Collectivité Territoriale de Corse

Séance publique des jeudi 31 mars et vendredi 1er avril 2011 - Extraits de l’allocution d’ouverture de Dominique Bucchini

Vendredi 1 Avril 2011



L'actualité dans le monde..., les élections cantonales...

Séance publique des jeudi 31 mars et vendredi 1er avril 2011 - Extraits de l’allocution d’ouverture de Dominique Bucchini
J’ai pris l’habitude, au début de chaque séance, d’assortir mon propos introductif par une brève évocation de l’actualité.
Depuis notre précédente réunion les évènements se sont succédé avec autant d’importance que de rapidité, mais aussi, hélas, de gravité.
Je devrais commencer par le véritable cataclysme qui a submergé une partie du Japon.
Personne ne peut demeurer insensible aux terribles souffrances endurées, avec un courage impressionnant,  par le peuple nippon.  

Et je crois, mon cher Paul, que notre collectivité s’honorerait à manifester -même de façon symbolique- la solidarité de la Corse auprès des régions les plus touchées.

Je voudrais, également, évoquer les soulèvements populaires en Lybie, au Proche et au Moyen Orient.
Depuis trois mois, des hommes et des femmes, qui sont parfois nos voisins, qui sont en tout cas nos frères en humanité, luttent pour la démocratie, pour leur dignité, pour plus de justice sociale. Sachons donc écouter leurs espérances et comprendre leurs attentes.
J’ajoute que, sans vouloir porter de jugement sur l’opportunité de l’intervention militaire en Libye, nous
pouvons avoir une pensée pour les soldats français et étrangers qui effectuent leur mission dans ce pays.

J’aurai volontiers parlé, aussi, des élections cantonales.

A travers la montée de l’abstention et de l’extrême-droite apparaît une désaffection préoccupante envers les institutions. Lors de ce scrutin, nos concitoyens ont exprimé bien  des inquiétudes et des souffrances.
Pour leur redonner confiance, de nouveaux types de réponses doivent être imaginés, et il nous appartiendra de les construire en-dehors de toute  démagogie.

En Corse, trois de nos collègues, Pierre Ghionga, Marcel Francisci et Jean-Christophe Angelini, ont été brillamment élus ou réélus dans leur canton et je tiens à les en féliciter. J’y associerai bien volontiers Jean-Jacques Panunzi, car il vient d’être renouvelé à  la présidence du Conseil général de la Corse du Sud.

Mes chers collègues, le seul combat légitime qui vaille pour exprimer ses idées, et pour les faire gagner, il se mènera toujours dans les urnes et au moyen du suffrage universel.      

La disparition de Dominique Domarchi

Séance publique des jeudi 31 mars et vendredi 1er avril 2011 - Extraits de l’allocution d’ouverture de Dominique Bucchini
Mais vous comprendrez que mon allocution restera, aujourd’hui, centrée sur un évènement tragique, qui frappe notre Collectivité comme il a endeuillé toute une commune et un département.

Le soir du premier tour des élections cantonales, Dominique Domarchi, maire de Sant’Andrea di Cotone, et proche collaborateur du président du conseil exécutif, a été assassiné devant sa maison. 
En me rendant sur place, j’ai pu partager l’émotion et l’indignation de la population. Depuis cette tribune, je m’en tiendrai à réaffirmer  certaines valeurs : elles devraient être élémentaires pour la vie en société ; et elles seront, aussi, fondamentales pour notre vivre ensemble démocratique.
Avant toute chose, la première des valeurs est celle du respect de la vie humaine.
Son caractère sacré doit rester inviolable et il n’est jamais inutile de le rappeler : en Corse comme ailleurs, aucune cause ne mérite la mort d’un homme. 
La sauvagerie de ce crime, comme de tant d’autres hélas, nous montre pourtant, que chez certains individus, le prix de la vie ne mesure plus grand chose…

Au fur et à mesure que la Corse  s’enfonce dans une spirale de violences, la vie humaine ne cesse de se dévaluer. Prenons-garde à ce que le meurtre ne s’impose pas, ici, comme un moyen parmi d’autres de régler ses différends. 
Et je n’insisterai pas sur les ravages causés par  le culte des armes : chaque meurtre est en soi une lâcheté méprisable ; mais quel honneur peut-on trouver à frapper ainsi de dos, dans l’obscurité, des
gens sans défense ? 

