Collectivité Territoriale de Corse

Trentième anniversaire de l’Observatoire Régional de la Santé de Corse le 15 février 2017 à l’Hôtel de la Collectivité territoriale de Corse

Mercredi 15 Février 2017



Gilles Simeoni, Président du Conseil Exécutif de Corse, Gilles Barsacq, Directeur général de l’Agence Régionale de la Santé de Corse et Paul-André Colombani, Président de l’Observatoire Régional de la Santé, célèbrent le 30ème anniversaire de l’Observatoire Régional de la Santé de Corse.

Programme

9h30 - 10h10 : discours introductifs
• 9h30 - 9h50 : ORS, Paul-André Colombani, Président de l’Observatoire Régional de la Santé et Fabienne Giovannini, Conseillère exécutive de Corse
• 9h50 - 10h00 : CTC, Gilles Simeoni, Président du Conseil Exécutif de Corse
• 10h00 - 10h10 : ARS, Gilles Barsacq, Directeur Général de l’ARS)

10h10 - 10h40 : l’ORS, ses commanditaires, ses missions, Jean Arrighi, Directeur ORS

10h40 - 12h00 : focus sur 3 missions

• 10h40 - 10h545 : la santé des 18-25 ans faisant appel aux missions locales, J.Arrighi, Béatrice Maurel, animatrice du réseau des Missions Locales de Corse

• 10h55 – 11h10 : analyse systémique sur le renoncement aux soins, Estelle Casta Cervetti, Chargée d’étude à l’ORS de Corse, Laurent Mege, Responsable de la réduction des inégalités à l’ARS de Corse

• 11h30 - 12h00 : registre général des cancers, Laurine Alessandri, psychologue du CH de Casteluccio, Christophe Arena, Directeur adjoint de l’ORS de Corse, J. Battaglini
12h00 - 12h30 : perspectives, P-A. Colombani, F. Giovannini, J. Arrighi

Présentation des missions de l’ORS de Corse

L'objectif des ORS est de soutenir des actions destinées à produire une connaissance précise et partagée des problématiques de santé et médico-sociales rencontrées sur un territoire.

Créé en juin 1986 dans le contexte de la décentralisation et à l’initiative de l’Assemblée de Corse et de la Direction Régionale des Affaires Sanitaires et Sociales de Corse (DRASS), l’Observatoire Régional de la Santé (ORS) est une structure associative « loi 1901 » qui contribue, par ses travaux, à améliorer la connaissance de l’état de santé de la population insulaire et de ses déterminants. Les principales institutions régionales concernées par l’information sanitaire et les professionnels de santé sont représentées au sein de son Conseil d’administration.

Les principales missions de l’ORS de Corse sont d’inventorier, d’analyser et de coordonner les différentes sources sanitaires et sociales, de réaliser des études, les valoriser et diffuser l’information, en tenant compte de la situation complexe du massif « île-montagne » qu’est la Corse. Elles s’inscrivent dans le cadre d’une mission d’aide à la décision et à l’action auprès des différents acteurs de santé, afin d’adapter les réponses des différents programmes régionaux et/ou locaux de santé aux besoins de la population.
A partir de 2012, la Collectivité territoriale de Corse a pérennisé le financement apporté à l’ORS de Corse à travers un engagement triennal (convention triennale 2012-2014) traduisant son soutien à la mise en œuvre d’activités destinées à produire une connaissance précise et partagée des problématiques de santé et médico-sociales. Dans le même temps, l’Agence Régionale de la Santé de Corse (ARS), succédant à la DRASS dans le cadre de la loi Hôpital-Patient-Santé-Territoire (HPST) a poursuivi l’implication de l’Etat dans le fonctionnement de l’ORS de Corse.

La nature du soutien apporté par la Collectivité territoriale de Corse dans le cadre de la convention d’objectifs 2015-2018

La convention pluriannuelle d’objectifs 2015-2018 a été approuvée par l’Assemblée de Corse et porte sur un montant de 300 000 €. Cette convention repose sur deux activités principales qui s’inscrivent dans le cadre de la mission d’aide à la décision et à l’action auprès des différents acteurs de santé :
- l’alimentation et la participation de l’ORS de Corse à la Mission d’information et d’action sur la précarité et l’exclusion sociale,
- l’animation et la gestion d’un registre des cancers de Corse.

