’environnement (DIREN) est le service déconcentré susceptible d’intervenir 
 
Nature du chantier : 
  • intervention sur le milieu naturel (littoral, forêts...) 
  • aménagement de sentiers 
  • entretien de rivières  
Aides financières possibles :  
Subvention  allouée sur présentation du projet avec précisions techniques sur le lieu d’intervention, la nature des travaux et plan masse.  De même l’établissement d’un plan de financement est nécessaire et doit faire apparaître le partenariat financier. 
 
Documentation :  
Consultation sur place et prêt de documents au centre de documentation  de la Délégation régionale à l’architecture et à l’environnement. Des renseignements spécifiques aux sites à la protection de la nature peuvent être obtenus auprès des chargés de mission  
 
L'Etat - Le Ministère de l’Emploi et de la Solidarité 

La Direction de la santé et de la solidarité de Corse et de la Corse du Sud peut être concernée et sollicitée. 
  • En fonction du public accueilli : prise en compte du surcoût en terme d’encadrement et d’adaptation de chantier, lié à l’accueil de jeunes ayant des problèmes spécifiques : jeunes handicapés, ex- détenus, anciens toxicomanes pré-délinquants, délinquants, jeunes issus de l’immigration en situation de retard scolaire, jeunes primo arrivants tardifs (regroupements familiaux) 
  • En fonction du site d’intervention ou de la destination du site : il s’agit de chantiers dont l’objet intéresse directement l’habitat, le cadre de vie des personnes défavorisées, isolées ou fragiles. 

Exemples :  
  • réhabilitation de logements de personnes âgées : aménagement visant à améliorer l’accessibilité par les handicapés physiques  
  • aménagements de locaux ou lieux destinés à l’accueil ou aux activités d’associations à vocation sociale  
  • aménagements d’espaces extérieurs en particulier dans les quartiers d’habitat social dégradés, avec la participation des jeunes habitants.  

Montant et modalités d’intervention  
1500 à 6000 € de subvention de fonctionnement sur présentation du projet à l’aide du dossier ci-joint.

dossier_subvention_1.pdf DOSSIER_SUBVENTION.pdf  (143.05 Ko)