Collectivité Territoriale de Corse

Recherche / Inventaire - Savoirs et Savoir-faire

Jeudi 6 Octobre 2011

Ce pôle « recherche » se propose de regrouper les 2 secteurs patrimoniaux suivants : celui de l’inventaire du patrimoine culturel et celui des savoirs et savoir-faire, dont la complémentarité et l’interdépendance méritent d’être soulignées.



L’inventaire du patrimoine culturel


L’inventaire du patrimoine culturel a été transféré à la CTC par la loi de 2002 sur la Corse

Recherche / Inventaire - Savoirs et Savoir-faire
Entreprise de connaissance, l’inventaire du patrimoine culturel, transféré à la CTC par la loi de 2002 sur la Corse et inscrit dans celle du 13 août 2004 relative aux libertés et aux responsabilités locales « recense, étudie et fait connaître les éléments du patrimoine qui présentent un intérêt culturel, historique ou scientifique » (cf. article 95.1).

Les opérations topographiques d’inventaire ont concerné à ce jour 44 % du territoire insulaire. Des enquêtes thématiques sur le patrimoine scientifique et technique, sur les cathédrales et pro-cathédrales de Corse ainsi que sur les retables des XIV-XVe siècles ont également été conduites.

Ces travaux, progressivement mis en ligne après validation, ont donné lieu à des dépouillements documentaires, à la constitution d’environ 3 000 dossiers d’œuvres (architecture et objets mobiliers) normalisés, à la réalisation de 43 350 photographies et à leur indexation. Certains d’entre-eux ont , entre autre, été valorisés par des publications spécifiques (canton des Deux-Sevi) ou dans le cadre de réalisations transversales avec le Musée de la Corse (colloque « 2000 ans de Christianisme », exposition, catalogue et actes de colloque relatifs au patrimoine industriel, exposition et catalogue sur les confréries ...) ou avec les services de la DPAT dans le cadre des journées du patrimoine (expositions et brochures relatives à l’architecture de la villégiature, aux cathédrales et pro-cathédrales de Corse, à la statuaire du XIXe siècle ... ).
Ils l’ont également été lors des tables rondes à l’ambassade de France à Rome, réunissant universitaires et conservateurs français et italiens (18 octobre 2010 ).

En poursuivant ses travaux d’identification des biens matériels et immatériels de la Corse conformément à la méthodologie et aux instruments de recherche scientifique de l’Inventaire Général, l’inventaire se donne pour objectif de rendre accessible à tous la richesse et la diversité du patrimoine dans le dialogue incessant que ce dernier noue avec les territoires urbains et ruraux dans lesquels il s’inscrit et avec les hommes qui les composent. Il se propose par ses études topographiques et thématiques ainsi que par la constitution d’une documentation normalisée de faire émerger les constantes, les dominantes et les singularités en les mettant en perspective avec celles du bassin méditerranéen occidental, mettant ainsi en relief les marqueurs d’identité que sont le patrimoine architectural et mobilier, les maîtres d’ouvrage et commanditaires et les aires de référence de création artistique de ces derniers. Par là même, l’inventaire contribue au rayonnement et à la prise de conscience de l’identité de la culture corse.

Par le croisement des connaissances et des approches, il se propose d’offrir une lecture innovante de l’espace patrimonial dans son épaisseur historique, contribuant à sa sauvegarde, au développement des territoires, à la mise en œuvre de nouvelles structurations de l’espace...
Il se propose aussi de contribuer au renforcement des solidarités en invitant tout un chacun à s’approprier une histoire commune.

L’inventaire du patrimoine culturel se propose de satisfaire aux axes suivants :

  • Axe 1 : Rendre accessible le patrimoine
- Mise en ligne des données patrimoniales textuelles, graphiques et iconographiques, après validation des enquêtes.
- Réalisation d’une cartographie numérique patrimoniale et géo-référencement l’accompagnant, pour une aide à la prise de décision en matière d’aménagement du territoire et de valorisation des sites.
- Constitution d’une banque d’images numériques se rapportant à l’architecture et aux objets mobiliers.
- Mise en place du dossier électronique commun aux 26 régions.
- Rédaction de manuscrits pour des publications papier ou numérique, participation à des colloques, séminaires...

  • Axe 2 : Rayonnement de la Corse et de son identité en Méditerranée
- Renforcer les collaborations avec les institutions scientifiques, locales, nationales et étrangères.
- Poursuivre les travaux de partenariat avec l’Institut national d'histoire de l'art (INHA) relatifs au recensement et à l’identification des peintures italiennes ornant les églises de Corse, en vue de l’enrichissement de la connaissance.
- Poursuivre la collecte des sources relatives à l’Histoire et au Patrimoine de la Corse dans les différents centres de ressources continentaux et étrangers. L’initier pour la Péninsule ibérique, Malte, le Maghreb..., afin de mettre en relief la place -carrefour d’échanges culturels- de la Corse en Méditerranée.

