Collectivité Territoriale de Corse

Plan de relance de la filière Castanéicole

Jeudi 11 Mai 2006



Contexte

L'Assemblée de Corse a adopté lors de sa séance du 11 mai 2006 le Plan de relance de la Filière Castaneicole.  
 
Le Groupement Régional des Producteurs et Transformateurs de Châtaignes et Marrons de Corse (GRPTCMC) regroupe des producteurs et transformateurs de la région Corse. Il a été créé en 1991 avec pour objectif l’organisation, la coordination, la défense des intérêts généraux, moraux et matériels des producteurs de châtaignes et de marrons et de la culture, de la transformation et commercialisation. 

En 2005, il comptait 60 adhérents. 

L’activité castanéicole est une activité principale pour la majorité des castanéiculteurs. Elle se complète par des activités diverses comme la transformation charcutière, l'apiculture, le maraîchage, la sylviculture, le tourisme, l’élevage ovin / bovin / porcin… 

Les producteurs commercialisent leurs productions soit en vente directe soit par d’autres systèmes de distribution (revendeurs, GMS, magasins spécialisés, par correspondance …) 

Le potentiel de production 

La surface entretenue et récoltée concerne seulement 2000 hectares environ sur une surface totale voisine des 30 000 ha. La production castanéicole actuelle est d’environ 250 tonnes de farine de châtaignes soit 1000 tonnes de châtaignes fraîches.

A cette estimation doit être rajoutée les grandes quantités de châtaignes servant d’aliment à un élevage extensif de porcs, de bovins….. Ainsi la Corse apparaît comme l’une des premières régions productrices de châtaignes de France côtoyant de près l’Ardèche. 

On recense actuellement 34 moulins en activité soit 28 moulins en Haute-Corse et 6 en Corse-du-Sud. 

Eléments de contexte 

La filière a eu à souffrir d’un désintérêt total de la part des pouvoirs publics pendant de longues années.
 
Ainsi le verger castanéicole qui est l’une des principales richesses patrimoniales de la Corse a subi des dommages pour partie irréversibles. Ce n’est que sur les deux dernières décennies et grâce au volontarisme des professionnels que quelques interventions publiques ont pu être conçues au bénéfice de cette filière. 

Le bilan est plus qu’encourageant puisque que plus de 2000 hectares ont pu être ramenés à la production avec des moyens humains faibles, et que 80 exploitations vivent, à titre principal, de cette spéculation. 

La filière a mis en place une stratégie de qualité forte qui se traduit par une demande de reconnaissance de l’AOC " Farine de châtaigne corse - Farina castagnina corsa ". 

En novembre 2003, le principe de pré reconnaissance a été validée en Comité National et en novembre 2005 l’aire géographique de l’AOC « Farine de châtaigne corse - Farina castagnina corsa » regroupant ainsi 232 communes en totalité et 38 communes en partie a été confirmée. L’année 2006 verra vraisemblablement l’obtention de la première AOC de farine de châtaigne. 

La demande des produits est très supérieure à l’offre. En effet, le niveau de production de farine semble insuffisant au regard de la demande du marché. Toutefois, c’est essentiellement la problématique de la valorisation qui se pose avec la nécessité d’un prix fortement rémunérateur pour pérenniser les exploitations. Ceci légitime la recherche d’autres créneaux de marché une fois l’Appellation obtenue. 

Les exploitations castanéicoles se situent en zone de montagne dans des espaces qui sans cette activité n’auraient pour seule vocation que l’abandon. 

Autour de la farine, d’autres produits ou modes de valorisation sont apparus, il s’agit notamment de la valorisation du fruit frais mais également des pâtisseries, des marrons glacés et de la bière. L’importance de cette diversification montre la valeur du fruit pour le consommateur. 

Ainsi, au cours des deux dernières années, la filière a entrepris une stratégie de diversification de gamme avec le développement d’une filière de commercialisation de la châtaigne fraîche. 

Cependant la filière souffre d’un cruel manque de moyens face à certaines difficultés : 
  • Un foncier peu disponible par exemple dans certaines régions de la Castagniccia 
  • Une trop grande divagation des animaux causant des dégâts certaines fois irréversibles sur l’environnement et l’état sanitaire du verger 
  • Une présence marquée, surtout depuis quelques années, du parasitage des fruits (le Carpocapse et le Balanin notamment) 
  • Les maladies de l’Encre et du Chancre 
  • Une absence de plants sains de châtaigniers à variétés locales pour une replantation 
  • Le spectre du Cynips (nouveau parasite) dont les premiers dégâts sur la châtaigneraie de Cuneo font présager de son arrivée dans les châtaigneraies françaises et corses. 
  • Difficile mobilisation des fonds des programmes de valorisation et de promotion. 

