Collectivité Territoriale de Corse

Remise du Prix de la Collectivité Territoriale de Corse 2009 le 15 juillet 2010

Jeudi 15 Juillet 2010



Remise du Prix de la Collectivité Territoriale de Corse 2009 le 15 juillet 2010
Le Prix de la CTC 2009 sera officiellement décernés aux lauréats, le jeudi 15 juillet 2010 à 16h30 à l’Hôtel de Région par Paul Giacobbi, Député et Président du Conseil exécutif de Corse et Dominique Bucchini, Président de l ‘Assemblée de Corse, en présence de Marie-Jean Vinciguerra, Président du Jury et de nombreuses personnalités du monde politique et culturel.

Historique du Prix de la Collectivité Territoriale de Corse


Institué en 1984 par l’Assemblée de Corse dans le cadre de sa politique en faveur de la langue et de la culture corses, le Prix de la Collectivité Territoriale de Corse récompense chaque année, les deux meilleures œuvres littéraires ou scientifiques relatives à la Corse, rédigées en langue corse et en langue française.

Chacun des deux prix est doté de 5 000 euros, directement attribués aux auteurs primés.

Le jury du Prix de la Collectivité Territoriale de Corse

Le jury du Prix de la Collectivité Territoriale de Corse est composé de dix-huit membres, élus ou désignés pour la durée du mandat de l’Assemblée de Corse et répartis comme suit :
  • Le Président du Conseil exécutif de Corse 
  • Le Président de l’Assemblée de Corse 
  • Neuf conseillers territoriaux représentant les groupes politiques de l’Assemblée de Corse.
  • Sept personnalités qualifiées, extérieures à la Collectivité Territoriale de Corse, désignées en raison de leurs compétences dans les domaines relevant du Prix. Trois d’entre elles sont désignées par le Président du Conseil exécutif (Jacques Fusina, Marie-Hélène Ferrandini, Dominique- Antoine Geronimi), deux par le Président de l’Assemblée de Corse (Marie-Jean Vinciguerra et NN), et deux par le Président du Conseil économique, social et culturel de Corse (Pierre Agostini et Patrick Salvatorini).

Le Président du jury, Marie-Jean Vinciguerra, est élu pour trois ans au scrutin secret parmi les sept personnalités extérieures à la Collectivité Territoriale de Corse.

Le Prix de la Collectivité Territoriale de Corse 2009

L’ensemble des ouvrages admis à concourir pour le Prix de la Collectivité Territoriale de Corse 2009, sont ceux parus entre octobre 2008 et le 30 septembre 2009.

Sont éligibles les œuvres littéraires ou scientifiques relatives à la Corse qui sont adressées par les auteurs ou les éditeurs à la Collectivité Territoriale de Corse.

Le Jury du Prix de la Collectivité Territoriale de Corse s'est réuni le 18 novembre 2009 sous la présidence de Marie-Jean Vinciguerra, afin de déterminer, parmi les trente-cinq ouvrages en lice, ceux constituant la présélection.
Cinq ouvrages en corse et cinq en français ont ainsi été retenus.
Il s’agit, pour les livres en langue corse, de : 
  • "Antulugia bislingua di a literatura corsa" de Jean-Guy Talamoni, aux éditions DCL 
  • "Brassens – Puemi è canzone" de Pierre-Joseph Ferrali, aux éditions Colonna 
  • "Murtoriu" de Marcu Biancarelli, aux éditions Albiana 
  • "Puesie di a curtalina" de Sonia Moretti, aux éditions Albiana 
  • "Vaghjimi spizzati" de Alanu Di Meglio, aux éditions Albiana

et, pour les livres en langue française, de :
  • "La Corse comme elle vient" de Xavier Versini, aux éditions Alain Piazzola 
  • "Le bilinguisme dans l'école de la République" de Pascal Ottavi, aux éditions Albiana 
  • "Papiers d'identité(s)" de Jacques Thiers, aux éditions Albiana 
  • "Pulitichella et autres histoires qu'il ne faut pas dire" de Petr'Anto Scolca, aux éditions Albiana 
  • "Roger Ristori, l'Africain" de Jean-Claude Macé, aux éditions Teramo.

