Collectivité Territoriale de Corse

Plan de relance de la filière bovine

Vendredi 30 Juin 2006



Présentation de la filière bovine

L'Assemblée de Corse a adopté lors de sa séance du 30 juin 2006 le Plan de relance de la Filière Bovine.


Historique 


Les évolutions de l’élevage corse au cours des 30 dernières années se caractérisent par une forte progression de l’élevage des bovins au détriment des petits ruminants, ovins et caprins, mais aussi des
porcins.

Ces évolutions, même si elles ne sont pas homogènes sur l’ensemble du territoire sont la résultante des orientations de la Politique Agricole Commune (PAC).

La seconde réforme de la PAC en 1992, qui a institué un système d’aide propre à une réorientation vers des méthodes extensives d’élevage, a conforté l’existence du cheptel insulaire en stabilisant son évolution quantitative mais aussi qualitative.

Le 23 septembre 2004, par délibération n° 04/213AC, l’Assemblée de Corse votait à l’unanimité un rapport présentant l’amorce d’une organisation de la filière autour d’une stratégie de développement concertée entre les acteurs de la profession.

La Collectivité Territoriale de Corse à travers son Office de Développement Agricole et Rural, a financé un programme d’action échelonné sur 3 ans.

Cette action collective, portée par l’association CORSICA VACCAGHJI, structure représentative de la filière et, à ce titre, interlocuteur privilégié des services de la CTC, prévoyait la mobilisation de fonds à hauteur de 1,4 millions d’euros.

L’assemblée de Corse avait alors voté à l’unanimité ce plan d’action essentiellement axé sur une démarche de certification ainsi que sur un programme d’études dédié à l’analyse de la production de viande bovine et de son marché ainsi qu’aux outils de valorisation et d’organisation commerciale nécessaires à cette filière.  

La situation actuelle

En 2004, la filière bovine représentait
  • 5 % de la valeur ajoutée agricole en Haute-Corse
  • 9 % en Corse du Sud

La production bovine évolue à la baisse depuis 2002 (-1 %) et sa valeur représente tendanciellement 10 M€ (3,75 pour la Corse du Sud et 5,75 pour la Haute-Corse en 2004).

Le cheptel bovin après une forte croissance dans les années 70 et 80 est en constante diminution. Entre les deux recensements agricoles de 1988 et 2000, l’effectif des « bovins viande » est passé de 79 083 têtes à 63 671, soit une baisse de 19,5 % et représente à peine 1 % du cheptel bovin allaitant National. En moyenne une exploitation possède 32 vaches allaitantes. Cette évolution n’est pas spécifique à la Corse et s’inscrit dans un contexte général en France de baisse du cheptel bovin.

La production de viande bovine en Corse a subit dans les dernières années des changements qui modifient fortement les modes de fonctionnement de la filière : modification des circuits de commercialisation, montée en puissance de la Grande Distribution, développement de l’engraissement, des races continentales, et, mise en place tardive d’abattoirs modernes. Pour autant, l’élevage bovin viande est une des premières orientations des exploitations agricoles en Corse :
  • plus d’une exploitation agricole sur trois possède un troupeau bovin (soient environ 1 300  exploitations bovines).
  • 21 % des exploitations agricoles insulaires sont à dominante élevage bovin
  • 14 % des exploitations possèdent un cheptel bovin secondaire

Les bassins de production 

  • Un gros bassin autour de Corte et de Ponte Leccia avec un cheptel important 
  • Un bassin important dans l’extrême sud et le Sartenais avec un nombre important d’éleveurs.
  • Des bassins secondaires en plaine orientale sud, Balagne, et le Nebbiu.
  • Un bassin en croissance en plaine orientale

Les produits présents sur le marché 
 

La viande de veau : 
La part de la production locale est évaluée à 2 296 tonnes/an. Cela représente environ 68 % de la consommation régionale théorique de viande de veau et 26 % de la consommation
régionale théorique de viande bovine.

Ces grandes masses confirment très nettement le positionnement correct de la production locale sur ce créneau et sont d’autant plus prégnantes lorsque l’on sait que la viande de veau corse
constitue 95 % de notre production de viande bovine. Il y a donc spécialisation des producteurs locaux sur ce créneau.