Sur ce premier domaine d’activités, l’ORS de Corse a fourni un ensemble d’indicateurs sanitaires, sociaux et médico-sociaux utilisés dans le cadre de l’élaboration du volet social du PADDUC. L’association a ainsi activement participé à la rédaction du « Panorama de la précarité et de la pauvreté en Corse », émis par la CTC, et qui dresse, à travers une approche non exclusivement monétaire, un intéressant diagnostic de la situation dans l’île basé sur une dizaine d’indicateurs révélateurs de conditions d’existence difficiles.

Synthèses des 3 études menées par l’Observatoire Régional de la Santé de Corse


Enquête régionale sur la santé des jeunes ayant entre 18 et 25 ans, faisant appel à des missions locales de Corse

A la demande conjointe de la CTC et de l’ARS de Corse, l’ORS de Corse a réalisé une étude sur la santé des jeunes ayant entre 18 et 25 ans. Les témoignages d’un panel de 530 jeunes ont été recueillis auprès des quatre Missions locales de Corse : Ajaccio, Bastia, Corte- Balagne et Porto-Vecchio.

L’objectif de cette étude est d’améliorer la connaissance de l'état de la santé des jeunes de 18 à 25 ans. Elle couvre notamment les domaines suivants : la souffrance psychique, les conduites addictives (tabac-drogues et alcool), la contraception et la prévention des infections sexuellement transmissibles (IST), les déséquilibres nutritionnels et troubles associés.

Les résultats attendus concernent la production d’un état des lieux des comportements à risque en territorialisant les informations à l'échelle des neuf bassins de vie de la Corse, ainsi que l’analyse de l'impact des politiques publiques mises en œuvre en la matière. L’étude est complétée par une série de fiches thématiques qui offrent aux acteurs concernés un éclairage des besoins de santé des jeunes Corses, mais également sur les ressources sociales et individuelles de cette population, sur lesquelles il est possible de s’appuyer pour mener des actions de prévention et de promotion de la santé.

Les thèmes abordés sont les suivants :
1. Les addictions : le tabac, l’alcool, le cannabis et autres drogues
2. La vie sexuelle : la contraception, les IST/MST
3. L’alimentation : leurs habitudes alimentaires
4. Le mal-être : stress et tentative de suicide
5. La couverture sociale et/ou mutualiste
6. L’environnement social et familial
7. Les activités sédentaires (les jeux vidéo, internet et les réseaux sociaux) et la vie sociale
8. Les supports d’information.


Les résultats sont inattendus et ce rapport doit servir à éclairer les objectifs opérationnels et les modalités d'intervention définies en matière de prévention par la CTC et l’ARS.

Analyse systémique microrégionale sur le renoncement aux soins en Corse

A la demande conjointe de la CTC et de l’ARS de Corse, l’ORS de Corse a réalisé en 2014-2015, puis en novembre 2016, deux études sur le renoncement aux soins, à l’aide d’une analyse systémique microrégionale auprès d’acteurs de la société civile, de professionnels et de bénévoles.

L’objectif principal était d’identifier les causes de renoncement aux soins, puis de répertorier les propositions de solutions.

Dans un premier temps, dix causes communes à l’ensemble des microrégions d’Ajaccio (CAPA), Bastia (CAB), Centre Corse, Balagne, Extrême Sud et Sartenais-Alta Rocca-Valinco, ont été retenues ainsi que pour chacune d’entre elles, des pistes de solutions.

Dans un second temps, des causes et des pistes de solutions plus spécifiques à chaque microrégion ont été dégagées.

Cette étude met en évidence l’influence des inégalités sociales (situations de pauvreté et de précarité) et des disparités territoriales (accessibilité géographique) de l’offre de soins sur les mécanismes de renoncement aux soins. Certaines causes du renoncement sont spécifiques au territoire corse et aux microrégions. Au-delà du phénomène de renoncement en tant que tel, ce travail identifie des points de fragilité des parcours des patients et notamment des plus vulnérables.

Parmi les propositions de solutions spécifiques, l’éducation à la santé, le développement d’un réseau de transport intercommunal ou le développement de l’information sur les offres de soins dans chaque territoire, à destination des patients et des professionnels de santé.

Le caractère inédit du traitement de ce sujet à l’échelle territoriale et infra territorial, l’approche méthodologique novatrice choisie et la dimension sociétale que revêt cette problématique de santé présentent tout l’intérêt d’en développer certains résultats. Notamment, dans le cadre de la politique d’accès aux soins, la prévention et l’articulation des différents dispositifs visant à réduire l’isolement des personnes âgées méritent un approfondissement.