Le jury s'est ensuite réuni le mercredi 9 décembre 2009 sous la présidence de Marie-Jean Vinciguerra, pour désigner, parmi les ouvrages présélectionnés, les lauréats du Prix 2009 en langue française et en langue corse.

Le Prix de la CTC 2009 pour l’ouvrage en langue française est décerné à Pascal Ottavi, professeur de langue corse à l'Université de Corse pour "Le bilinguisme dans l'école de la République ? – Le cas de la Corse" publié aux Editions Albiana. Cette œuvre constitue une étude de référence sur l'enseignement des langues régionales, l'avenir du bilinguisme et les moyens de le consolider.

Le lauréat pour l’ouvrage en langue corse est Sonia Moretti, jeune auteur originaire de Lentu, pour son deuxième recueil de poésies "Puesie di a curtalina ", publié aux Editions Albiana.

Meilleur ouvrage en langue corse, " Puesie di a curtalina ", Sonia Moretti

Remise du Prix de la Collectivité Territoriale de Corse 2009 le 15 juillet 2010
Présentation de l'auteur
Jeune auteur originaire de Lentu, Sonia Moretti est née à Ajaccio en 1976. Elle reçoit le Prix Andria Fazi en 1994, Elle affirme sa plume trempée de poésie dans l’atelier d’écriture du Centre Culturel Universitaire, tandis qu’elle poursuit ses études de Corse. Plusieurs fois primée pour ses nouvelles et ses poèmes, parolière recherchée par les groupes et les chanteurs. Elle s’est imposée aujourd’hui comme l’une des figures majeures de la production littéraire Corse. Elle a, entre autre, publié dans les recueils collectifs, A prosa faci prò (Albiana 1997), Scunfini (Albiana/ BU 1999), Aliti – Scontri puetichi recueil de poésies par des jeunes poètes contemporains (Albiana/ CCU 2002), tandis qu’un premier recueil de poésies paraissait en 2003 Discrittura (Albiana/ CCU),

Présentation de l'ouvrage : Puesie di a curtalina

Après un premier livre beau dans l'expression mais qui trahissait les hésitations du jeune écrivain, voici une œuvre vibrante de profondeur, maîtrisée, pleine de bonnes surprises. Je ne vous dis que cela et vous invite à vous précipiter dessus. Ce recueil de plus de 200 pages à consommer sans modération.

Meilleur ouvrage en langue française " Le bilinguisme dans l'école de la République ? - Le cas de la Corse ", Pascal Ottavi

Remise du Prix de la Collectivité Territoriale de Corse 2009 le 15 juillet 2010
Présentation de l'auteur
Pascal Ottavi est né en 1956 à Ajaccio, est marié et a deux enfants. Il obtient son Baccalauréat en 1973 et est titulaire d’un doctorat en sciences de l’éducation (2004). Pascal Ottavi a été instituteur de 1976 à 1988, conseiller pédagogique en langue régionale de 1988 à 1992, professeur de langue et culture corses de 1992 à 1996 Formateur en langue et culture corses à l’IUFM de Corse, de 1996 à 2005 Il est Docteur en sciences de l'éducation avec : "Le bilinguisme dans l'école de la République ? Le cas de la Corse", Thèse de Doctorat en Sciences de l'éducation, soutenue le 29 octobre 2004 à l'Université Pasquale Paoli de Corse, sous la direction de Messieurs les Professeurs J.L. DEROUET et J. FUSINA. Il est actuellement Maître de conférences en sciences de l’éducation à l’Université de Corse et doyen de la faculté des lettres. Pascal Ottavi consacre ses activités de recherche à l’évolution du curriculum scolaire en Corse. Sa démarche s’inscrit dans le cadre global de l’UMR « Lieux, Identités, eSpaces et Activités » (LISA), qui a pour objectif principal l’étude des relations sociétés-nature à la fois dans leur dimension spatiale, leur dimension temporelle et leur dimension symbolique. A travers les processus de patrimonialisation dont elles font l’objet, lesdites relations constituent l’enjeu d’une nouvelle culture commune à construire, elle-même ciment d’une possible citoyenneté actuellement en débat. Or cette dernière passe traditionnellement par le filtre d’une scolarité reposant sur une adhésion individuelle à des valeurs abstraites et universelles, fruit de l’intégration de savoirs et de normes issus du travail de la Raison, comme l’a particulièrement montré l’œuvre de Michel Foucault. Par ses activités scientifiques, largement basées sur le recueil et l’analyse de données empiriques, il entend mettre en évidence les liens entre problématique identitaire, problématique linguistique et question scolaire.