La viande de bœuf : 
La viande de bœuf (corse et non corse) représente environ 62 % du marché de la viande bovine. On estime à 5 502 tonnes /an les volumes consommés avec une surreprésentation du bœuf non corse qui couvre  plus de 98 % de la demande. La part de la production locale (127 tonnes/an) est marginale.

Ces chiffres témoignent de la grande difficulté de la filière à se doter d’un cheptel reproducteur performant qui puisse tout à la fois favoriser le développement de produits conformés selon des cahiers des charges en adéquation avec les grands metteurs en marché et assurer un renouvellement régulier des élevages. L’absence de production de Bœuf Corse constitue un manque évident de valeur ajoutée pour cette filière dans la mesure où l’ensemble des produits de base (steak haché, brochette,…) sont fabriqués à partir de ces catégories d’animaux.

La commercialisation des produits 

Les éleveurs privilégient,  dans leur mode de commercialisation, la vente en circuit court . Les débouchés des produits indiquent la prépondérance des bouchers qui consommeraient la moitié de la production corse.

On note aussi l’importance de la vente directe à des particuliers qui se monte à un quart des ventes. Le
positionnement des grossistes et des groupements professionnels reste relativement minoritaire dans les stratégies de commercialisation des éleveurs corses et ne constitue pas, à ce jour, un mode d’écoulement des produits majoritaire. Les GMS et les restaurants ne sont absolument pas reconnus
comme étant des débouchés commerciaux satisfaisants pour les éleveurs corses qui préfèrent de loin travailler avec les boucheries de proximité. Néanmoins,si l’on considère la part des ventes de viandes bovines corses sur le marché local (environ 25 %) et la confusion des produits corses avec ceux provenant du continent, il apparaît que les acteurs principaux sont les grossistes et les GMS. Ce sont eux qui font le marché (le produit et le prix). Ainsi,l’atomisation de l’offre de viande corse, tout autant que les carences dans la maîtrise technique des produits aboutissent à une situation de dépendance commerciale de la filière régionale.

Le soutien public à la filière bovine en Corse 

Dans le cadre du contrat de plan, le soutien public à la filière bovine se répartit en deux volets :

L’aide aux actions collectives portées par les structures professionnelles :

Entre 2002 et 2005, les organisations professionnelles directement issues de la filière (hors action
sanitaire et SMAC) ont été soutenues dans le cadre de leurs actions par un engagement financier de 744 000 € qui ont donné lieu au paiement de la somme de 450 000 €.

L’aide individuelle aux éleveurs bovins, au titre du contrat de plan, soutient différentes actions telles que la maîtrise de la reproduction et de la conduite du cheptel, la maîtrise de la conduite au pâturage, de la production fourragère et de l’entretien de l’espace, l’amélioration de la distribution de l’alimentation, de l’hébergement et du transport des animaux, mais aussi l’aménagement des estives, les investissements liés à la gestion administrative des exploitation ou encore la création de structures de transformation.

Les acteurs de la filière

Les institutionnels

L’Office de l’élevage 

Regroupant depuis un an l’ancien OFIVAL et l’ONILAIT, l'Office de l’Elevage cherche à associer les acteurs économiques des filières aux décisions des pouvoirs publics pour gérer les marchés et développer ces filières. Plusieurs missions lui sont dévolues :

Analyser l'économie des filières et anticiper ses évolutions 
L’Office gère des systèmes
d’observation des marchés, afin d'en détecter les éventuels dysfonctionnements et d'essayer d'en prévoir les évolutions.

Informer et communiquer sur les produits et les métiers 
L'Office conduit des actions d'informations à destination du grand public, du consommateur/citoyen, de ses prescripteurs d'opinions visant à mettre en avant les efforts entrepris permettant d'assurer aux
consommateurs traçabilté, sécurité, et qualité.

Maintenir l'équilibre du marché et le revenu des producteurs 
L’Office assure la mise en œuvre des mesures communautaires prévues par les organisations communes de marchés dans le secteur des viandes. Il s'agit des opérations de retrait, de
stockage et de gestion des échanges avec les Pays hors CEE. Financée par l'Union européenne, cette mission a essentiellement consisté à gérer les excédents de production, puis, avec la réforme PAC de 1992, les primes compensatrices versées aux éleveurs.

