Collectivité Territoriale de Corse

PLan de relance de la filière Amandes

Vendredi 7 Décembre 2007



Eléments de contexte

PLan de relance de la filière Amandes
L'Assemblée de Corse a adopté lors de sa séance du 8 décembre 2007 le Plan de relance de la Filière Amandes.

Au niveau national


Le marché français de l'amande en croissance constante, est loin d'être pourvu par sa production intérieure.

Actuellement, la production française couvre 1 % des besoins de son marché intérieur.
L'Espagne pourvoit à une partie de ces besoins, mais le plus gros fournisseur d'amandes reste les USA (Californie).
Avec 168 000 tonnes exportées en 2006 vers les pays de l'Union européenne, les Etats-Unis voient une progression de leurs exportations de 15 %.
En effet, avec l'augmentation de la consommation, la demande européenne suit une croissance constante dans tous les secteurs (confiserie, transformation).
Néanmoins, elle s'accentue surtout au niveau des industries agroalimentaires qui intègrent l'amande sous différentes formes dans de nombreux produits pâtissiers.

Au niveau régional

Structuration

La profession des amandéiculteurs est localement organisée à plus de 95 % autour du GIE CORSICAMANDES rattaché au groupement de producteurs SUD AMANDES localisé à Garons (Gard). Sud Amandes est adhérente par extension territoriale au Comité Economique de Bassin Fruits et Légumes de Corse. La coopérative est gérée majoritairement par les producteurs de la Région Corse. Elle traite plus de 90 % de la production nationale SUD AMANDES regroupe la production de 11 départements soit 1107,75 hectares de vergers qui, selon les années produisent 1200 à 1700 tonnes d’amandes en
coque.

Présentation du GIE Corsicamandes

Le groupement d’intérêt économique a été constitué le 8 janvier 1996, il a son siège dans la commune de Ghisonaccia. Il regroupe actuellement 72 exploitants et réalise des services annexes à la production.
Actions portées par le GIE Corsicamandes

Objectifs
  • Stabiliser ou accroître le revenu de l’agriculteur,
  • Accroître la valeur ajoutée générée par la transformation et la valorisation de produit à forte identité,
  • Segmenter l’offre pour occuper le marché local,
  • Favoriser l’extension du verger d’amandiers en Corse.

Méthode
  • Adapter l’outil de production verger à des conditions modernes de production,
  • Développer une politique qualité,
  • Diversifier l’offre,
  • Réduire le différentiel de coût de production entre Corse et Continent.

Présentation du verger d’amandiers en Corse

La production insulaire représente en surface 58 % de ce verger, et 70 % du tonnage total produit (référence 2006), sachant que la production nationale représente environ 500 tonnes d’amandons pour une consommation nationale de 27 000 tonnes d’amandons, l’intérêt de l’amande française étant sa reconnaissance sur le marché des confiseurs comme produit de qualité (facilité de mise en œuvre) et
la forte demande qui en découle.
Le groupement des producteurs autour de cette structure, permet d’orienter la commercialisation vers les confiseurs et les demandeurs de produits spécifiques, type amandes naturelles, effilées, émondées, grillées salées, pâte d’amande, et surtout vers les réseaux de qualité de terroir actuellement en plein essor.
Au sein de la structure SUD AMANDES, l’amande Corse est travaillée par producteur et par variété. La valorisation se fait déjà de façon spécifique avec une information sur son origine et ses qualités organoleptiques. La valeur ajoutée générée par la production de coques ou d’amandons reste limitée.

Pour accroître la rentabilité du secteur et augmenter l’existant, la profession corse a fait le choix de rechercher des stratégies de valorisation propres à l’amande de Corse. Cette valorisation passe par la transformation avec fabrication de produits à identité régionale (amandes torréfiées, grillées salées, poudre d’amande, nougat, pâte d’amande, etc.)

La politique actuelle de la CTC

Les efforts consentis ces dernières années sur la modernisation du verger ont favorisé l’augmentation de la surface productive (+ 78 ha) l’élimination des variétés inadaptées au contexte économique et qualitatif type Super Nova, et la régénération par le recépage et la restructuration de vergers vieillissants ou présentant des problèmes phytosanitaires graves. Sur le versant de la promotion, seules quelques
actions liées aux foires rurales ont pu être réalisées en terme de mise en avant des produits transformés.

Cette structuration est accompagnée financièrement et techniquement par différents partenaires :

L’ODARC
Les crédits relatifs à cet accompagnement ont été mobilisés au travers de la mesure 3.4 du CPER-DOCUP au titre de la rénovation des vergers.
Le montant de l’aide allouée à cette action est de 317 486 €, pour un coût total de 405 525 €, soit un taux de subvention de 45 % qui démontre la volonté affirmée de la Collectivité Territoriale de Corse, de l’Etat et de l’Union européenne de soutenir le développement de nouveaux vergers de qualité.