Présentation de l'ouvrage

Cette œuvre constitue une étude de référence sur l'enseignement des langues régionales, l'avenir du bilinguisme et les moyens de le consolider. À quoi sert d’apprendre le corse ? Que faire d’une telle langue à l’heure de l’ouverture européenne et de la mondialisation des échanges ? D’ailleurs, plutôt que de langue, ne devrait-on pas parler de dialecte, voire de patois ? Et s’il s’agit effectivement d’une langue, sa forte connotation patrimoniale ne souffrirait-elle pas d’obsolescence à l’heure du “village planétaire” et de l’avènement d’un code linguistique à la hauteur d’une proximité universalisée, l’anglais ? Voici un ensemble de
questions qui n’ont rien d’inattendu sitôt que l’on aborde le problème de l’enseignement d’une langue régionale à l’école. Mais qui ont toutes les chances de se faire plus inquiètes et véhémentes si l’on en vient à évoquer l’hypothèse d’un enseignement bilingue qui pourrait s’appuyer sur l’occitan, le basque, le corse, le créole...
À cette première série d’interrogations vient alors s’en ajouter une autre : que devient, dans ces conditions, l’école de la République ? Que devient l’unité de la Nation dont elle constitue le creuset et le garant historique ? Qu’advient-il des savoirs universels qu’une longue et infatigable chaîne de savants, d’hommes illustres et de responsables ont su construire, accumuler puis imposer et que de discrets et innombrables agents (missionnaires?) aux tenues sombres et austères, dévoués au bien public, sont parvenus à diffuser dans les massives bâtisses érigées à l’heure enfin advenue du triomphe de la Raison ? Quels savoirs de substitution va-t-on intimer de propager à l’institution scolaire ? Va-t-on assister à l’expansion irréversible des coteries, des brigues et des communautés libérant dans leur sillage un torrent de connaissances irrationnelles, de mythes et de fables ? Va-t-on découvrir, frappés d’impuissance bien que quasiment parvenus à l’étape de la langue universelle, à la malédiction d’une fragmentation babélienne de l’espace linguistique national ? Va-t- on subir, pétrifiés de stupeur, l’effondrement d’une volonté de vie commune scellée par les institutions démocratiques et symbolisée par l’action de l’école ?
L’étude ici proposée tentera d’apporter quelques lumières sur ces deux problématiques pour lesquelles l’intérêt du public, lorsqu’il existe, ne se manifeste pas toujours avec la plus grande sérénité, c’est le moins que l’on puisse dire. Elle couvrira pour cela les enseignements primaire et secondaire, tout en accordant sa préférence au premier, sans doute plus illustratif d’une rupture avec un ordre traditionnel de la chose éducative. S’intéressant au projet de socialisation de la jeune génération et postulant pour celle-ci un mode d’acculturation original mais inséré dans une modernité plus partagée que l’on ne pense, elle s’inscrit dans une sociologie de l’éducation qui privilégie différents champs : celui des savoirs, savants et scolaires, à travers l’histoire des disciplines, leur développement, leur épistémologie et leur mode de transmission, celui du curriculum prescrit à travers les programmes et les examens nationaux, celui du curriculum réel enfin, c’est-à-dire ce que font concrètement les acteurs des recommandations nationales, des principes et des valeurs.

dp_prix_de_la_ctc2009_1.pdf DP Prix de la CTC2009.pdf  (1.08 Mo)