Adapter les productions et les exploitations d'élevage 
Dans le cadre des contrats État - Région et des programmes nationaux, L’Office conduit une politique d'appui aux éleveurs, regroupés en "organisations de producteurs".Les programmes mis en œuvre portent essentiellement sur l'aide à l'appui technique aux éleveurs, l'aide aux investissements (bâtiments, équipements...), la diffusion du progrès génétique.

Conforter l'action des entreprises pour produire des viandes de qualité 
L'Office de l’élevage développe une stratégie de renforcement structurel des filières animales dans le but d’améliorer la compétitivité globale des différents secteurs. Il s’agit d’apporter un appui aux entreprises dans leurs efforts d’adaptation aux besoins du marché, d’orientation de la production au niveau d'un bassin naturel, de valorisation des productions régionales de qualité.

Fiabiliser les transactions du marché 
A l'instar des autres marchés agro-alimentaire, il s'agit d'établir des cotations fiables des divers produits, de rationaliser les opérations de pesée, classement et marquage des carcasses, afin de placer les
producteurs et les entreprises en aval dans des conditions comparables à celles des autres secteurs. L'amélioration de la fluidité des transactions, à partir d'un langage commun fiable, est la condition d'une meilleure gestion et d'une plus grande clarté du marché.

Les crédits OFIVAL inscrits au CPER sont gérés par l’ODARC.

Le Syndicat Mixte de l’Abattage en Corse (SMAC) 

Le Syndicat Mixte de l'Abattage en Corse est en charge de la gestion des abattoirs insulaires. A ce titre, il constitue un acteur inter filières incontournable de l'élevage en Corse. Créé par délibération n° 03/89
AC de l’Assemblée de Corse du 17 avril 2003, les membres constitutifs sont : la Collectivité Territoriale de Corse, l’Office du Développement Agricole et Rural de Corse, la Chambre Régionale d’Agriculture de corse, la commune de Cuttoli Corticchiato, la commune de Bastelica, la commune de Sartène, la commune de Porto-Vecchio. 

Cette institution récente a pour objet le développement, l'organisation et la promotion de l'abattage en Corse, mais aussi l'aménagement, la gestion et l’entretien des équipements d'abattoirs en lieu et place de ses membres.

Au titre du plan de relance, le SMAC est en charge de mener une stratégie de développement des outils dédiés à l’aval des filières d’élevage. Un rapport détaillé concernant ces orientations sera prochainement présenté à l’Assemblée de Corse.

Les organisations professionnelles

Les groupements d’éleveurs : coopératives et associations commerciales : 

Depuis 20 ans, 7 associations puis 2 coopératives d'éleveurs se sont constituées sur l’île, d’abord par bassin de production, avant de  rayonner aujourd’hui, pour les plus grosses, sur deux ou trois microrégions. 

Environ la moitié des éleveurs sont adhérents de ses structures qui possèdent peu de
moyens : seulement 3 d’entre elles emploient des salariés. Elles commercialisent une part parfois importante de leurs animaux, surtout vers les GMS et les  grossistes, plus rarement directement vers les bouchers (10 %). 

Aucune de ces associations ne contrôle un atelier de découpe pour traiter ses propres
carcasses. Elles sont donc dépendantes des grossistes pour cette opération et ne maîtrisent par conséquent pas directement leur traçabilité et de fait, la marge bénéficiaire sur ce travail de découpe.

La Fédération Régionale des Groupements de Défense Sanitaire du Bétail 

Créée en 2005, la FRGDSB20 cherche à relancer les actions sanitaires en Corse. Ayant recruté un vétérinaire, la fédération régionale anime des contacts avec les filières pour mettre en place des Plans Sanitaires dans chaque production. Les deux Groupements de Défense Sanitaire départementaux dont elle émane font le relais sur le terrain des projets conçus au niveau régional. 

