Collectivité Territoriale de Corse

Occupation de l'antenne d'Ajaccio de l'ODARC : la réaction de Jean-Louis Luciani, président de l'ODARC

Lundi 19 Décembre 2011



Occupation de l'antenne d'Ajaccio de l'ODARC : la réaction de Jean-Louis Luciani, président de l'ODARC
Vendredi 16 décembre, des élus de la Chambre d’agriculture de Corse du Sud se sont introduits par force dans les locaux de l’Office de développement agricole et rural de Corse (ODARC). Une demi-heure après cette intrusion et alors que les personnels étaient retenus par force dans l’établissement pendant que les enfants de certains étaient seuls devant les écoles, des dégradations importantes ont été commises. Beaucoup, beaucoup plus grave, une salariée de l’Office, responsable de l’antenne d’Ajaccio, a été violemment prise à partie et physiquement bousculée par le Président de la chambre d’agriculture de Corse du Sud, meneur de l’opération.

Les revendications de ces individus, accompagnés de caméra de télévision, lancés dans une opération médiatique, bien que très confuses, semblaient tourner autour de l’organisation du Salon de l’Agriculture et l’exigence de ma venue immédiate.

Il n’est bien sûr pas question que je réponde à une convocation sous la menace et la contrainte d’individus en quête d’existence, qui plus est lorsqu’ils se déplacent en bande, pour discuter de quelque sujet que ce soit. Ceci d’autant plus que ces mêmes individus, puisqu’ils sont élus, disposent des instances officielles pour s’exprimer et faire valoir leur point de vue comme par exemple le Conseil d’Administration et le bureau de l’ODARC ; instances dans lesquelles ils ne siègent pas délibérément. De plus chez les gens civilisés, il est courant de prendre rendez-vous ; pour ma part je m’y rends toujours seul et sans faire usage de la force, ce qui est ma conception du dialogue et du débat.

Pour ce qui est de l’organisation du prochain salon de l’agriculture, trois réunions se sont tenues.

Pour la première, la Chambre du Sud a prétexté ne pas avoir reçu l’invitation du fait d’un problème informatique. Pendant la seconde, le Président de la Chambre du Sud s’est contenté d’insulter son homologue de Haute-Corse et pour la dernière qui s’est tenue le 8 décembre dernier en présence de l’ensemble des acteurs du monde agricole, il n’est pas venu. Il est vrai que les 40 participants de toute l’île, ont tracé ensemble les contours d’un salon où la Corse se présenterait enfin unie du Nord au Sud et que cela dérange ceux qui préfèrent continuer à exacerber les tensions et les divisions dans le seul but d’exister.

Enfin un comité de pilotage a été créé pour finaliser l’organisation du salon et il appartient à ceux qui ont des idées d’y participer.

Au-delà de ces questions devenues bien secondaires au regard des agissements et des violences commises dans les locaux de l’office et sur la personne d’une salariée, je tiens :

- à manifester mon soutien et à remercier les personnels de l’Office qui ont eu à subir ces agissements et qui sont restés solidaires et bien sûr plus particulièrement ma collaboratrice qui a été victime de violence physique.

- à réaffirmer mon dégoût pour toute forme de violence que je condamne, et envers tous ceux qui la pratiquent, comme je regrette vivement la présence des quelques élus de l’Assemblée de Corse qui se sont déplacés, certains triomphants, pour apporter leur caution politique à ces agissements violents. Ce sont ces mêmes élus qui ont, il y a quelques semaines, débattu de la violence dans l’hémicycle de l’Assemblée de Corse et qui ne manqueront pas de le faire à nouveau.

- à réaffirmer qu’aucune pression ou intimidation ne me fera varier dans ma volonté de rassembler celles et ceux qui veulent construire l’agriculture en la structurant en l’organisant et en la dotant d’outils performants pour qu’elle soit enfin porteuse de développement et d’avenir.

Dans la mesure où la sécurité des agents n’est plus assurée et étant entendu que la sérénité n’est plus de mise, toutes les relations entre l’Office et la Chambre d’Agriculture de Corse du Sud sont interrompues et ce jusqu'à nouvel ordre.

Jeudi 22 décembre, date du prochain Conseil d’administration de l’ODARC, toutes les antennes de l’Office seront fermées en signe de protestation et de solidarité envers la salariée agressée. J’invite tous les acteurs du monde politique, tous les acteurs du monde agricole, toutes celles et tous ceux qui se sentent concernés par de tels agissements et qui souhaitent manifester leur soutien aux personnels à nous rejoindre jeudi à 10h en début de séance dans les locaux de l’Office hydraulique à Bastia.

Je sais que la très grande majorité des acteurs et représentants du monde agricole pensent, comme moi, qu’il est temps de changer les comportements et de travailler unis pour relever ensemble les défis à venir. Qu’ils soient persuadés que nous saurons dépasser les difficultés et les empêchements de toutes sortes pour sortir plus forts et plus déterminés encore dans nos convictions.