Collectivité Territoriale de Corse

Séance des 26 et 27 novembre 2010 - Allocution de Dominique Bucchini, Président de l'Assemblée de Corse

Mercredi 1 Décembre 2010



Extraits de l’allocution du Président de l'Assemblée de Corse

Séance des 26 et 27 novembre 2010 - Allocution de Dominique Bucchini, Président de l'Assemblée de Corse
Mes chers collègues,

En préalable, je tiens à saluer, en votre nom à tous, Aline Castellani : confortée dans son mandat, elle pourra continuer à enrichir nos travaux en y mettant toute son énergie et sa passion. Avec le même esprit amical, j’adresserai nos encouragements à Yannick Castelli, qui vient de recevoir la confiance de ses concitoyens, pour administrer la commune de Penta di Casinca.

Avant d’aborder l’ordre du jour, permettez-moi de situer brièvement les enjeux de cette séance.

Plusieurs d’entre vous ont manifesté leur impatience, en estimant que nos travaux conserveraient une tonalité un peu trop gestionnaire.

Ils en ont bien sûr le droit, même si je ne partage pas forcément cette impression. Toute mandature a besoin d’un délai pour lancer ses nouveaux chantiers ; et avant qu’ils n’arrivent devant l’Assemblée, celle-ci doit assumer, plus ou moins en continuité avec la mandature précédente, les dossiers déjà finalisés.

Je ne rappellerai pas aux nouveaux élus ce que savent leurs aînés : cinq à six mois ne sont pas de trop pour amorcer un changement.

Je crois me souvenir qu’en 2004, nous avons délibéré sur de nouvelles politiques régionales à partir de décembre, ou même en janvier 2005 : pourtant, en avril, la majorité sortante venait d’être reconduite.

Il y a aujourd’hui une alternance, la première depuis 25 ans, et l’on  peut comprendre que de nouvelles équipes aient besoin de se rôder.

Je préfère donc insister sur une exigence collective de pédagogie et de fond.

L’Assemblée de Corse est une institution originale. Elle a été crée pour servir de matrice au débat public, de moteur à la démocratie locale.

Je sais que l’air du temps est au court terme et à la communication. Une sorte de modernité  voudrait privilégier l’accélération des rythmes, au détriment de la rigueur et du travail de fond.

Ce n’est pas, vous l’aurez compris, ma conception de la politique.

Le peuple n’attend pas de nous des prises de position fébriles, mais plutôt des réponses durables, efficaces, aux problèmes de la Corse.

Nous avons engagé sur le Foncier, sur la Langue, ou sur les ressources du Budget une réflexion approfondie: un travail moins visible, mais un temps indispensable si nous voulons déboucher sur des propositions crédibles et adaptées.

Car ce n’est pas rendre service à la population que d’entretenir l’illusion de solutions faciles, surtout dans le contexte actuel.

Moyennant ces recommandations, je partage bien sûr votre désir de travail.


Notre île connaît, à l’instar du continent, une situation économique et sociale grave, qui pèse en particulier sur les plus faibles, et nous avons le devoir de contribuer à sortir de la crise.

Sans faire de politique partisane, il y a fort à parier que cette sortie ne se fera pas avec les recettes des vingt dernières années - ces recettes qui ont conduit l’Europe là où elle en est. Au niveau régional aussi, il faudra faire preuve d’imagination, de volontarisme et de courage pour réorienter nos interventions.

A cet égard, personne ne saurait prétendre qu’il détient seul la solution : pas plus l’Exécutif que la majorité ni les oppositions. C’est d’ailleurs tout le sens des échanges que nous avons aujourd’hui : sur les orientations budgétaires comme sur les transports.

Je n’ai pas besoin de préciser le rôle des transports dans la vie quotidienne de la population ou le développement de la Corse. Je n’insisterai pas sur les problèmes posés par l’organisation actuelle, au niveau des tarifs, de la rationalité ou du coût pour les budgets publics.

J’ai lu, çà et là, qu’on s’étonnait de l’absence de rapport de l’Exécutif. Or, c’est précisément le parti retenu : pour laisser en début de mandature la discussion libre, au lieu de l’enfermer, d’emblée, dans un schéma majorité/opposition. Il ne s’agit pas, non plus, de substituer au rapport de l’Exécutif celui de la chambre régionale des comptes : car il analyse la période passée alors que le débat portera sur l’avenir.

Comme je l’ai dit en commission permanente, je fais confiance à votre sagacité pour moduler vos propos, en fonction de ces deux niveaux qui même s’ils sont complémentaires, gagneront à rester distincts.

Je vous invite, d’ailleurs, à vous reporter à la mandature précédente : à plusieurs reprises, l’Exécutif avait souhaité des échanges préalables à ses nouvelles orientations - et à mon avis, il aurait gagné à poursuivre cette méthode.

Alors nous avons aujourd’hui un ordre du jour chargé.

Nous aurons dans les prochains mois le débat sur la violence, l’audition du Préfet, le vote du budget et le débat sur la langue.

Nous poursuivons les ateliers Foncier et Logement, nous engageons bientôt l’élaboration du PADDUC.

Nous avons deux commissions thématiques qui travaillent à introduire une démarche d’évaluation et de contrôle; à proposer des adaptations des lois et règlements au statut particulier ; et à continuer le travail engagé sur Tchernobyl et la prévention des risques de Santé.

Je crains donc que les plus impatients d’entre vous ne me reprochent bientôt de les saturer.

Pour ma part, mes chers collègues, vous me permettrez de partager avec vous ce propos d’un Ministre du Front Populaire qui, le soir de la victoire électorale, avait pu s’exclamer :

« Enfin, les difficultés commencent ! ».