Le représentant de la filière : CORSICA VACCAGHJI

Corsica Vaccaghji, Association Régionale des Eleveurs bovins a été créé en février 2003, consécutivement au souhait de l’Assemblée de Corse de disposer d’un interlocuteur unique pour la filière bovine.

Il était important qu’y soient représentés tous les types d’éleveurs bovins : son Conseil d’Administration regroupe 6 éleveurs pour chacune des 10 microrégions de l’île et les présidents des 5 associations
d’éleveurs qui ont voulu y adhérer.

L’association s’est donné pour objectif de :  
  • Défendre les intérêts de la profession
  • Améliorer les revenus et les conditions de vie des éleveurs
  • Faire prendre en compte les usages et les particularités de l’élevage en Corse
  • Permettre l’installation de jeunes sur la base de critères d’orientation clairement définis
  • Faire reconnaître la race bovine corse
  • Organiser la production par l’amélioration technique (génétique et sanitaire)

Corsica Vaccaghji dispose d’un salarié depuis deux ans, et s’efforce de mettre en place une démarche qualité qui permettra de faire reconnaître les spécificités et les qualités de la viande corse, afin de
regagner des parts de marché et se positionner durablement sur des prix rémunérateurs pour les éleveurs.

Elle anime le Comité Technique de la filière bovine,auquel participent depuis 2005 tous les techniciens, issus des Chambres d’Agriculture, de la Fédération Régionale des Coopératives Agricoles, des GDS et des associations micro régionales intervenant dans la filière.

Diagnostic de la filière bovine insulaire

Forces et faiblesses

Les principaux points faibles que l’on peut mentionner sont :

De sérieuses difficultés de commercialisation des volumes produits même durant les périodes de forte consommation : la production insulaire se trouve fortement marginalisée par les filières commerciales
d’importations de viandes, en position dominante sur le marché.

Une organisation atomisée de la production à l’échelle régionale sans coordination commerciale ;  uniquement quelques organisations de commercialisation avec un volume mis en marché trop faible pour associer les professionnels de l’aval à leurs démarches et pour peser sur le marché.

Pas d’existence de Signes Officiels de Qualité certifiant la qualité de la production insulaire malgré
ses atouts pour ce genre de démarche (conditions d’élevage au naturel,notoriété de l’origine), ni même de démarche permettant d’identifier le produit d’animaux nés et élevés en Corse

Une grande hétérogénéité dans le type et la qualité des viandes insulaires présentes sur le marché. 

Des élevages très divers et parfois peu productifs : problème de vieillissement du cheptel lié au
blocus sanitaire des exportations de bétail en vif et des carences de prospection sur le marché du bœuf : les vaches à réformer sont maintenues sur l’exploitation car le produit issu de leur vente couvre à peine le coût d’abattage. Cette situation participe à la fois, au phénomène de divagation des bovins sur la voie publique et dans les espaces privatifs mais aussi à l’accroissement des troupeaux pénalisant la productivité des élevages à l’hectare.

Une trop grande faiblesse de moyens techniques dédiés à l’encadrement de la filière par rapport au
nombre des élevages concernés.

Une problématique de maîtrise du foncier. Le système traditionnel de conduite des troupeaux (en
montagne mais aussi parfois en plaine) est basé sur une utilisation extensive des pâturages essentiellement constitués de parcours.

La place du parcours s’est progressivement accrue dans les systèmes d’élevage régionaux du fait,
notamment, du cadre règlementaire déterminant les modalités d’attribution des aides (en fixant le niveau des taux de chargement). Ainsi, pour maintenir le niveau de subvention sur les exploitations, les éleveurs ont du augmenter la surface de leurs pâturages ce qui a eu pour conséquences :
  • Une augmentation des parcours en maquis (foncier le moins coûteux)
  • Un morcellement des exploitations (problème de mobilisation du foncier) et donc une mauvaise maîtrise des surfaces souvent difficiles d’accès ainsi que du troupeau avec un risque accru de la divagation.
  • Au final, une diminution de la productivité à l’hectare

Cependant les éleveurs corses possèdent des atouts qu’ils entendent valoriser : 

Des exploitations et des systèmes d’élevage globalement adaptés à ce milieu méditerranéen difficile pour l’élevage

Un patrimoine génétique, la race bovine corse, qui constitue une base indispensable aux exploitations situées dans les zones les plus difficiles.

