Collectivité Territoriale de Corse

Séance publique des 7 et 8 février 2013 : extraits de l’allocution d’ouverture du Président de l'Assemblée de Corse

Jeudi 7 Février 2013



Séance publique des 7 et 8 février 2013 : extraits de l’allocution d’ouverture du Président de l'Assemblée de Corse
Mes chers collègues,

L’Assemblée de Corse ouvre aujourd’hui sa 1ère session ordinaire pour l’année 2013.

Je commencerai donc mon propos introductif en adressant à chacune et à chacun d’entre vous mes vœux sincères de Paci e Saluta. Cela vaut surtout, bien entendu, à titre individuel, mais vous me permettrez également de souhaiter davantage de Paix, de Santé et, j’ajouterai, de Fraternité à tous nos concitoyens.

En 2012, ici comme sur le continent, ils ont continué à subir les conséquences de la crise économique et financière ; la montée de la précarité et des difficultés de vivre au quotidien ; et une explosion des inégalités qui devient sans précédent dans la période contemporaine.

La Corse a souffert, également, d’une violence criminelle exacerbée par la spéculation immobilière et une course effarante au fric et à la cupidité.

Faisons donc en sorte que cette année nouvelle soit celle de l’espoir, de la correction des principaux déséquilibres économiques, environnementaux et sociétaux, mais aussi du changement du modèle de valeurs qui a dominé ces vingt dernières années. 

Notre Collectivité, à son niveau, s’est engagée depuis le début de la mandature dans la recherche de solutions innovantes. Elle a abordé de nombreux sujets, le foncier, la langue, le développement durable, ou la violence, sans aucun tabou mais avec la volonté sincère, je le crois chez tous les groupes comme à l’Exécutif, d’apporter des réponses adaptées aux défis de la période à venir.

Mes chers collègues, je forme donc le vœu que nous conservions collectivement cet état d’esprit, car vous l’aurez compris, l’ordre du jour restera chargé, dans cet hémicycle comme dans les commissions, et il convient de s’en féliciter car c’est le gage d’un bon fonctionnement démocratique.

Je voudrais, ensuite, évoquer deux sujets d’actualité.

Le premier concerne le conflit social qui perturbe le service public ferroviaire

A cet égard, je rappellerai que ce secteur a subi de profondes transformations, avec un effort considérable de modernisation de ses équipements et de ses matériels, réalisé notamment grâce au PEI ; mais aussi un changement de structure et de gestionnaire, entre la SNCF et une société d’économie mixte régionale.

Vous me permettrez de dire, en votre nom, aux agents du chemin de fer que nous comprenons, dans ce contexte, qu’ils se soient sentis très sollicités et qu’ils puissent avoir des motifs légitimes d’inquiétude ou de revendication.

Cependant, je crois aussi pouvoir témoigner devant eux que notre Collectivité n’a jamais mesuré son effort pour constituer un service public performant, pour les doter d’un outil de travail moderne, et aujourd’hui d’un statut protecteur.

Or, nous devons constater qu’une part très importante des cheminots considère que leurs droits sont lésés et ont recours à la grève, droit démocratique fondamental.

Dans le même temps, nous mesurons tous les désagréments subis par les usagers et nous devons redouter l’enlisement de ce conflit.

Aussi, dans l’esprit constructif qui a permis que nous œuvrions tous - élus, dirigeants et personnels - jusqu’à présent avec succès pour le développement de ce service public, et sans interférer sur le fond des positionnements de chacun, je relaierai ici le souhait unanime du conseil d‘administration de la Société des Chemins de fer de la Corse en vous demandant, Monsieur le Président du Conseil exécutif, de faire en sorte que soient renoués les fils du dialogue pour une sortie rapide et équitable de ce conflit.

Le deuxième sujet est celui des Arrêtés Miot

Je me garderai de commenter ici la décision du Conseil Constitutionnel, qui a autorité de la chose jugée et s’impose à tous les acteurs institutionnels : chacun restant libre, bien sûr, de donner son interprétation quant aux conditions de saisine et d’annulation du délai supplémentaire accordé par le gouvernement avant le retour au droit commun.

Je me limiterais à formuler quelques observations.
  • Pour constater, d’abord, que le gouvernement fait preuve sur ce dossier d’une attitude ouverte et constructive, dans un contexte budgétaire pourtant tendu ;
  • Rappeler, ensuite, que notre Assemblée a déjà délibéré sur le fond du sujet, pour demander à exercer cette compétence dans un esprit de responsabilité et de justice sociale ;
  • Attirer l’attention, enfin, sur une certaine confusion qui règne vis-à-vis de l’opinion s’agissant de données pourtant fondamentales pour la compréhension des enjeux, la mesure exacte des effets au niveau individuel, et par conséquent, la définition de solutions appropriées.
A cet égard, nos deux Commissions des finances et des compétences, ont aussitôt organisé des réunions conjointes ; et fort de l’expérience qu’elles ont accumulée sur ce sujet, je fais pleine confiance à leurs présidents pour nous proposer aujourd’hui un projet de délibération adapté à la situation et de nature à rassurer la population.

Je voudrais, à présent, féliciter Madame Nathalie Carlotti qui vient d’être élue à la présidence de la Chambre de Commerce et d’Industrie de la Corse du Sud et lui souhaiter pleine réussite dans ses projets, en particulier dans le cadre du partenariat avec notre Collectivité.

Je tiens, avant de conclure, à saluer la mémoire de Fidan Dogan, membre du Congrès National du Kurdistan.
Récemment assassinée à Paris, cette jeune personne avait été reçue dans notre institution en octobre, avec une délégation de son parti. Elle souhaitait nous sensibiliser au sort du peuple kurde, victime d’un découpage des frontières coloniales qui le laisse aujourd’hui sans Etat, et en bute à la répression de ses aspirations.

Je voudrais en votre nom collectif lui rendre hommage, et espérer que son meurtrier, mais aussi ses commanditaires, soient rapidement déférés devant la Justice française. 

Une précision, enfin, concernant l’ordre du jour.

Nous aurons en fin de séance à donner notre avis sur deux projets de loi : la refonte de l’école et le cumul des mandats. 

Leur contenu déborde largement de la seule Corse, mais dans la mesure où il s’agit de deux réformes majeures à l’échelle du pays, je crois que nous aurons intérêt à élaborer notre avis, surtout lorsque nous revendiquons, par ailleurs, une extension de nos pouvoirs normatifs. 

Cela devrait nous amener à prolonger nos travaux demain.

Quant à la prochaine séance publique, notez qu’elle se tiendra les 14 et 15 mars.