Collectivité Territoriale de Corse

Plan de Relance de l'Agriculture Corse - action collective clémentines

Jeudi 3 Août 2006



Le contexte

Plan de Relance de l'Agriculture Corse - action collective clémentines
Petit historique 

La clémentine a connu d'abord un développement important et une notoriété liée à ses qualités intrinsèques et à sa différenciation au travers d’un label régional « clémentine avec feuille ». Ce signe distinctif a permis de conquérir et de stabiliser des parts de marché.

L’entrée de l’Espagne dans l’Union européenne a induit un bouleversement au niveau de cette situation et ce parce que l’Espagne produit un volume beaucoup plus important (1,2 millions de tonnes), qu’elle a des coûts de production inférieurs et enfin qu’elle fait face à une réglementation moins restrictive.
La mise en concurrence directe sur le marché unique a entraîné des difficultés graves pour les producteurs corses, difficultés qui se sont encore aggravés dans le début des années 90 avec la dévaluation des monnaies espagnole et italienne.
De plus l’Espagne a exploité la notoriété de la clémentine Corse en reprenant le concept clémentine avec feuille et quelquefois même le nom " fines de Corse ".
La décennie 90 sera marquée par une dégradation continue de la situation, des volumes produits, des surfaces plantées et par une attitude prudente des exploitants vis-à-vis des investissements. Afin de contrecarrer la concurrence espagnole, de mettre fin aux contrefaçons et d’apporter des garanties aux consommateurs, la profession à décidé en 1998 d’engager une démarche de qualité et de faire reconnaître la clémentine de Corse en IGP, Label Rouge et CCP.
Le CCP est aujourd’hui une réalité, il a un apport indéniable dans la filière, l’IGP est en cours d’approbation, le label rouge suivra. Ainsi des outils de segmentation de l’offre et du marché sont aujourd’hui en place, il reste à utiliser les signes distinctifs de qualité comme vecteurs de développement et de valorisation. Ce travail requiert une nouvelle évolution de la filière, la mise en place de nouvelles actions et une action structurelle qui va du stade de la production à celui du marché. C’est le défi collectif à relever par l’ensemble des agrumiculteurs et des partenaires de la filière.

Le marché

Le marché national représente 290 000 tonnes/an, avec une consommation annuelle par habitant de 4,9 kg, globalement stable dans le temps.
D’autres marchés peuvent être ciblés : Allemagne (334 000 tonnes), Belgique (39 000 tonnes), Autriche (27000 tonnes),  Hollande (51 000 tonnes).
Ces marchés sont considérables en regard d’une production régionale de 23 000 tonnes. Pour autant cette production rencontre des difficultés d’écoulement et affronte une problématique de prix comme le montre bien la campagne 2004-2005 où il est désormais acquis que les prix de vente ne permettront pas d’assurer une rémunération du producteur.    

Les hypothèses de départ et les objectifs

Plan de Relance de l'Agriculture Corse - action collective clémentines
1°) Il existe un marché suffisant pour l’écoulement de la production.
  
2°) Le prix plus élevé de la clémentine de Corse face à la concurrence doit être compensé par une qualité plus élevée et un service joint au produit.
 
3°) Des mécanismes de régulation de la production et de la mise en marché sont indispensables afin de pouvoir ajuster en continu l’offre à la demande. Cela suppose un effort de tous et une circulation optimale de l’information. 

4°) Il y a nécessité de développer une structuration efficiente de la politique commerciale et une articulation de celle-ci à la production dont la qualité ne doit cesser de croître.
 
5°) Chaque structure a développé des expériences, a mis en place des investissements et a une stratégie qui lui est propre de même qu’un capital en termes d’expérience, de clientèle et de savoir faire. C’est donc au travers d’une approche en termes de collaborations qu’il faut structurer une nouvelle démarche.
 
6°) L’exercice de l’ensemble des attributions de production et de commercialisation de façon indistincte au sein de même structures ne semble pas être générateur d’efficience et entraîner tout au contraire des difficultés réelles.
 