La Chambre d’Agriculture de la Haute-Corse
Dans le cadre de ses missions consulaires, la chambre d’agriculture a été associée à la réflexion portant sur les orientations stratégiques de la filière.
Elle apporte dans le cadre des ses missions d’interventions, un soutien technique aux producteurs et au GIE Corsicamandes.
Elle intervient également sur la formation des amandéiculteurs que ce soit sur le suivi de la préconisation des cahiers des charges, de la traçabilité, de la certification ou encore sur les formations spécifiques sur les techniques culturales.
Elle contribuera effectivement à la mise en œuvre du plan d’action qui en découle.

Les orientations stratégiques de la filière

Les enjeux de cette filière

1. Stabiliser ou accroître le revenu de l’agriculteur
• Augmenter les rendements via :
le transfert de technique de productions innovantes
l'appui technique renforcé dans le cadre de pratiques raisonnées
• Maîtriser les charges de production
• Traçabilité et gestion des flux d’informations ascendants et descendants

2 Favoriser l’extension du verger d’amandiers en Corse

Accroître les performances : rendements et revenu dans le cadre d’une Agriculture Raisonnée

L’enjeu rendements

La filière amande en France est une filière qui a connu un fort regain d’intérêt grâce à la mécanisation des pratiques au cours des dernières années. Toutefois, d’un point de vue des performances (techniques de production et rendements), elle doit combler un différentiel marqué avec d’autres bassins de productions.
De ce fait, l’augmentation des rendements est un axe stratégique fort de la filière amande en corse. En effet, d’autres bassins de production, en particulier les Etats-Unis d’Amérique, atteignent des rendements 3 à 4 fois supérieurs sur les mêmes variétés.
Il est donc nécessaire d’investir dans le transfert de compétence et dans un accompagnement technique renforcé des producteurs pour améliorer les rendements dans le cadre de pratiques respectueuses de l’environnement.

Le cadre : l’agriculture raisonnée

Qu'est-ce que l'agriculture raisonnée ? Sans doute l'une des meilleures voies pour une agriculture durable. Concrètement, une agriculture qui intègre à la fois rentabilité économique, qualité des produits, respect de l'environnement et dimension sociale.
De fait, l'agriculture raisonnée correspond à des démarches globales de gestion d'exploitation qui visent, au-delà du respect de la règlementation, à renforcer les impacts positifs des pratiques agricoles sur l'environnement et à en réduire les effets négatifs, sans remettre en cause la rentabilité économique des exploitations. Ainsi l’acte de production agricole tend à s’accorder avec les attentes de la société en matière de qualité environnementale et de sécurité alimentaire. Cet engagement volontaire nécessite des efforts d’organisation et des investissements pour l’agriculteur. Néanmoins l’exploitant qui s’engage dans cette démarche peut espérer un double retour.

D’une part, les consommateurs finaux sont de plus en plus attentifs au caractère « éthique » de l’acte de production respectueux de l’environnement et de la santé. La reconnaissance d’un produit portant une mention spécifique permet d’optimiser la valorisation de celui-ci.
D’autre part, l’adhésion au référentiel de l’Agriculture Raisonnée permet à l’exploitant d’anticiper sur les évolutions règlementaires.

Cette démarche bénéficie, en France, d’un cadre officiel sous la forme d’un cahier des charges adopté par le Conseil supérieur d’orientation et de coordination de l’économie agricole et alimentaire (CSO) depuis mai 2002. Ce référentiel comprend 98 critères se rapportant à tous les aspects d’une gestion globale : formation, traçabilité, gestion des déchets, sécurité du travail, fertilisation et protection des cultures, santé et bien-être des animaux, biodiversité, etc. Ils laissent une certaine liberté d’appréciation à l’agriculteur, dans une philosophie de responsabilité et de gestion raisonnable qui caractérise ce type d’agriculture.

La qualification passe par 4 étapes principales : le diagnostic, l'audit, la qualification, la fin de validité.
La qualification est attribuée pour une durée de 5 ans.

Les motivations qui ont conduit les adhérents du GIE Corsicamandes à s’engager dans cette démarche sont multiples :

• Les restrictions du cahier des charges de l’Agriculture Raisonnée sont beaucoup plus limitées que celles imposées à l’agriculture biologique, de ce fait il s’agit d’une démarche de qualité accessible au plus grand nombre. Les amandeiculteurs peuvent ainsi satisfaire la demande de certification de leurs clients sans
modifier profondément leurs méthodes et mettre en place une stratégie commune de filière.
• Différenciation des produits transformés issus de la filière régionale selon un double concept de typicité et typicalité.
• La démarche agriculture raisonnée initie favorablement les exploitants à la mise en place d’un projet d’un Signe Officiel de Qualité plus accompli (AOC, IGP) sur le moyen terme. Elle garantie aussi un retour sur investissement rapide : la certification peut être obtenue en 2 ans et représente aussi une préparation
positive aux certifications ISF et EUREPGAP.

Ainsi, l’adhésion à ce système de qualification permettra à la filière d’atteindre plusieurs objectifs :
• Mise en place d’un outil pour la valorisation de la nouvelle gamme de produits transformés,
• Intégration de la filière dans une démarche de développement durable,
• La consolidation des débouchés par la différentiation des produits,
• Anticipation sur les évolutions du dispositif d’aide publique.

deliberation_2007amandes.pdf DELIBERATION_2007AMANDES.pdf  (211.61 Ko)