Des troupeaux qui sont les seuls à occuper, entretenir et créer de l’activité dans une large part de l’espace rural corse.

Des produits fondamentalement de qualité pouvant répondre aux attentes des consommateurs, en particulier à des demandes différentes de celles mises en avant par les filières commerciales dominantes.

Des efforts faits depuis 20 ans pour adapter la production et ses outils aux demandes changeantes du marché.

Menaces et opportunités

S’ajoutent aux difficultés présentes des inquiétudes précises pour les années à venir quant aux évolutions en cours et prévisibles de la PAC qui auront un impact dont les conséquences pourraient
être très défavorable aux systèmes d’élevage corses.

En libéralisant le marché (disparition de la sécurisation publique des volumes et des prix), la réforme va induire de nouveaux choix dans l’orientation productive des exploitations au niveau européen.

Ainsi, le positionnement sur le marché devient un élément déterminant dans les stratégies de développement de cette filière. Or, force est de constater que les produits issus de la filière bovine régionale souffrent d’une forte carence en terme de positionnement.

Le découplage total de la PSBM (Prime Spéciale aux Bovins Mâles) aura pour conséquence le
développement de produits importés de type « broutard » qui viendront concurrencer sur le marché local la principale production insulaire, le « Manzu », présentant des caractéristiques similaires.

Cet accroissement de la concurrence extérieure ne sera pas sans effet sur les prix et donc sur le niveau des revenus des exploitants insulaires qui connaissent déjà de grandes difficultés à écouler leur
production.

Il convient donc d’anticiper sur ces conséquences prévisibles en élaborant une stratégie qui participera à un meilleur positionnement des produits insulaires et en préservera le niveau des prix.

Enjeux et orientations stratégiques de la filière

Enjeux stratégiques de la filière 

  • Maintenir ou augmenter le niveau de rentabilité des exploitations et se préparer à l’évolution des aides bovines de la PAC à l’horizon 2013
  • Satisfaire en quantité et en qualité les attentes des acteurs de la filière et, au final, satisfaire les consommateurs
  • Impliquer durablement l’ensemble des maillons de la filière derrière la production corse en organisant la filière en interprofession
  • Faire reconnaître la spécificité et les qualités de la production insulaire.

 Enjeux stratégiques « sociétaux » et territoriaux 

  • Maintenir une activité d’élevage dans les zones rurales les plus reculées pour  entretenir et aménager l’espace rural
  • Assurer la sécurité des personnes : hygiène, divagation

Les axes d’orientation stratégiques de la filière bovine 

  • Améliorer le positionnement de la viande bovine insulaire sur le marché local
  • Renforcer les bases productives des exploitations
  • Promouvoir la production bovine insulaire

Le plan d’action relevant du plan de relance filière bovine s’appuie sur les références réglementaires
suivantes :

(CE) N° 1257/1999 du Conseil du 17 mai 1999 concernant le soutien au développement rural par le FEOGA
(CE) N° 2223/04 du Conseil du 22 décembre 2004 modifiant le règlement CE N°1257/1999
(CE) N° 1/2004 de la Commission du 23 décembre 2004 concernant l'application des articles 87 et 88 du traité aux aides d'Etat accordées aux petites et moyennes entreprises actives dans la production, la transformation et la commercialisation des produits agricoles


Améliorer le positionnement de la viande bovine insulaire

Objectifs 
  • Définir et identifier les produits
  • Différencier les produits sur le marché.
  • Segmenter le marché
  • Organiser l’offre
  • Homogénéiser la qualité des produits.
  • Légitimer l’identité des produits à travers une marque collective
  • Promouvoir la qualité des produits et leur spécificité
Différencier les produits permettra d’obtenir une homogénéisation des gammes de produits, une segmentation du marché (différenciation par rapport à d’autres types de viande) et enfin une meilleure
valorisation des produits offerts aux consommateurs.