7°) Cette nouvelle évolution de la filière est une nécessité pour un avenir pérenne, le projet de structuration doit donc être partagé par tous.
 

L'action collective qui sera financée par le plan de relance s'articule autour de trois axes :
  • la production avec la mise en place d’un contrat producteur
  • le conditionnement expédition avec la mise en place de contrats stations et organisations de producteurs
  • l’organisation du marché avec la mise en place d’actions de régulation offre/demande et de valorisation /promotion.

Des exemples concrets

<i>Alex Vinciguerra, directeur de l'ODARC et Jean-Claude Bonaccorsi, Président de l'ODARC</i>
Alex Vinciguerra, directeur de l'ODARC et Jean-Claude Bonaccorsi, Président de l'ODARC
Le contrat producteurs

La qualité de la clémentine de Corse est son seul atout face à la concurrence internationale c’est pourquoi un effort important doit être mené à la production afin de concrétiser les premiers résultats obtenus.
Un contrat est signé entre chaque producteur, sa station et son organisation de producteurs, ce contrat prévoit les prestations réalisées par le producteur et le retour financier qui doit en résulter.
Les engagements du producteur portent sur la conduite du verger, les pratiques de récolte, la gestion des récoltes, la transmission des informations.  

Le contrat stations de conditionnement et organisations de producteurs

Les stations et organisations de producteurs, travaillent le produit brut et le transforment en produit livré au consommateur avec un rôle essentiel sur la qualité, la présentation, la réactivité au marché.
La qualité de leur travail conditionne donc l’image du produit tout comme leur action conditionne les résultats de campagne. Chaque station qui entrera dans le processus de l’action collective « agrumes de Corse », sera signataire d’un contrat qui définira ses objectifs, les moyens d’y parvenir, les résultats attendus et les aides nécessaires.                   

La promotion/commercialisation

Organisation du marché et de rapprochements de structures

L’expérience des campagnes passées montre que bien souvent le marché est déstabilisé par des expéditions en quantité trop importantes et par le phénomène de l’auto-concurrence.
Il est donc proposé de créer un point à partir duquel des décisions de régulation pourraient être prises et une réelle observation des prix pourrait être menée.
Il est créé une cellule spéciale au sein du CEBFL en charge du suivi de l’ensemble de l’information et de l’élaboration de propositions sur les prix de tendance et la gestion de la campagne.
La cellule peut mettre en place un dispositif d’alerte ou des prescriptions relatives à la mise en marché.
A partir de cette cellule les différentes structures pourront appliquer une fourchette de prix et limiter ainsi le phénomène d’auto-concurrence. 

Mise en place d’un partenariat avec des importateurs agréés

Un système de commercialisation productif et équilibré implique la nécessité d’exploiter tous les circuits qu’il s’agisse de vente directe à la grande distribution ou de vente dans le circuit des grossistes.

C’est pourquoi il est nécessaire de bâtir un  partenariat avec ceux-ci en garantissant au travers d’une charte le respect des intérêts mutuels suivants :
  • offre de qualité aux importateurs
  • respect par l’importateur des prix de retrait déterminés par le CEBFL
  • établissement d’une grille tarifaire propre aux importateurs
  • transmission de l’ensemble des informations journalières par les importateurs au CEBFL
  • acceptation par les importateurs de l’ensemble des contrôles
  • approvisionnement exclusif des importateurs par les structures insulaires
  • participation des importateurs à la définition des programmes de promotion.

Le nombre d’importateurs à agréer reste à définir en fonction de leur importance, de leur localisation et du caractère plus ou moins large à donner à ce partenariat. 

Mise en place de programmes de promotion du produit

Au-delà de la promotion mise en place depuis 2003 il est indispensable de bâtir un cadre adapté à un produit présent ponctuellement sur le marché. La base de ce cadre est une promotion de notoriété ciblée sur le consommateur et utilisant des médias de masse en début de campagne.
A titre d'exemple, un film publicitaire, destiné à être diffusé sur les grandes chaînes nationales, est actuellement en cours de réalisation.