Collectivité Territoriale de Corse

Séance publique des 16 et 17 avril 2015 : extraits de l’allocution d’ouverture du Président de l'Assemblée de Corse

Jeudi 16 Avril 2015



Dominique Bucchini, Président de l'Assemblée de Corse
Dominique Bucchini, Président de l'Assemblée de Corse
Mes chers collègues,

Mon propos d’actualité sera concentré sur les quelques évènements d’importance qui se sont déroulés cette semaine.

Le Sporting Club de Bastia

Le Sporting Club de Bastia, d’abord, a disputé contre le Paris Saint Germain la finale de la coupe de la Ligue, samedi au stade de France.

Avant toute chose, je tiens à saluer un état d’esprit collectif, dans un contexte pourtant désavantageux.

Les dirigeants du SCB ont réussi à organiser cette participation en accomplissant des efforts inhabituels pour un club de cette taille. L’entraîneur a su préparer parfaitement la rencontre mais aussi faire preuve d’une dignité exemplaire dans ses réactions publiques. Les joueurs ont donné le meilleur d’eux-mêmes, sans se laisser décourager par une sanction provoquant leur infériorité numérique. Et le public, bien sûr, est venu nombreux, de tous âges et conditions, depuis la Corse ou sur le continent, partageant un même élan de ferveur festive, en sachant éviter tout débordement.
 
Comme la plupart de nos concitoyens insulaires, j’aurais préféré, sinon un autre résultat - le sport a ses propres inégalités - en tout cas que la compétition puisse se dérouler entièrement. Pour autant, il ne m’appartient pas depuis cette tribune de polémiquer : le football professionnel a ses règles et c’est dans ce cadre qu’il conviendra d’agir si besoin était. Cela, moins pour contester l’arbitrage que le comportement d’une institution dont le représentant a, pour le moins, failli à ses obligations d’impartialité.

On retiendra surtout que le Sporting avait réussi, ce soir-là, à se hisser en finale, contre l’un des principaux clubs du continent, et que malgré la disproportion des moyens en présence, il était parvenu à mobiliser toute une population.

Je le remercie donc en votre nom collectif, et je ne doute pas qu’il saura profiter de cette expérience pour écrire de nouveaux chapitres glorieux du sport corse ; l’enjeu, actuellement, consistant à ne pas se laisser distraire de la fin du championnat.

La collectivité unique

Concernant, ensuite, la collectivité unique, une nouvelle rencontre s’est tenue lundi au Ministère de la Décentralisation.

Comme ils s’y étaient engagés, Monsieur Cazeneuve et Madame Lebranchu ont pris l’avis des élus insulaires avant l’examen, en seconde lecture, du projet de loi portant « Nouvelle Organisation Territoriale de la République » et de son article 13 relatif à la création d’une collectivité unique en Corse.

L’ordre du jour consistait notamment à s’accorder sur les fondamentaux politiques de celle-ci, nombre d’élus, mode de scrutin et prime majoritaire, représentation des territoires. Chacun des participants a pu s’exprimer librement, y compris sur d’autres sujets, puis il est revenu au gouvernement de proposer une synthèse.

Celle-ci peut se définir comme suit : une Assemblée à 63 élus ; un mode d’élection analogue au scrutin actuel, garantissant ainsi la représentation des sensibilités minoritaires, avec ajustement à due proportion de la prime majoritaire ; et le principe d’un organisme assurant en parallèle la représentativité des territoires.

Un calendrier nous a également été proposé pour la rédaction, en concertation, des ordonnances qui préciseront le périmètre administratif et financier de la nouvelle entité, et sans doute aussi les conditions d’une fusion progressive avec les deux départements.

Quant au référendum, le Ministre de l’Intérieur a estimé que la préférence de la majorité des élus revenait à donner la priorité à l’entrée en vigueur de cette réforme plutôt qu’à se donner le temps d’une consultation préalable de la population. Je m’abstiendrai à ce niveau de vous rappeler ma position.

Actualité internationale

Enfin, je ne saurai conclure sans évoquer le nouveau drame humain qui s’est déroulé dimanche au large des côtes calabraises.

Quatre cents migrants ont en effet péri noyés. D’après l’organisation « Save the Children », près de cinq mille personnes ont débarqué entre le 11 et le 13 avril au sud de la botte italienne, parmi eux quatre cent cinquante enfants dont beaucoup avaient vécu, je cite, « des expériences atroces de violence ».

Les populations locales font preuve d’une générosité d’accueil qui ne faiblit pas. En revanche, les autorités européennes ont voulu privilégier une réaction purement défensive, dont on mesure les coûts.

Mes chers collègues, notre Assemblée s’honorerait de montrer régulièrement la solidarité du peuple corse, mais aussi, d’encourager les initiatives locales visant à dénoncer un système de plus en plus inhumain, pour promouvoir d’autres modèles de développement en Europe, et d’autres types de rapport avec les habitants du sud de la Méditerranée ; à tout le moins, un régime d’accueil des réfugiés plus responsable. Charles de Foucauld, infatigable défenseur des peuples d’Afrique disait qu’il n’avait rien vu de plus beau, dans notre devise républicaine, que le mot de fraternité.

Agression du directeur général adjoint de l'ARS

Enfin, dans un tout autre registre, nous avons appris l’agression dont a été victime hier soir Monsieur Jean Houbeaut, Directeur Général Adjoint de l’ARS, et en votre nom, je tiens à lui faire de part de notre soutien.

​Je vous remercie.