Collectivité Territoriale de Corse

Saveriu Luciani : " Lingua, una tappa nant'à a strada di l'ufficialità, ma ch'ùn basta ..."

Vendredi 24 Mars 2017



C’est officiel : par l’arrêté du 15 mars 2017, le Corse obtient l’accès au concours de l’agrégation.

Saveriu Luciani, Conseiller exécutif en charge de la langue corse
Saveriu Luciani, Conseiller exécutif en charge de la langue corse
Une section « langues de France » est ajoutée à l’arrêté du 28 décembre 2009 fixant les sections et les modalités d’organisation des concours de l’agrégation.

En l’occurrence, il est clair que le corse aura servi de locomotive aux langues basque, bretonne, catalane, créole, occitane et tahitienne.

De la même manière, nous pourrons dire que l’accession d’une majorité nationaliste aux responsabilités aura joué un rôle prépondérant.

Notre majorité s'est engagée dans la mise en œuvre du grand plan de formation des professeurs des écoles, à laquelle la CTC apporte une contribution financière substantielle : 250 000€ par an en cinq ans.

Aujourd'hui, si l'on peut se réjouir de l’officialisation d’une décision, revendiquée en mai 2016 lors de notre entrevue au ministère de l'Education Nationale à Paris, on ne peut pour autant oublier les chantiers sur lesquels il convient d’œuvrer sans attendre :

1/ La question des écoles maternelles immersives : le rectorat doit annoncer des initiatives dans ce sens pour la rentrée prochaine, tant pour l’ouverture de sites que pour la formation des enseignants et des personnels non enseignants concernés.

2/ Le développement des centres d’immersion bilingues : dans le cadre du dispositif île-montagne, au moins deux centres doivent être programmés, accompagnés par la mise à disposition de personnels enseignants.  

3/ Le problème de la continuité des cycles : la réforme du collège impose le principe de la continuité des cycles, donc celui des apprentissages en leur sein. Par conséquent, on ne doit pas avoir à constater au mois de septembre prochain une perte de 8 % d’effectifs en 6ème comme en 4ème.
Ceci d’autant plus que l’article 7 de la convention Etat-CTC 2016-2021 stipule que « en classe de 5ème, dans le cadre du nouveau cycle 4, l'enseignement de 2 heures et demie hebdomadaires de langue corse est intégré dans les emplois du temps des élèves qui ont opté pour une LV2 romane. »
Et l’on sait que les langues massivement apprises en Corse en dehors de l’anglais sont l’italien et l’espagnol.

4/ Les carences du bilinguisme dans le secondaire : 37 % en primaire, 17 % en collège, 1 % en lycée, l’effet d’escalier est catastrophique !
Il justifie amplement un grand plan de formation des professeurs des Disciplines Non Linguistiques en collège et lycée, comme une refonte de la procédure d’habilitation.

5/ Le renforcement de l’encadrement pédagogique : deux inspecteurs primaires en LCC, de façon à couvrir les besoins géographiques sont nécessaires.
Pour l’enseignement bilingue dans le secondaire, il est urgent de développer les doubles inspections.

Voici l’ensemble des mesures que nous entendons défendre le 5 avril prochain à l’occasion de notre visite au ministère de l’Education nationale.

Tamanta strada depuis 50 ans, dans cette croisade pour la Langue Corse ! Elle est loin d'être finie, même si l’agrégation constitue une étape positive.

Notre engagement nous commande de tracer résolument, aujourd'hui plus qu'hier, un chemin dont nous n’ignorons ni la difficulté, ni l’intérêt pour l’identité et la vitalité de notre combat.