On remarque qu’aujourd’hui la diversité des qualités rencontrées est due au fait que la dénomination de vente « veau de corse »  recouvre tous les types de produits (veau de lait, broutard, manzu), sans différenciation aucune de ces produits. Cela contribue à instaurer un flou commercial tant au niveau
des prix pratiqués que de l’hétérogénéité des produits rencontrés et génère une concurrence inégale.

Pour parvenir à atteindre cet objectif de différenciation, des étapes progressives doivent inscrire cet objectif dans un court et un long terme.

Dans un premier temps les efforts doivent porter sur la mise en place d’une démarche de reconnaissance de l’origine (première étape de différenciation avec les produits d’autres origines présents sur le même marché).

L’intérêt de cette étape est qu’elle permet d’engager aussi l’ensemble des metteurs en marchés (intermédiaires et distributeurs) autour de ce projet et pourra constituer une première base de relation commerciale sur des notions de qualité et de fournisseurs identifiés. Ceci aura pour effet d’organiser l’offre, d’initier et d’instituer un début de partenariat commercial de l’amont avec l’aval.

Le déploiement de cette action est décrit dans la fiche action N° 1 (Marque régionale).

Parallèlement et simultanément est entreprise une deuxième étape (effets à moyen terme) qui consiste à renforcer cette différenciation par un signe officiel de qualité. Sa mise en œuvre est déjà initiée depuis quelques années, les cahiers des charges définissant trois produits sont validés par l’ensemble des professionnels de la filière. (Fiche action N° 2 Certification).

Cette base constitue le point de départ d’un travail de certification mais des étapes de validation et de spécifications sont encore à réaliser avant d’engager le processus de reconnaissance officiel.

Un accompagnement technique (suivi des productions) adapté aux types d’exploitation devra être mis en œuvre afin d’allier le plus grand nombre de producteurs à cette démarche.

A plus long terme, la filière bovine pourra s’orienter vers une démarche plus spécifique de reconnaissance de type AOC ou IGP, en particulier pour les produits issus des élevages de bovins de race corse.

La race bovine corse fait partie du capital collectif insulaire et est un élément indispensable pour exploiter la plus grande partie de l’espace rural corse. Cette race très particulière de par sa rusticité,
présente d’indéniables potentialités d’adaptation en climat méditerranéen. Il s’agit d’un patrimoine génétique aujourd’hui menacé de disparition. Une intervention ciblée pour la préservation de cette race bovine spécifique à la région Corse, en stimulant sa présence et sa reproduction au sein des exploitations, assurera la pérennité de son existence.

La constitution et l’animation d’un réseau qui portera la démarche de préservation, seront soutenues (Fiche action N° 3 Race corse). Ces éleveurs fourniront à des zones plus favorisées des génisses assurant les meilleures rentabilités par leurs qualités maternelles.

De plus certaines certifications sont liées à une contrainte raciale. Cette démarche de préservation de la race est un élément indispensable d’une relance de l’élevage de montagne. Elle pourra être étendue
à un nombre d’élevage important lorsque les bases de la définition de la race seront posées, ce qui leur permettra de bénéficier d’éventuels programmes de soutien à l’amélioration génétique.

Même si elles ont des horizons de réalisation différents, ces trois étapes de la reconnaissance de la viande bovine corse participent de façon complémentaire et progressive à l’objectif d’optimisation du
positionnement des produits insulaires sur le marché en privilégiant une démarche qualité adaptée aux capacités productives des exploitations plutôt qu’en recherchant une plus forte intensité de leur niveau de production.

Ainsi ce travail s’inscrit réellement dans le temps avec des bases de construction successives qui permettront une réelle structuration de la filière. Les producteurs n’envisagent pas la certification comme un objectif à atteindre mais comme un outil de structuration, un outil permettant d’encadrer et d’homogénéiser la production dans un paysage de systèmes d’exploitations variés. Ainsi en s’inscrivant
autour d’une démarche collective, les producteurs et professionnels de la filière poseront les bases d’un intérêt commun essentiel au fondement d’une filière organisée.

delib_filierebovine2006.pdf DELIB_FILIEREBOVINE2006.pdf  (469.05 Ko)
mise_en_place_d_une_action_collective_filiere_bovine_1.pdf mise en place d'une action collective filière bovine.pdf  (437.42 Ko)