  • Axe 3 : Les enjeux de la conservation
Constituer une documentation patrimoniale textuelle, cartographique, photographique, homogène et pérenne, la sauvegarder, conformément aux prescriptions et aux normes de l’Inventaire Général.

  • Axe 4 : Modernité et développement durable
- Utilisation de supports numériques pour la production de dossiers d’œuvres.
- Contribution à la constitution d’un atlas de l’architecture et du patrimoine, outil de restitution et de diffusion de la connaissance sous forme de cartes et de plans, « répondant aux intérêts de la recherche, de la protection, de la gestion et de la valorisation du patrimoine et plus généralement à l’information du public, des aménageurs publics et privés, en garantissant la capitalisation historiée des données, leur pérennité, leur circulation et leur accessibilité. Il participe au développement de systèmes d’information cohérents et à leur inter- opérabilité ainsi qu’à l’interconnexion et au partage de ressources en réseau ».
- Participation au projet de création d’un portail patrimoine.

  • Axe 5 : Mise en réseau et constitution de pôles de référence
- Aide à la mise en réseau des villes historiques et à l’élaboration de projets patrimoniaux transversaux.
- Mise en réseau avec des institutions patrimoniales italiennes telles les surintendances, l’Archivio di Stato, le Catalogo...
Création d’un portail avec les institutions patrimoniales et muséales de l’île.

  • Axe 6 : Ingénierie et prospective
- Accompagnement des collectivités et des associations dans leurs travaux d’identification des biens culturels matériels et immatériels de leur territoire.
- Validation des résultats d’opérations d’inventaire conduites en partenariat.
- L’inventaire devra être consulté lors de l’établissement des divers documents d’urbanisme, en raison de son expertise patrimoniale.

  • Axe 7 : Concertation et aménagement culturel du territoire
- Participation aux projets transversaux de valorisation de la recherche.
Renforcement des liens avec le Musée de la Corse et les musées des Beaux-arts.
Renforcement des liens avec les services patrimoniaux de l’île.

Savoirs et Savoir-faire


Depuis plusieurs décennies, de nombreuses structures patrimoniales, véritables marqueurs d’identités, évoluent sur le territoire corse

De nouvelles structures voient le jour actuellement, témoignant d’une tendance à la valorisation des patrimoines sociaux (notamment historiques et ethnographiques) de l’île.

Il est possible de les définir selon la typologie suivante :

• Musées hors label « Musées de France »
Plusieurs projets, prenant la forme de petits musées ont vu le jour dans l’île depuis les années 1970. Il s’agit de musées de sociétés conservant et valorisant, dans des conditions souvent difficiles, des collections d’histoire et d’ethnographie dignes d’intérêt et renfermant également la mémoire de membres passionnés et érudits.
• Lieux de mémoire
Les lieux de mémoire sont des structures mobilisant, en un lieu spécifique, la mémoire de groupes appartenant à la société civile. Qu’il s’agisse de mémoires fédérant l’ensemble de la communauté insulaire, en lien avec des évènements ayant marqué l’histoire de la Corse, ou de mémoires plus intimes, à échelle villageoise, la valorisation de ces lieux, socles d’une meilleure connaissance du passé, est un enjeu pour permettre une projection sereine dans l’avenir.
• Centres d’interprétation des patrimoines
Parallèlement, des démarches ayant pour objectif l’interprétation et la présentation des sites culturels patrimoniaux ont vu le jour. Traitant de thématiques très variées, allant de l’histoire aux savoirs et savoir-faire, ces structures communiquent le sens d’un élément patrimonial particulier. Leur objectif est donc de contribuer à une conservation durable des patrimoines tout en participant à leur réappropriation et à leur réinvention.
Profondément ancrées à une échelle micro-locale, ces structures abordent des thématiques relatives à l’ensemble de la Corse et, plus globalement, à tout le bassin méditerranéen. Elles sont garantes de la diversité culturelle et linguistique d’une île aux identités plurielles.
Ces structures patrimoniales font référence à des évènements historiques, des localités, des aires d’établissement, des contextes de production, etc., dont la signification historique et culturelle est reconnue. Leur insertion dans des contextes territoriaux divers, leur histoire et le profil des acteurs qui les mènent engendrent un large ensemble de thématiques traitées, de disciplines abordées et de statuts choisis.
Ces sites, qu’ils soient existants ou en projet, sont portés par de petites communes ou des associations. Il apparaît que les acteurs qui les mènent sont aujourd’hui en demande d’un soutien concerté à échelle régionale en matière d’étude, de conservation et de valorisation.
La faiblesse des moyens dont ils disposent afin de gérer leurs patrimoines matériels et immatériels rend difficile les choix d’actions qu’ils doivent entreprendre, et également leur articulation entre eux et leur connexion à l’extérieur.

