Collectivité Territoriale de Corse

Séance publique des jeudi 15 et vendredi 16 mars 2013 : Extraits de l’allocution d’ouverture du Président de l'Assemblée de Corse

Vendredi 15 Mars 2013



Mes chers collègues,

avant d’ouvrir cette séance publique, permettez-moi dans un propos introductif :
  • d’abord, d’ouvrir une réflexion sur l’amélioration de nos conditions d’organisation et de fonctionnement 
  • ensuite, d’évoquer une actualité toujours dominée par la violence, jusque dans le monde sportif
  • enfin, de rendre hommage à plusieurs personnalités.

Améliorer les conditions d’organisation et de fonctionnement de notre Assemblée

Séance publique des jeudi 15 et vendredi 16 mars 2013 : Extraits de l’allocution d’ouverture du Président de l'Assemblée de Corse
Cette année sera, a priori, dégagée de toute interférence électorale, et il convient de la mettre à profit pour évaluer un certain nombre de règles de fonctionnement : comme c’est l’usage en cours de mandature, mais, également, dans la préparation d’une éventuelle réforme du statut particulier.

Aussi, et avec votre accord, Monsieur le Président du Conseil exécutif, j’ai demandé au Secrétariat général de prendre l’attache de la Direction générale et des groupes politiques pour effectuer les constats appropriés sur le fonctionnement de l’Assemblée et de ses Commissions, comme sur les conditions d’exercice du mandat d’élu. 

Cette concertation débouchera sur des propositions qui relèveront sans doute de plusieurs niveaux :
une modification de la loi (auquel cas, elles seraient intégrées à la réforme statutaire), une actualisation du règlement intérieur et du règlement de la formation (par délibération), ou, lorsque cela suffira, d’une clarification des pratiques quotidiennes (que nous pourrions, alors, concrétiser au moyen d’une charte).

Je réunirai avant la fin du 1er semestre la Commission permanente pour mener à bien ces réflexions et je ne doute pas que sur ces bases, nous parvenions à un large accord.

Dans le même ordre d’idée, j’appelle votre attention sur le colloque organisé le 11 avril prochain par le CNFPT et la CTC autour de « l’évaluation des politiques publiques », suite à une motion adoptée par notre Assemblée. Le programme vous est remis en séance et les échanges seront de qualité.

Je serai complet en vous rappelant, au sujet des commissions :
  • Contrôle à 14 heures 30 
  • Pierre Chaubon, grippé, est obligé de reporter de quelques jours la commission des Compétences législatives et règlementaires qui était prévue à 21 heures, et vous prie de l’en excuser.
Quant à la prochaine séance publique, elle se tiendra les jeudi 25 et vendredi 26 avril.

L’actualité démontre, à nouveau, combien la violence continue d’imprégner notre vie quotidienne.

Deux homicides ont été perpétrés récemment et avec déjà cinq assassinats et quatre tentatives, cette année n’enregistre pas vraiment de décrue ; dans le même temps, des particuliers et des entreprises sont victimes de plasticages ou d’incendies criminels. 

Dans ce contexte, j’appuie sans réserve les demandes visant à renforcer les effectifs de justice dans l’île, car il ne serait pas acceptable de fonctionner plus longtemps avec un seul juge d’instruction à Ajaccio.

J’insisterai davantage sur les incidents survenus lors du « derby » entre Bastia et Ajaccio au stade de Furiani, qui révèlent une contamination inquiétante des valeurs sportives. 

Je me garderai bien de donner ici des leçons à quiconque, notamment aux responsables des clubs, ce serait trop facile. Cependant, mon passé de footballeur et d’enseignant, comme mes fonctions publiques actuelles, m’autorisent humblement à lancer un appel aux responsabilités. 

La Corse peut être fière d’envoyer trois clubs jouer dans l’élite nationale, et prouver que ce sport ne se résume pas à une débauche de fric ou de communication ; c’est le fruit d’un investissement en profondeur pour former des talents locaux, qui s’épanouissent aujourd’hui à tous les niveaux de championnats.

Pourtant, une image négative vient parasiter un nombre croissant de rencontres. L’ancrage sociétal du football, la proximité entre joueurs, dirigeants et spectateurs, la taille moyenne de nos deux agglomérations, devraient plutôt nous prémunir contre les dérives que l’on constate un peu partout. Au-lieu de cela, nous renvoyons à l’opinion et, plus grave, à notre jeunesse le spectacle répété et déplorable des insultes, des agressions et de rivalités haineuses !

Avà, basta ! Quandu un babbu di famidda un pò più andà incu i so fidoddi a veru un match, il est de notre devoir collectif d’enrayer une telle spirale ; sans attendre qu’un drame humain ne survienne entre des individus qui, à force de surenchères, deviennent chauffés à blanc.

La semaine prochaine, la commission « Violences » sera au lycée de Sartène pour une 2ème rencontre avec la jeunesse insulaire : j’invite tous ses membres à y participer nombreux pour échanger sur la violence en général, et sur les valeurs du monde sportif en particulier.

Je souhaiterai en guise de conclusion rendre hommage à plusieurs personnalités

Je vous fais part, d’abord, de la disparition, survenue au Brésil, de Jean-Dominique Martini, ancien directeur du personnel de l’Office hydraulique, établissement auquel il a consacré toute sa carrière : ceux qui, comme moi, l’ont connu et apprécié garderont le souvenir d’un professionnel aussi compétent qu’attachant, et je vous demanderai, Monsieur le Président du Conseil exécutif, d’assurer sa famille et ses collègues de notre entier soutien.

Ensuite, je salue au nom de l’Assemblée de Corse la mémoire de notre ami Paul Silvani. 
Cet esprit érudit autant que subtil a su décrire et expliquer, inlassablement, les réalités profondes de la Corse, par ses fonctions de rédacteur en chef du Provençal ou en écrivant des ouvrages récompensés par plusieurs Prix. On pouvait être parfois en désaccord avec ses analyses, mais reconnaissons que sa voix manquera dans le débat insulaire. Maguy Brunel, sa sœur, a longtemps exercé des responsabilités dans notre administration et nous pouvons l’assurer de toute notre affection. 

Enfin, je pense m’exprimer en votre nom collectif pour rendre un hommage appuyé à Stéphane Essel.
Une vie exceptionnellement longue lui aura permis de s’impliquer dans de nombreux combats sans trahir pour autant ses idéaux.
Résistant actif, grand serviteur de l’Etat et de sa diplomatie, il sera resté le militant infatigable des droits de l’homme, depuis les coulisses de l’Organisation des Nations Unies au lendemain de la seconde guerre mondiale, jusqu’aux occupations pacifiques des « indignés » de la crise actuelle.
L’écho rencontré par son appel à préserver le programme du Conseil National de la Résistance, un des fondements du progrès économique et social de l’après-guerre, l’a érigé en symbole pour la jeunesse rêvant d’une autre vie.
Charles Peguy disait : « je n’aime pas les gens qui réclament la victoire et qui ne font rien pour l’obtenir : je les trouve impolis ».
Stéphane Essel était un homme poli.

L'Assemblée des enfants

Pour alimenter cette note d’espoir, je vous indique que l’Assemblée des enfants sera installée au mois de mai ou en juin. 

Comme vous l’avez vu, trois classes ont assisté à la séance des questions orales ; et dans les classes sélectionnées, les élèves préparent actuellement des projets de motions et questions dont ils débattront dans l’hémicycle.

Ensuite, ils nous soumettrons leurs délibérations pour les intégrer dans l’ordre du jour : grâce à la spontanéité de la jeunesse, ils produiront une contribution de qualité.