Collectivité Territoriale de Corse

Séance publique des 26 et 27 septembre 2013 : extraits de l’allocution d’ouverture du Président de l'Assemblée de Corse

Jeudi 26 Septembre 2013



Séance publique des 26 et 27 septembre 2013 : extraits de l’allocution d’ouverture du Président de l'Assemblée de Corse
Mes chers collègues,

Comme de coutume j’ouvrirai, dans un propos introductif, la séance publique de l’Assemblée en faisant référence à son ordre du jour, bien sûr, mais aussi à l’actualité de façon à situer nos échanges dans un contexte plus global.

Vous comprendrez que la densité de cette séance spéciale m’incite à être encore plus bref. Cependant, j’estime nécessaire de mettre en exergue certains évènements qui se sont produits depuis notre précédente réunion.

La violence continue, hélas, d’imprégner notre quotidien.

En moins d’une semaine, la ville d’Ajaccio a été le théâtre de deux actions criminelles : d’abord, une tentative d’homicide perpétrée en plein centre ville, à une heure de grande affluence, au risque de faire de nombreuses victimes ; et ensuite, l’assassinat d’un promoteur immobilier, en plein jour.

Dans le même temps, à Evisa, commune rurale que l’on pourrait espérer plus calme, un attentat détruisait -à nouveau- les outils de travail  d’une famille d’entrepreneur; tandis que l’on tuait des animaux domestiques, par balles dans le cortenais et à Bastia par le poison.

Sans doute tous ces faits n’ont-ils aucun lien entre eux. Peu importe ! Ils témoignent d’un mépris effrayant de la vie, alors que la banalisation de la violence  atteint un degré que notre île n’avait pas connu depuis un siècle au moins.

Dans ce contexte, des voix provenant d’horizons divers s’élèvent aujourd’hui et des collectifs de citoyens se constituent. Notre Assemblée a pris l’initiative -inédite ici comme dans les autres régions- de constituer une commission chargée d’aborder le problème des violences.   Permettez-moi donc, au nom de l’ensemble de ses membres, d’encourager publiquement cette mobilisation de la société.

La Corse ne saurait, en effet, continuer à subir une véritable dérive criminogène.

Je veux parler de la Corse qui en ce moment, entretient avec ferveur le souvenir de ses aînés, eux qui ont su résister à l’occupant fasciste ou nazi et libérer, voici soixante-dix ans, le premier territoire de la République.

Je veux parler de la Corse qui sait toujours se montrer solidaire, par exemple avec les familles qui ont perdu leur exploitation lors de l’incendie de Ghisonaccia ; et avec les éleveurs victimes de la fièvre catarrhale.

Je veux parler de la Corse qui est capable de réussir économiquement sur tous les continents, et je félicite à cet égard les « Eaux de Saint Georges » qui ont réussi à s’implanter en Chine.

Car c’est bien cette Corse qui est exemplaire ! Nous avons à défendre ses valeurs, mais aussi à les promouvoir auprès de la jeunesse, pour combattre l’illusion de l’argent facile, de la spéculation et de la consommation à outrance que certains voudraient lui imposer.

Dans ce contexte, mes chers collègues, nous allons évoquer la réforme du statut particulier.

C’est un débat légitime, que chacun d’entre vous aborde avec ses convictions - et elles sont toutes respectables - sur un  dossier certes sensible et propre à susciter les passions.

Pour ma part, je vous recommande de le mener sereinement, en faisant prévaloir, au niveau collectif, ce qui nous rassemble.

Offrir à notre île l’espoir d’un développement plus équilibré, plus harmonieux et plus juste.

Apporter à nos concitoyens -qui ne se contenteront pas, loin s’en faut, de controverses institutionnelles parfois difficilement accessibles- des réponses concrètes à leurs principales préoccupations : l’emploi, le logement, le niveau de vie et l’épanouissement de leurs enfants.

Construire une relation apaisée avec le pouvoir central, avec nos compatriotes du continent, avec les régions voisines, plutôt que d’alimenter l’égoïsme, la détestation et l’exclusion qui s’expriment de plus en plus facilement en période de crise.

En respectant ces attentes, j’en suis sûr, nous pourrons donner l’exemple d’un débat digne, nous saurons nous situer à la hauteur des enjeux, nous remplirons notre rôle auprès de l’opinion.

Je conclurai en remerciant de façon appuyée Véronique Sciaretti

Notre collègue, membre du groupe Corsica Libera, m’a en effet indiqué sa volonté de démissionner de l’Assemblée à la fin du mois.

Je n’ai pas de commentaire à faire sur une décision qui lui appartient et qu’elle a prise pour des motifs respectables.

Pour avoir siégé avec elle sur ces bancs pendant plusieurs mandatures, je lui ai déjà dit que je regretterai, qu’elles qu’aient été nos différences et parfois même nos confrontations, la sincérité, l’humanité, l’engagement et l’honnêteté intellectuelle avec lesquels elle a assumé ses fonctions d’élue du peuple.

En votre nom à tous, je tiens à lui témoigner notre sympathie et à la remercier publiquement.