Collectivité Territoriale de Corse

Collectivité Territoriale de Corse

Séance publique des jeudi 19 et vendredi 20 décembre 2013 - Extraits de l’allocution d’ouverture de Dominique Bucchini

Vendredi 20 Décembre 2013


Mes chers collègues,

Notre session de fin d’année comporte un ordre du jour particulièrement dense, et je vais donc limiter mon propos introductif. Pour autant, l’actualité, à l’Assemblée de Corse comme en dehors de cet hémicycle, m’incite à vous livrer plusieurs réflexions.

L’ordre du jour de la Collectivité, d’abord

Entre un premier échange hier sur le PADD, qui va constituer le volet « plan de développement » du PADDUC, l’examen du projet de budget pour 2014, l’adoption des obligations de service public maritime entre l’île et le continent, ou le schéma régional sur la qualité de l’air, nous allons ces jours-ci configurer des leviers d’action importants pour la vie de nos concitoyens à court, à moyen et à long terme.

A cet égard, je tiens à saluer le travail considérable réalisé par l’Exécutif dans son projet de plan de développement, comme la qualité des interventions des élus: chacun, dans le respect du pluralisme, s’est montré soucieux de contribuer à la recherche de solutions innovantes, tant il apparait clairement que la sortie de crise appellera, en Corse comme ailleurs, la remise en cause de raisonnements appliqués dans la période récente.

Je souhaite bien sûr que cet esprit de responsabilité continue à nous animer, non seulement dans le plein exercice de nos compétences actuelles, mais aussi dans la deuxième phase de révision du statut particulier de la Corse.

En effet, les discussions entre le gouvernement, représenté par Marylise Lebranchu et Manuel Valls, et une large délégation des élus insulaires, se sont ouvertes le 22 novembre dans un climat que chacun d’entre nous s’est accordé à estimer constructif. Nous attendons, avec le Président du Conseil exécutif, le courrier qui vaudra relevé de conclusions et analyse officielle par l’Etat du contenu de la délibération du 27 septembre.

Comme elle en a le droit, Madame Lebranchu s’est exprimée dimanche devant la presse audiovisuelle. Pour ma part, plutôt que de réagir à ces déclarations, qui peuvent être parfois trop résumées dans le format inhérent aux émissions télévisuelles, je pense qu’il serait raisonnable de réserver notre réaction à la teneur du courrier ministériel. Cela d’autant plus, que je n’ai personnellement pas noté de revirement dans ses propos, et que le contexte, on le voit au sujet de la charte des langues minoritaires, évolue plutôt positivement.

Permettez-moi également -sans interférer dans les prérogatives de l’Exécutif- de souhaiter que le conflit en cours à l’office de l’environnement trouve, après une phase de tensions, une issue apaisée dans le respect de chaque partie.

L’actualité de la Corse, ensuite

Le ministre de l’intérieur s’est rendu dans notre île la semaine dernière, pour assurer de son soutien les unités de gendarmerie visées par des tirs à la roquette. Je tiens depuis cette tribune à réaffirmer la condamnation de ces actes, qui ont mis en danger la vie de femmes et d’enfants, en rappelant que les forces de gendarmerie assurent des missions de service nécessaires dans le monde rural.

Je vous indique, par ailleurs, que la Commission « Violence » s’est rendue mardi dernier au lycée de Corte, dans le cadre de la rencontre de la jeunesse insulaire ; nous avons été accueilli par notre ancien collègue Jean-Martin Mondoloni et nous avons été agréablement surpris par la maturité et le dynamisme des opinions émises sur ces problématiques.

Concernant la SNCM, je donnerai bien sûr la parole quand ils le souhaiteront au Président Giacobbi et à Paul-Marie Bartoli, pour nous rapporter la teneur de leurs échanges avec les acteurs en présence. Je me contenterai de souligner la réalité humaine, économique et sociale d’un tel dossier, qui pourrait exposer notre île à un volume de suppressions d’emploi qu’elle n’a jamais connu.

L’actualité à l’extérieur, enfin

A la mi-novembre, la Sardaigne a connu une forme de cyclone méditerranéen et des crues ont causé la mort d’une vingtaine de personnes et de nombreuses destructions. L’élan de solidarité de la population corse a été exemplaire. Avec Paul Giacobbi, nous avons assuré de notre soutien nos homologues à la région autonome ; dans son courrier de remerciement, la Présidente du Conseil Régional, Claudia Lombardo, nous a dit combien l’élan de solidarité internationale avait réconforté les Sardes et les avait encouragés dans le difficile chemin de la reconstruction. Au cours de la présente session, un rapport vous est proposé pour concrétiser notre soutien.

Je conclurai en associant l’Assemblée de Corse à l’hommage planétaire rendu à Nelson Mandela.
Permettez-moi de regretter que cette unanimité ne se soit guère manifestée lorsqu’il combattait un régime violant les principes les plus élémentaires de la dignité humaine. 
L’apartheid en Afrique du Sud n’était que le visage le plus odieux de la ségrégation raciale, qui a sévi aux Etats-Unis jusqu’aux présidents Kennedy et Johnson ; et le paroxysme du racisme et de l’exclusion que l’on constate toujours, malgré des précédents douloureux, à l’œuvre sur notre continent pourtant civilisé.
Aussi, l’écho médiatique de sa disparition aura le grand mérite de rappeler à tous, notamment aux jeunes générations, que deux siècles après la déclaration des droits de l’homme de 1789, l’égalité des êtres humains reste un combat ; et que la volonté, la détermination pacifique de quelques-uns peut faire tomber les régimes les plus verrouillés.

Avant de conclure, j’entends renouveler à notre collègue Marc-Antoine Nicolai notre affection dans le deuil qu’il a subi.

Je tiens à saluer également la mémoire de Raphaël Baldocchi, un élu ajaccien pétri d’humanisme et de sagesse malicieuse, que nous sommes quelques-uns à avoir fréquenté au Palais Lantivy, où il assuma entre autres la présidence de la commission des finances et celle des travaux publics.

Mes chers collègues, 

En cette période de Noël, je vous souhaite à toutes et à tous d’excellentes fêtes de fin d’année, sous le signe de la solidarité et du partage avec tous ceux qui souffrent, et ils sont de plus en plus nombreux.

J’adresserai dans cet esprit à notre amie Diane Bedu, victime d’un accident alors qu’elle participait mercredi à la Commission du développement social et culturel, tous nos vœux de prompt rétablissement. Chacun a pu mesurer son dévouement aux autres, dans son mandat d’élue comme dans ses responsabilités associatives, et j’espère qu’elle pourra rapidement continuer à œuvrer à ces niveaux.