Cette liste n’est pas exhaustive mais reflète bien la situation de la filière castanéicole où le volontarisme des producteurs est souvent contrarié par la faiblesse des moyens techniques, scientifiques et institutionnels mis au service de ce secteur garant du maintien du patrimoine insulaire. 

La politique actuelle de la CTC

Les projets de filière 

Un soutien important à la filière castanéicole a été apporté dans le cadre du CPER-DOCUP. 

Les crédits relatifs à cet accompagnement sont mobilisés au travers des mesures 3.4 (expérimentation et actions sanitaires); 3.5 (maîtrise de la qualité) et 3.6 (appui technique). 

Le montant total des aides allouées aux différents porteurs de projet dans le cadre du CPER-DOCUP pour les actions menées sur la période 2000-2005 est de 1 186 642,38 € pour un montant payé de 704 653,60 €, compte tenu du fait que certaines actions n’ont soit pas totalement été menées soit pas encore justifiées notamment en ce qui concerne l’année 2005. 

Les porteurs de projets dans le cadre de ces filières sont les suivants : 

Le Groupement Régional des Producteurs et Transformateurs de Châtaignes et Marrons de Corse (GRPTCMC) assure l’organisation de la filière au travers de plusieurs axes de travail : évolution des itinéraires techniques au travers de l’innovation, suivi de dossiers prioritaires, mise en place d’un partenariat avec d’autres bassins de production et enfin diversification de la production au travers de nouveaux produits ou de l’exploitation de formes de valorisation telles que la vente en frais. 

Le Syndicat Régional de Défense et de Promotion de la Qualité de la Farine de Châtaigne Corse est créé en 2001 suite à la demande de reconnaissance AOC déposée en octobre 2000 auprès des services de l’INAO. 
Le Syndicat a pour objectif la recherche de tous les moyens susceptibles de promouvoir et défendre la qualité, tant à la production qu'à la conservation, le conditionnement et la présentation commerciale des farines de châtaigne corse ainsi que d'en intensifier leur vente, notamment par la recherche de débouchés possibles. 
Il est le futur organisme de défense et de promotion de l‘AOC " Farine de châtaigne corse - Farina castagnina corsa ". 

L’Institut National des Appellations d’Origine pour la Région Corse anime et conduit en partenariat avec le Syndicat Régional de Défense et de Promotion de la Qualité de la Farine de Châtaigne Corse la démarche AOC « Farine de châtaigne corse - Farina castagnina corsa ». 

Les Chambres d’Agriculture de Haute-Corse et de Corse-du-Sud apportent leur soutien technique dans la démarche AOC et dans les différentes opérations de valorisation de la châtaigneraie particulièrement dans le cadre de la rénovation. 

Le CIVAM Bio est très présent en castanéiculture, en effet le mode de production de la châtaigne est par nature proche de celui de l’agriculture biologique du fait de son entretien léger et de ses pratiques ancestrales 

La Fredon qui met en place des expérimentations de lutte contre les parasites du fruit, le balanin et le carpocapse. Ces parasites causent des déperditions de récolte évaluées à 30 % en moyenne. La problématique des castanéiculteurs est de trouver des moyens de lutte biologique contre ces parasites afin de pouvoir maintenir le label bio de leur production. 

Les opérations de modernisation et de rénovation 

Elles intéressent l’ensemble des exploitations ainsi que les propriétaires fonciers de châtaigneraies ou leurs groupements au titre du volet forestier dès lors qu’ils ont donné à bail leur terrain à un castanéiculteur, et se conduisent conformément au guide des aides de la filière castanéicole. 

Elles concernent les ouvertures de pistes, la réalisation de clôtures, le débroussaillement, l’élagage, la régénération et l’acquisition de matériel qu’il soit de récolte ou de transformation. 

Objectifs du plan de relance

  • Conforter les exploitations existantes 
  • Professionnaliser avec pour cadre l’orientation qualité en visant la stabilité des revenus et la rentabilité 
  • Développer le métier en installant des jeunes 

Références réglementaires 

(CE) N° 1257/1999 du Conseil du 17 mai 1999 concernant le soutien au développement rural par le FEOGA 
(CE) N° 2223/04 du Conseil du 22 décembre 2004 modifiant le règlement CE N°1257/1999 
(CE) N° 1/2004 de la Commission du 23 décembre 2004 concernant l'application des articles 87 et 88 du traité aux aides d'Etat accordées aux petites et moyennes entreprises actives dans la production, la transformation et la commercialisation des produits agricoles 

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