Collectivité Territoriale de Corse

Présentation de la concertation publique de la déviation de Sainte-Lucie de Porto-Vecchio le 8 novembre 2014

Jeudi 13 Novembre 2014



Pour rappel, le Schéma Directeur des Routes Territoriales de Corse définit une stratégie d’aménagements routiers, en cohérence avec les attentes des professionnels et des usagers. Pour assurer cette orientation stratégique, la Collectivité territoriale de Corse (CTC) alloue 600 M€ répartis sur 10 ans.
Un projet de déviation de Sainte-Lucie de Porto-Vecchio, sur la commune de Zonza, a logiquement été intégré à ce schéma directeur. En effet, dans cette agglomération, en période estivale, 15000 véhicules s’entrecroisent quotidiennement. Si l’activité touristique et économique a longtemps été « boostée » par l’attractivité de la microrégion, aujourd’hui, la situation provoque l’asphyxie, voire la paralysie du secteur.
La CTC a donc décidé d’engager un processus visant à solutionner ce « nœud » routier. Diverses hypothèses de tracés ont été étudiées. Imaginer s’appuyer sur l’actuelle RT 10 (ex RN 198) sur sa partie urbaine s’est avéré irréalisable. La configuration de la traversée, les commerces et habitations de part et d’autre de la chaussée obligeraient à une mutation radicale du paysage urbain, sans parler de l’impact économique !
Le plus cohérent des projets consiste donc à contourner Sainte-Lucie de Porto-Vecchio via deux possibilités, l’une à l’Ouest et l’autre à l’Est de la zone urbaine.
Si les études ont été entreprises depuis plus de 2 ans, le lancement de la concertation publique, du 13 au 26 novembre, confirme la volonté de doter l’Extrême Sud d’un réseau routier en lien avec son expansion.
Le projet d’aménagement proposé au cours de cette concertation publique démontrera l’intérêt de créer une nouvelle portion de route longue de 4,2 km, avec un ouvrage d’art de 120 m pour franchir le Cavu. En complément de cette réalisation, l’actuelle route territoriale sera requalifiée, transformée en boulevard urbain et déclassée en voirie communale.
Un nouvel axe routier qui se veut être un vecteur de développement économique, d’amélioration du cadre de vie, mais aussi de préservation environnementale. En effet, toutes les espèces, végétales et animales, feront l’objet d’une protection optimale. Quant aux aménagements réalisés spécifiquement pour la faune, ils mettront en valeur la richesse de la biodiversité insulaire.
Dans le domaine agricole, l’exploitation d’un arboriculteur a été appréhendée avec rigueur et ce, afin de maintenir son activité, le tracé retenu préconisant de longer ses plantations fruitières.
Un projet structurant à plus d’un titre et qui préserve la richesse écologique de la Corse. La CTC démontre une fois de plus la dimension régionale de ses actions, de ses préoccupations ! 

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Contexte général

Le ban communal de Zonza s’étend sur une superficie de 134,5 km2, entre mer et montagne. En plaine, Sainte-Lucie de Porto-Vecchio est à considérer telle une agglomération en plein essor où tourisme et activité économique contribuent à l’épanouissement de la commune.
Concernant le réseau routier, la RT 10 (ex RN 198) traverse le bourg. Un axe structurant correspondant également à l’unique liaison routière de la côte orientale de l’ïle, soit de Bastia à Bonifacio.
L’évolution croissante des activités socio- économiques sur cette zone a vu cette section connaitre une augmentation constante du trafic. De fait, cette route cumule aujourd’hui différents types de trafics, pas toujours compatibles les uns avec les autres.
En effet, trafic de transit et desserte locale se superposent, générant de nombreuses difficultés. En période estivale, le transit y est particulièrement important. Ces flux sont « entravés » par le carrefour avec les RD 168a et RD 168. Pour rappel, ces routes départementales desservent les plages et les structures touristiques de Pinarello, mais aussi le hameau de Tagliu Rossu et le village de Conca (par la RD 168).
Si des feux tricolores ont été mis en place, ces outils de régulation et d’organisation du trafic ne sont plus adaptés à l’absorption des 15000 véhicules quotidiens recensés durant les mois de juillet et août (réf. comptages automatiques réalisés en 2012 par la CTC à Fossi, commune de San Gavino di Carbini). Une période de l’année où les remontées de files atteignent fréquemment plusieurs kilomètres.

