Collectivité Territoriale de Corse



Situation à l'issue des dispositifs 2000-2006

Jeudi 22 Octobre 2009


Un environnement compétitif disputé

Le tourisme corse évolue au cœur du 1er bassin touristique mondial dans un environnement compétitif très disputé. Il nécessite, comme dans tout secteur marchand, de nous adapter en permanence pour être compétitif : 
  • Nouvelles offres qui se développement partout en Méditerranée 
  • Nouveaux comportements de consommation où la carte développement durable répond à la quête de sens 
  • Evolution démographique très significative dans les marchés d'Europe de la clientèle seniors 
  • Bouleversement du transport aérien avec une concentration des opérateurs et l'arrivée récente et puissante du nouveau modèle des compagnies à bas coûts 
  • Concentration dans le monde des opérateurs de voyages qui voient évoluer les métiers avec l'explosion de la sphère Internet… 

Autant d'éléments à prendre en compte pour positionner l'économie touristique de l'île et l'inscrire dans les courants de croissance.

Les prévisions de croissance de l'organisation mondiale du tourisme à l'horizon 2020 tablent sur un taux de 3 % annuel pour l'Europe et la Corse doit prendre sa part de croissance au même niveau en considérant l'étalement de son activité dans le temps comme une priorité. 

Cela suppose de faire évoluer son offre de séjour, de créer de nouveaux produits et de favoriser l'accessibilité, principalement aérienne, à l'île depuis les principaux pays émetteurs.

Etat des lieux

Situation à l'issue des dispositifs 2000-2006
Une contribution économique déterminante pour l'île 

Dans cet univers, la Corse représente aujourd'hui 2,5 millions de visiteurs et de l'ordre de 29 millions de nuitées, ce qui, rapporté à la population résidente et lissé sur l'année en équivalent habitant correspond à un accroissement de 30 % de la population résidente de l'île. C'est dire la contribution économique qu'il lui apporte avec une consommation intérieure (dépenses hors transport d'accès) de l'ordre de 1,5 milliards d'euros. La part contributive du tourisme dans son rapport au PIB est estimée à plus de 30 % et la valeur ajoutée à 10 %. 
Près de 6 000 emplois directs sont concernés par l'activité en Corse avec plus de 7 000 salariés qui viennent se rajouter en saison aux emplois à l'année. 
Rajoutons que le revenu médian du chef de famille est de 3 400 € et la dépense moyenne par personne et par jour est de 50 € avec un écart de 10 % en plus pour la clientèle étrangère. 

Une offre compétitive 

Les résultats obtenus par la Corse sur les marchés montrent à l'évidence un certain nombre d'évolutions significatives du tourisme de l'île en quelques années. La Corse a su rester compétitive et a même progressé en 9 ans de près de 30 % dans sa fréquentation. Les trafics d'entrée/sortie de l'île ont gagné plus d'1,5 millions de passages (soit en AR 750 000) et cela a impacté sensiblement notre territoire. 

Le tourisme s'est également étalé dans le temps pour ne plus être quasi exclusivement limité aux vacances principales d'été. Les hébergements marchands sont ouverts en avril à plus de 63 % et près de 80 % si l'on considère les hôtels. 
En 2007 la barre symbolique des 50 % de fréquentation hors juillet/août a été franchie. 

La Corse a donc pris des parts de marché avec une moyenne de croissance de plus de 3 % par an sur les 10 dernières années et dans une concurrence toujours plus vive. 

L'une des explications réside dans l'évolution qualitative de notre offre d'hébergement, stimulée par les dispositifs de soutiens publics de la période 2000-2006 qui a progressé en quelques années d'une étoile en moyenne. 

Par ailleurs, dans la mesure où l'offre touristique corse est essentiellement familiale et indépendante, la destination a su se positionner de manière différenciée et peser sur les marchés en fédérant l'ensemble du tourisme corse derrière une marque destination « Qualité Corse » portée par l'Agence du Tourisme et trouver dans le portail régional de l'ATC  une visibilité sur les marchés. 

Parallèlement, préfigurant la territorialisation des politiques et à la faveur du dispositif première génération des pôles touristiques porté par l'ATC, le tourisme a commencé à s'organiser sur toute l'île en microrégion de nature à pouvoir irriguer tout le territoire et non plus se limiter aux seules stations. 

Ce développement touristique récent, si on l'analyse plus avant, montre que le rapport séjours globaux français/étrangers est aujourd'hui de 70/30. Si l'on s'en tient uniquement aux hébergements marchands, la clientèle étrangère représente alors 40 % à 43 % des séjours marchands entre mai et septembre pour fléchir à 20 % en avril et 33 % en octobre (source ATC / Observatoire du Tourisme 2007). 

Une dynamique transport qui influe sur les séjours 

Force est de constater que l'augmentation en volume de la fréquentation touristique s'est essentiellement exprimée par les séjours continentaux français et que le poids des étrangers en près de 20 ans a chuté de 40 % à 30 %. 

De la même manière alors que les flux maritimes augmentent très sensiblement et ont véritablement tiré la croissance à la faveur d'une compétition sévère entre les compagnies maritimes, les flux aériens stagnent en volume (2 402 000 en 1999, 2 377 000 en 2007) et restent toujours à 92 % des flux Corse-Continent avec seulement 8 % de flux étrangers aériens. 

La clientèle étrangère de l'île, quasi exclusivement européenne, s'est diversifiée avec l'arrivée de nouveaux pays émergeants. 
L'Italie qui reste le premier contributeur étranger avec environ 40 % des flux ne possède aucune connexion aérienne avec la Corse y compris pour son île voisine et concurrente sur les marchés internationaux la Sardaigne, parfaitement desservie du point de vue aérien. 

L'Allemagne qui fournit à la Corse de l'ordre de 130 000 séjours principalement en avant et arrière-saison ne décolle pas (nombre de séjours quasi-identiques en 10 ans) faute en particulier de connexions directes aériennes hors saison estivale. 

La Grande-Bretagne est dans le même cas de figure et la Corse perd même des séjours sur ce marché (41 000 aujourd'hui contre 45 000 il y a 8 ans). Cette difficulté est expliquée par la formidable accessibilité aérienne directe qui s'est développée depuis la Grande-Bretagne vers les concurrents du bassin méditerranéen à des coûts très compétitifs. 

La Corse n'a pu incontestablement faute de connexions aériennes se développer sur ces 2 marchés pourtant grands pays émetteurs dont le taux de départ en vacances à l'étranger est fort. On observera à cet égard que des destinations très typées et excentrées en France comme le Pays Basque et Biarritz qui ont fait le choix de connexions directes ouvertes avec ces pays émetteurs ont fortement développé leur intersaison par des courts séjours. 

De manière générale, la Corse est confrontée à une demande relativement importante des marchés étrangers, tant d'ailleurs des marchés principaux que des marchés émergeants (Autriche, Europe du Nord ou plus récemment Espagne par exemple) qui se heurtent à des difficultés d'accessibilité en dehors de la pointe d'été sauf en connexion via des hubs et/ou à des prix hors marchés et en tous les cas peu acceptables pour des séjours courts ou séjours additionnels hors saison estivale. 

La configuration actuelle des transports aériens de la Corse, avec seulement 8 % des flux étrangers, alors que l'étalement dans le temps de l'activité passe à l'évidence par ces flux de clientèle étrangères qui consomment de l'hébergement marchand et dont la dépense unitaire est plus importante, montre les limites du modèle touristique de l'île qui ne peut aujourd'hui raisonnablement prétendre développer une activité touristique toute l'année dans cette configuration totalement en marge des modèles existant sur les marchés touristiques.