Collectivité Territoriale de Corse

Séance publique des 1er et 2 octobre 2015 : extraits de l’allocution d’ouverture du Président de l'Assemblée de Corse

Jeudi 1 Octobre 2015



Dominique Bucchini, Président de l'Assemblée de Corse
Dominique Bucchini, Président de l'Assemblée de Corse
Mes chers collègues,
 
cette séance publique comporte un ordre du jour suffisamment dense, pour que je limite mon propos introductif aux dominantes qui caractérisent l’actualité de la Corse.
 

La sécheresse qui affecte le sud de l’île, d’abord

Les pluies d’aujourd’hui, celles annoncées pour les jours à venir, ne sauraient minimiser le déficit des pluies sur la façade occidentale de la Corse qui atteint cette année un niveau préoccupant.
 
Ce sont en effet les équilibres écologiques de plusieurs micro-régions, par exemple de Sartène à Porto-Vecchio, qui sont menacés par plusieurs mois sans précipitations ou presque. Je veux parler de l’irrigation des cultures, ou de l’alimentation en fourrage du bétail, mais aussi de la santé de notre couvert végétal, d’autant plus lorsque celui-ci est fragilisé par des affections telles que le cynips ou la xylella.

Il nous appartient collectivement de mettre en œuvre une solidarité active envers les éleveurs, comme de réfléchir à de nouveaux modes de prévention qui adaptent la Corse à cette évolution climatique.
 
Le Président du Conseil exécutif évoquait l’autre jour la venue de Monsieur le Préfet pour faire un état des lieux sur l’évolution de la xylella fastidiosa. Sans mélange des genres, je pense qu’il serait judicieux de lui demander, à cette occasion, de procéder également à une analyse de la situation causée par ces sécheresses à répétition.

Le problème des déchets, ensuite

Il convient de se féliciter des efforts conjugués par l’ensemble des responsables, le syvadec, les collectivités « dépositaires » de sites d’enfouissement, ou les associations citoyennes. Ils ont permis, avec de nombreuses réunions, d’apporter une réponse à l’urgence de la crise.
 
Sur un moyen terme, il apparaît nettement que les solutions ne pourront être que multiples et collectives ; et cela dans un cadre sociétal, celui d’un modèle de développement durable adapté aux spécificités de la Corse, qui soit volontariste pour être mobilisateur sur l’ensemble des comportements, publics et privés.
 
A cet égard, on gagnerait à mon avis à ne  pas mélanger les rôles ni les responsabilités. Il y a en effet, d’un côté des producteurs de déchets, particuliers, ménages ou entreprises, et de l’autre des gestionnaires, ordonnateurs et financeurs publics ou prestataires privés. Il y a des régions qui collectent beaucoup de déchets, d’autres moins mais qui sont de surcroit éloignées des centres de traitement, et d’autres encore qui accueillent des équipements dont le moins qu’on puisse dire est qu’ils sont jugés peu attractifs par leur population.
 
Tout cela suppose un rôle de fédérateur d’énergies et de moyens, avec des objectifs cohérents si l’on veut parvenir à définir des réponses adaptées mais aussi à changer les comportements individuels, je n’ose dire à responsabiliser le citoyen. Ce qui, à l’échelle d’une île de 300.000 habitants, n’est pas a priori infaisable !
 
Notre assemblée a adopté en juillet un plan régional, après l’avoir soumis à enquête publique et fondé sur des orientations approuvées à l’unanimité. Il constitue par conséquent une base de référence immédiatement disponible pour l’ensemble des acteurs. Peut-être restera-t-il perfectible, mais je pense que l’on a besoin, dans ce domaine notamment, d’inscrire nos actions dans la durée plutôt que la confusion. Cela, pour faire prévaloir l’intérêt général et de façon à convaincre plutôt qu’à imposer.

La crise des réfugiés, enfin

Comme je m’y étais engagé avec le président de l’Exécutif, nous avons réuni les présidents des groupes politiques à l’issue de la séance publique des 17 et 18 septembre, pour nous accorder sur des principes puis un cadre d’organisation.
 
Les groupes politiques, unanimes, ont rédigé une déclaration solennelle dont je vous donnerai lecture le moment venu. Pour sa part, le Conseil exécutif nous a saisis d’un rapport comportant un projet de délibération.
 
Je tiens à saluer une maturité qui honore véritablement notre institution. Dans un contexte propice aux surenchères dans l’exploitation des peurs et des égoïsmes, de surcroit dans une période de campagne électorale, l’Assemblée de Corse et le Conseil exécutif ont su se retrouver pour refuser la démagogie.
 
Mes chers collègues, les sujets que je viens d’évoquer, le changement climatique, les problèmes phytosanitaires, la gestion durable des déchets, l’accueil des migrants, sont emblématiques des nouveaux enjeux que le XXIe siècle pose à l’ensemble de la planète.
 
Sous cette mandature notamment, les élus de la Corse ont apporté la preuve qu’ils étaient capables de surmonter sinon les clivages politiques, du moins leurs pesanteurs et leurs blocages, pour échanger et parfois s’accorder sur des réponses innovantes.
 
Le pluralisme, la confrontation des opinions et le respect de l’autre sont les gages d’un bon fonctionnement démocratique. Mais lorsqu’ils nourrissent la réflexion et facilitent la décision collective, ils contribuent à la vitalité de la société. Sachons conserver cet état d’esprit, au-delà de la période légitime de campagne électorale, pour aider notre île à maîtriser son avenir.

Je conclurai par des propos personnalisés

J’adresse en votre nom à tous nos sincères condoléances à notre collègue Pierre Ghjonga, et l’assure de notre soutien dans le deuil qui l’a frappé.
 
Dans un autre ordre d’idée, je tiens à complimenter Jean Lanatta, un enfant d’Oletta, promu chef d’état-major de l’armée de l’air, en soulignant et c’est d’autant plus méritoire à ce niveau, que son propre père, Vincent, avait déjà occupé ces prestigieuses fonctions.
 
Tous nos vœux de succès au Tour de Corse automobile, qui se déroule ces jours-ci, en espérant que le retour d’une compétition emblématique pour notre île soit une véritable réussite collective.
 
 Je vous remercie.