Ce phénomène de « bouchon » se reproduit à l’identique sur la RD 168a, c’est-à-dire en provenance des plages. En somme, quel que soit l’axe emprunté, les automobilistes sont donc confrontés à un « nœud » routier.
Si ce trafic a été le moteur d’une activité commerciale et touristique pour la microrégion, aujourd’hui, il atteint un tel niveau qu’il provoque l’asphyxie de Sainte-Lucie et porte préjudice à toute perspective de développement économique.
Grâce à l’opération portée par la CTC, les flux routiers s’appuieront sur une voie nouvelle. D'une longueur d’environ 4,2 km, contournant Sainte-Lucie de Porto-Vecchio, côté Nord elle prendra son origine au carrefour de la déchèterie. Au Sud, elle rejoindra la sortie du bourg, à la limite de commune de Lecci.
Parallèlement à la création de cette voie, la route territoriale existante, sur sa partie traverse de ville, sera requalifiée et déclassée en voirie communale avec un aménagement en boulevard urbain.
Le contexte environnemental est également appréhendé avec une rigueur absolue. La zone de projet est majoritairement « occupée » par du maquis et des espaces agricoles. En considérant un fuseau de 100 m de large (50 m de part et d’autre de l’axe, sur tout le linéaire du projet) pour une distance de 4,2 km, la surface totale de l’étude avoisine 50 hectares.
Aucune zone d’inventaire (ZNIEFF ou ZICO) ou de protection réglementaire (DIREN Corse) n’est concernée par le projet. Néanmoins, la richesse écologique de la zone d’étude représente une véritable mosaïque d’espaces naturels en interrelation. Les prairies de fauche entrecoupées par des fourrés arbustifs et périphériques à des boisements caducifoliés, voire de conifères, favorisent une importante diversité faunistique.
De fait, la création d’une infrastructure routière nouvelle s’appuiera sur une volonté ferme de préserver la qualité fonctionnelle des habitats et le développement des espèces.
Aussi, conformément aux objectifs du développement durable, les aménagements intégreront la dimension patrimoine naturel.
Un impératif est déjà fixé par les services compétents afin d’annuler, atténuer ou, a minima, compenser l’impact lié aux travaux à opérer.
L’ensemble de ce projet améliorera la sécurité et le cadre de vie des riverains, en optimisant les échanges de flux de transit et la desserte locale, tout en préservant la biodiversité. 

Présentation des variantes

A) Variante Ouest

Cette variante dite courte, s’articule au travers d’un aménagement sur place de la route actuelle sur environ 1 km, à partir de la déchèterie située au Nord pour contourner Sainte-Lucie de Porto-Vecchio par l’Ouest. Ce tracé tendu évite les exploitations agricoles et enjambe le Cavu dans un relief relativement tourmenté. Afin de limiter l’impact sur le bâti, un prolongement de 700 m du tracé vers le Sud a été étudié. Le raccordement à la route actuelle se faisant au Sud d’un camping.
Au regard du relief, ce projet de tracé imposera d’importants terrassements. D’autre part, la desserte du littoral, qui constitue une grande part du trafic en période estivale, ne bénéficierait pas de cet aménagement. Il apparait donc préférable de ne pas retenir cette variante.

B) Variantes Est

Il s’agit ici d’une famille de variante se décomposant en 2, à savoir un tracé long et un tracé court.
Le tracé long prend son origine au Nord, à proximité du chemin de Mangia Gatta, à environ 3,5 km de l’entrée de Sainte-Lucie de Porto-Vecchio. Le tracé est tendu, traverse des terrains en friche, longe en partie le lit du Cavu, pour passer à proximité de la déchèterie et de la station d’épuration. Un ouvrage d’art d’environ 120 m permet le franchissement du Cavu, au niveau d’une exploitation agricole traversée par cet aménagement routier. Une 1ère intersection se ferait avec le chemin de la Testa (en passage dénivelé), puis une 2ème avec la RD 168a en carrefour giratoire. Le tracé se poursuivrait dans un secteur alternant les zones boisées et les friches pour se raccorder à la route actuelle, à la sortie de Sainte-Lucie de Porto-Vecchio.
Le tracé court prend son origine au Nord, au niveau de la route d’accès à la déchèterie. Après le franchissement du Cavu, par un ouvrage d’environ 120 m, il rejoint le tracé dit long. Cette solution de tracé a été étudiée afin de limiter l’impact sur une exploitation agricole en la contournant par l’Ouest et, en reprenant ensuite le fuseau de la variante Ouest.
Cette famille de variantes permet de faciliter la desserte du littoral en soulageant la circulation au cœur de Sainte-Lucie de Porto-Vecchio. Toutefois, le tracé long n’apporte pas assez de garantie de faisabilité et de pérennité. En effet, sa situation en bordure du lit du Cavu peut s’avérer
problématique en termes d’hydrauliques et de stabilité des sols. Le franchissement du cours d’eau nécessiterait un ouvrage d’art beaucoup plus important et forcément, beaucoup plus couteux. 

