Collectivité Territoriale de Corse

S’approprier les outils de la modernité - Promouvoir l’innovation et le développement durable

Mardi 22 Novembre 2011



La culture et le patrimoine, outils de cohésion sociale, de développement économique sont à la fois acteurs et fondements de la modernité. Il est donc aujourd’hui nécessaire d’intégrer la modernité et l’innovation dans l’expression des activités culturelles et la gestion du patrimoine à des fins de développement car il apparaît bien que la culture et le patrimoine participent à l’attractivité de notre territoire.


Sur l’aspect modernité-innovation

Le recours aux supports multimédia qui, décuplent toutes les potentialités et permettent d’ouvrir d’innombrables horizons dans l’expression de la création contemporaine et les moyens de diffusion de notre culture et de notre patrimoine doit être encouragé. Ces supports évoluant très vite, impliquant une interaction forte et structurée entre les domaines artistiques, techniques, financiers et de production sont une réelle chance pour notre région qui a trop eu à pâtir, également dans le domaine culturel, de l’handicap de l’insularité.

 

La CTC est amenée à mettre en place des outils structurant de promotion et d’information sur Internet. Il est ainsi proposé de créer un site « portail » Culture et Patrimoine intégrant notamment

  • une plateforme de téléchargement dans la filière industrielle de la musique,
  • un portail de la création audiovisuelle insulaire (VOD),
  • un portail du livre de la Corse,
  • ou encore une galerie virtuelle (arts plastiques),
  • un portail patrimoine avec la mise à disposition de tous par le Musée de la Corse des recherches réalisées dans la préparation de ses expositions et surtout ses collections : objets, images fixes ou animées, fonds sonores.
  • Enfin, le projet de la Bibliothèque de Corse doit être poursuivi et réalisé.
     

La même logique doit présider à la mise à disposition du plus grand nombre des fonds documentaires patrimoniaux détenus par la CTC. En 1er lieu pourraient être rendus accessibles les bases documentaires de l’Inventaire : Palissy, Mérimée. De la même façon, le public pourrait avoir accès à l’ensemble des informations relatives à nos grands sites archéologiques, à nos monuments en cours de restauration (cathédrale, citadelles, chapelles à fresques). Cette base de données pourrait également s’enrichir de la contribution des musées soutenus par la CTC et seraient mis en ligne les catalogues des collections et des diverses expositions organisées avec le concours de la CTC.
 

Tout autant, il conviendra de s’attacher à accompagner la mutation technologique des industries culturelles, notamment dans le secteur de l’audiovisuel et du cinéma en ouvrant de nouveaux champs de créativité autour de la réalité augmentée et de poursuivre l’action de modernisation et de numérisation des salles de cinéma insulaires.
 

Afin de favoriser l’emploi de ces nouvelles technologies dans le domaine de la création artistique, il est proposé l’organisation d’une journée annuelle de Foire au Multimédia adossée à une manifestation culturelle d’envergure. Ainsi, dans un lieu unique, pourraient échanger les créateurs, ingénieurs et techniciens, producteurs et financeurs de projets de l’île. Des invités extérieurs pourraient ouvrir la production insulaire aux expériences innovantes.


Sur l’aspect environnemental du développement durable

Il apparait bien que toute réflexion prospective et de surcroît, toute définition de nouvelles orientations politiques ne peuvent être menées sans la prise en compte de leur impact environnemental et leur intégration dans la politique du développement durable.

 

Ainsi, la diversité culturelle fait écho à la biodiversité naturelle et de fait, la destruction entamée de l’équilibre des écosystèmes animaliers et floraux nous renseigne sur la fragilité des écosystèmes artistiques et culturels.
 

La Déclaration universelle de l’Unesco sur la diversité culturelle   érige la diversité culturelle au rang de « patrimoine commun de l’humanité », « aussi nécessaire pour le genre humain que dans l’ordre du vivant ». La comparaison est également pertinente lorsque l’on prend en considération les conditions actuelles de la production et de la diffusion des œuvres qui uniformisent ou contrarient toute proposition non conforme au moule du marché des industries culturelles.
 

La Culture, le Patrimoine traversent les 3 dimensions que le développement durable et solidaire a identifiées comme constitutives de l’activité humaine : écologie, économie et social :
 

  1. le champ écologique au travers de la gestion des sites,
  2. le champ économique par le mode de production spécifique aux activités culturelles
  3. le champ social au travers de la relation aux différents publics, artistes, équipes et intervenants, et aux populations.

 

La relation à l’art, dont la présentation est dépendante de ces 3 dynamiques, se situe à cette intersection : environnement, économie, société. En conséquence, la Culture et le Patrimoine sont un domaine d’actions où le développement durable et solidaire s’applique à part entière.
 

Ainsi, le patrimoine participe à la valorisation et à la protection des sites environnementaux et il s’inscrit pleinement dans la politique de développement durable qui est poursuivie et qui prend en compte les volets sociaux, économiques et environnementaux.
 

Une mesure originale marquée du sceau de l’innovation et du développement durable pourrait être, dans le domaine de la politique de la restauration des bâtiments, le remplacement de matériaux coûteux et inappropriés par des matériaux locaux dont les qualités sont reconnues à l’échelon européen.
 

De même, le domaine culturel est concerné par cette nouvelle dimension des politiques publiques dans la mesure où les manifestations et évènements, plus ou moins importants, de la vie culturelle, les multiples activités quotidiennes dans les établissements d’enseignement et de diffusion artistiques, les nombreux produits industriels utilisés dans les pratiques culturelles ont un impact certain sur l’environnement.
 

La CTC pourrait donc s’engager, dans le cadre de sa démarche d’ensemble en faveur du développement durable, dans une action visant à réduire l’impact environnemental des activités culturelles.