La CTC, conformément à son rôle de chef de file dévolu par la loi n° 2002-92 du 22 janvier 2002 relative à la Corse concernant le transfert de compétences, est seule en mesure de déterminer, pour le territoire corse, l’accompagnement en vue de la protection, de mise en valeur et de développement de ces patrimoines d’une importance primordiale au sein des différentes microrégions.

Conformément aux nouvelles orientations portant sur l’accessibilité à la culture, l’ancrage de l’identité corse dans la modernité et le développement durable, 3 axes sont définis

Recherche / Inventaire - Savoirs et Savoir-faire
  • Axe 1 : Rendre accessible le patrimoine
Réaliser en lien avec les structures des études de recherche fondamentale sur le terrain et en archives dans des domaines lacunaires afin de restituer aux acteurs des données scientifiques de base.
Rendre plus lisibles les structures en les réunissant sous un même portail multimédia proposant aux visiteurs potentiels des éléments d’information sur les thématiques traitées (avant visite du site) et leur permettant également d’échanger avec les acteurs détenteurs de la mémoire des lieux concernés
Organiser des séminaires et des colloques selon des périodicités régulières

  • Axe 2 : Rayonnement de la Corse et de son identité en Méditerranée
Développer des liens thématiques au niveau national et transnational afin d’offrir aux structures des perspectives de collaboration à l’extérieur.
Insérer la CTC au sein de réseaux nationaux et transnationaux afin d’échanger des expériences et des compétences.

  • Axe 3 : Les enjeux de la conservation
- Assurer la conservation du patrimoine matériel et immatériel des structures afin de garantir la transmission de ces marqueurs d’identité aux générations futures.

  • Axe 4 : Modernité et développement durable
- Contribuer à la mise en place d’outils numériques, favorisant l’égalité d’accès à la connaissance renforçant les solidarités.

  • Axe 5 : Mise en réseau et constitution de pôles de référence
Insérer l’ensemble des structures patrimoniales locales au sein d’un réseau cohérent, complémentaire et signifiant, afin de les fédérer à l’échelle de l’île.
Constituer des pôles de référence par domaine.

  • Axe 6 : Ingénierie et prospective
Accompagner, en lien avec l’Inventaire et le Musée de la Corse, les structures patrimoniales, au niveau scientifique et technique, juridique et financier, afin d’œuvrer à la lisibilité des actions de la CTC dans ces domaines.
Développer des liens avec les acteurs sur le terrain afin de les impliquer et de leur fournir des outils de base généraux en matière de gestion des patrimoines dont ils ont la charge.
Mettre en place une veille concernant la perception des patrimoines sur les territoires au sein de groupes de travail réunissant les acteurs de la patrimonialisation (scientifiques, propriétaires, représentants de la société civile, du monde économique, social et culturel, etc.).

  • Axe 7 : Concertation et aménagement culturel du territoire
- Définir, en lien avec les acteurs locaux, des thématiques scientifiques cohérentes à échelle régionale et faisant sens pour les microrégions, permettant de donner naissance à de nouvelles structures ou de conforter les existantes dans une perspective d’aménagement du territoire.

Parmi les axes de recherches sur lesquels les études doivent être lancées ou approfondies, le patrimoine industriel s’affirme comme un des marqueurs du paysage insulaire. La présence de friches industrielles rappelle que l’Île a su s’engager dans d’autres voies que celles de l’agriculture, l’élevage ou le commerce. Durant près d’un siècle, l’exploitation forestière, des mines et des carrières ont été des activités majeures du développement économique de la Corse.

L’exposition « Corse industrielle, 1830-1960 » qui s’est tenue au Musée de la Corse en 2005 a consacrée la richesse et la diversité des activités humaines au cours des siècles, de la mise en œuvre de savoirs et savoir-faire communs à la Méditerranée occidentale ou au contraire spécifiques à la Corse. Le patrimoine industriel comme le patrimoine artistique, renvoie à des aires de références culturelle, scientifique et technique. Il témoigne de la capacité de l’île à s’approprier des innovations scientifiques et techniques et à les mettre en œuvre, voire être à la source d’innovations. Si ces activités sont désormais délaissées, leurs traces s’inscrivent encore dans l’espace et demeurent un précieux héritage qu’il importe de se réapproprier.