C) Variante proposé dans la présente concertation publique

Une analyse de ces différentes variantes a été réalisée. À l’issue de celle-ci, il est apparu que la variante Ouest ne permettait pas la desserte du littoral, l’accès aux plages continuant de se faire par le centre de Sainte-Lucie de Porto-Vecchio. De plus, le relief aux abords du Cavu génèrerait des terrassements et des pentes en profils en long importants, ainsi que des difficultés pour le rétablissement de la RD 168a vers Conca.
La variante longue présente le principal inconvénient de traverser une exploitation agricole (plantation fruitière en pleine activité). De plus, sa situation à proximité des berges du Cavu peut poser des problèmes hydrauliques et de stabilité des sols.
Ainsi, la variante courte contournant l’exploitation agricole présente le meilleur compromis, limitant considérablement l’impact sur le milieu naturel et humain, tout en offrant de bonnes caractéristiques géométriques.
Cette variante est proposée avec 2 options dans sa partie centrale au niveau du croisement avec la RD 168a :
  • Le tracé A, qui contourne l’agglomération au plus près de l’urbanisation existante
  • Le tracé B, qui est plus décalé vers l’Est et s’éloigne des zones urbanisées. 

Caractéristiques géométriques des 2 tracés (A et B)

Le tracé retenu, d’une longueur de 4,2 km, répond aux caractéristiques géométriques d’une « catégorie de route R 80 », selon le Guide d’aménagement des routes principales édité par le SETRA, à savoir que les rayons minimum en axe en plan seront de 240 m (hors carrefours).
La voie nouvelle se raccorderait à la route actuelle par 2 carrefours giratoires, d’un rayon extérieur de 25 m et d’une largeur d’anneau de 8 m. Les études de projet définiront plus précisément la géométrie des carrefours giratoires.
Le projet dévierait la route territoriale actuelle par l’est et se décomposerait en 2 sections entrecoupées d’un carrefour giratoire situe sur la RD 168a. La route de la Testa serait rétablie par un passage supérieur.
Plus au Sud, une piste DFCI (défense de la forêt contre les incendies) serait également rétablie en passage dénivelé. Afin de renforcer les conditions de sécurité, aucun accès direct ne sera autorisé sur cet itinéraire.
La section Nord, jusqu’à la RD 168a, présenterait une succession de courbes et d’alignements droits d’environ 200 à 350 m de long ne permettant pas les dépassements. La section Sud, entre la RD 168a et le raccordement à la route actuelle, pourrait présenter 2 créneaux de dépassement d’environ 800 m (un dans chaque sens). Ces 2 seules zones de dépassement représenteraient approximativement 20 % du tracé.
Pour le franchissement du Cavu, un ouvrage d’art d’environ 120 m serait créé. Les caractéristiques géométriques de la voie nouvelles seraient ainsi constituées :
  • Longueur d’aménagement de 4,2 km
  • Rayons mini en plan de 240 m (catégorie de route R 80)
  • Chaussée à 2x1 voie, d’une largeur de 7,00 m, accotements bilatéraux de 2,00 m
  • 2 créneaux de dépassement (1 dans chaque sens) d’une longueur de 800 m
  • Ouvrage d'art d’une longueur de 120 m pour le franchissement du Cavu
  • Rétablissement des voies de communication existantes par la création d’un carrefour giratoire (RD 168a) et de 2 passages dénivelés (route de la Testa et piste DFCI)
  • Réalisation de 2 carrefours giratoires aux extrémités de la déviation (rayon 25 m)
    Parallèlement aux études techniques, des études hydrauliques et environnementales permettront de recenser les contraintes à respecter. Concernant l’environnement, il s’agit d’intégrer au projet un volet de préservation des espèces protégées via des aménagements spécifiques. Un réseau pluvial spécifique serait créé avec le positionnement de bassins de rétention. La transparence hydraulique de la voie nouvelle, avec la création d’ouvrage de rétablissement d’écoulement naturel et de modélisation du cours d’eau du Cavu au droit du projet, pour positionner les piles de pont et les culées.
    Dans le cadre de la création de la voie nouvelle, la traversée de Sainte-Lucie de Porto- Vecchio sera requalifiée en boulevard urbain. La déviation du trafic de transit permettrait de créer des aménagements urbains et de redynamiser cette zone. Pour rappel, cette portion de route territoriale serait alors déclassée en voirie communale. 

Objectifs de l’opération

  • Dissocier le trafic de transit et celui de la desserte locale
  • Améliorer la sécurité et le cadre de vie des riverains de Sainte-Lucie de Porto-Vecchio
  • Améliorer la sécurité et le confort des usagers en transit par la création d’une route aux caractéristiques géométriques conformes au guide de l’Aménagement des routes principal (ARP)
  • Favoriser l’accès aux plages et aux villages de l’intérieur. 

Le coût de l’opération se décomposerait comme suit :

Présentation de la concertation publique de la déviation de Sainte-Lucie de Porto-Vecchio le 8 novembre 2014