Cet assassinat doit nous interpeller, aussi, sur les risques de banalisation du crime. 

A force de se succéder, les homicides se banalisent pour devenir des faits divers. Un meurtre a vite fait d’en effacer un autre, et ainsi la société corse assiste, impuissante, à son délitement progressif.
Prenons bien garde à ne pas laisser s’installer dans notre île un climat de fatalisme mais aussi de confusion ; car dans ce contexte de crise morale, économique et sociale,  il ne pourrait que faciliter, inévitablement, des passages à l’acte ultérieurs.
Au contraire, après chaque assassinat, notre premier réflexe doit toujours être de consolider la digue humaine de l’opprobre et de l’indignation.

Ma troisième réflexion, enfin, concerne le respect de la démocratie. 

Qu’elles qu’aient été les intentions des meurtriers de Dominique Domarchi, un fait marquera l’inconscient collectif: un élu a été froidement assassiné dans sa commune, le soir d’un scrutin. 
Alors que ces élections cantonales ont connu en Corse une forte participation civique, suscitant des candidatures de tous âges et toutes sensibilités, cet évènement de notre vie publique aura été souillé par le sang.  
Jamais le meurtre d’un élu n’aura, en Corse, empêché notre démocratie locale de s’affirmer, dans son enracinement comme dans sa légitimité. 
Mais, trop nombreux restent encore ceux qui exercent leur mandat, ceux qui se dévouent à l’intérêt général, en subissant des pressions quotidiennes. 
Menaces qui restent la plupart du temps verbales, peut-être ; mais menaces qui, dans ce climat de violence, revêtent incontestablement une toute autre résonnance.
Aussi, mes chers collègues, devant cette escalade insupportable, une seule réponse collective s’impose.  Nous ne pouvons plus accepter ce type de pression sur les représentants du peuple. Loin de les intimider, au contraire, ces pressions doivent renforcer la détermination des
élus à agir !

C’est dans cet esprit que je renouvellerai, en votre nom à tous, nos condoléances les plus émues à la famille du regretté Dominique Domarchi, à son épouse, à ses enfants et à son petit-fils Dominique.

J’exprimerai également toute ma sympathie à notre ami  Paul Giacobbi, qui partageait de longue date avec le défunt amitié et engagement politique.

Qu’il soit également assuré, dans ses fonctions de Président du Conseil exécutif, du soutien résolu de notre Assemblée, pour  continuer sans faiblir l’œuvre collective de cette mandature.

Je vous demande d’observer une minute de silence.

Ordre du jour et le calendrier des travaux de l'Assemblée de Corse

Séance publique des jeudi 31 mars et vendredi 1er avril 2011 - Extraits de l’allocution d’ouverture de Dominique Bucchini
Avant les questions orales, je voudrais vous donner quelques précisions concernant l’ordre du jour puis le calendrier de nos travaux :

  • Puisque nous commençons en milieu de journée, la séance se prolongera bien entendu en soirée et elle se poursuivra demain ;
  • Les prochaines séances publiques se tiendront les 26 et 27 mai ; 23 et 24 juin ; 28 et 29 juillet et si besoin les 7 et 8 juillet ;
  • L’Exécutif nous ayant fait parvenir une programmation indicative des principaux dossiers, je proposerai aux présidents des commissions d’établir en fonction leur calendrier de travail ; et ainsi, vous disposerez d’un agenda pour le semestre entier. 

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