Les résultats de cette étude ont été présentés à la Commission des politiques de santé publique. Les élus ont souhaité un complément d’information à cette étude en initiant un prolongement de la démarche en Plaine orientale en novembre 2016. L’objectif étant d’en relever les éventuelles spécificités ou du moins, d’en souligner les réalités. En effet, certaines causes de renoncement aux soins n’apparaissent pas en Plaine Orientale alors que d’autres le sont avec davantage d’intensité.

Cette analyse annexe a eu également le mérite de proposer la vision des acteurs de terrain, au plus près de la réalité.

Ce travail très complet permettra à la Collectivité territoriale de Corse et à l’ARS de Corse d’appréhender les enjeux et les problématiques en toute connaissance de cause. Il s’agit d’un éclairage fondamental des réalités du territoire qui sera utile à la mise en œuvre du Plan régional de Santé actuellement en réflexion.

Mise en place et animation d’un registre général des cancers de Corse

Le registre des cancers est un outil d’une portée politique forte compte tenu de l’histoire de ce registre, de la demande ancienne des Corses de pouvoir en disposer et du passif qu’a représenté dans l’île la gestion des conséquences de la catastrophe de Tchernobyl.

Il s’agissait de la troisième phase de « l’enquête épidémiologique sur les conséquences de retombées du nuage de Tchernobyl sur la population Corse ». L’Assemblée de Corse a délibéré le 7 octobre 2011 sur la nécessité de développer un « registre » des cancers, afin de constituer un véritable outil épidémiologique d’aide à la décision. Le service d’Urgence et de Médecine interne du Pr Cremonesi de l’Ospedale Galliera de Genova a alors été chargé, en collaboration avec l’ORS de Corse, d’établir un protocole de mise en place. Après validation en juillet 2013 par la Commission Tchernobyl de la méthodologie proposée, la CTC a confié, en septembre 2014, l’application du protocole à l’ORS de Corse.

Le registre est une structure épidémiologique visant à identifier tous les nouveaux cas de cancers survenant au sein de la population de Corse, avec pour objectif de fournir des indicateurs de référence permettant de décrire la dynamique d'évolution des cancers, d'évaluer l'état de santé de la population et d'identifier les principaux déterminants associés à la survenue de ces maladies, à l'aggravation ou à l'importance de leur retentissement. Il joue donc un rôle primordial dans l'aide à l'évaluation des politiques publiques.

Le registre général des cancers de Corse surveille l'ensemble des personnes domiciliées en Corse et diagnostiquées depuis le 1er janvier 2016.

Afin d’obtenir un recueil, le plus exhaustif possible, des nouveaux cas de cancer, le registre collecte en routine 4 types de données nominatives réparties sur la Corse mais aussi dans les départements limitrophes et sur certains sites d’attraction spécifique identifiés à l’aide de l’exploitation de la base nationale de données hospitalières.

Les sources d’information utilisées sont : le Programme de Médicalisation des Systèmes d'Information (DIM) de chaque établissement, les comptes rendus codés d’anatomie et de cytologie pathologiques (ACP), les inscriptions en affection longue durée (ALD) par l'Assurance Maladie (AMA), les comptes rendus des Réunions de Concertation Pluridisciplinaires en oncologie (RCP).

Le grand nombre et la diversité des sources de données nous ont incité à mettre en place un système d’information multi-sources, développé par le registre général des cancers de Poitou-Charentes (CHU de Poitiers), dans le cadre d’une convention de partenariat. Ce système, inspiré des systèmes développés à l’étranger (registre de l’Ontario, registre de Varèse, registre de Vénétie), permet de gérer de façon semi-automatique le recueil et le traitement initial des données jusqu’à la notification automatisée des tumeurs. Une étape de contrôle et de validation manuelle est systématiquement entreprise par les membres du registre sur la totalité des tumeurs notifiées par l'algorithme.

Chaque tumeur est enregistrée et codée suivant des recommandations internationales pour faciliter les comparaisons entre pays mais aussi pour permettre aux différents registres de pouvoir effectuer des travaux de recherche communs.

Conformément à l'article 40-5 de la loi du 6 janvier 1978 relative aux traitements automatisés de données nominatives ayant pour fin la recherche dans le domaine de la santé, les personnes dont les données sont transmises au registre des Cancers de la Corse sont individuellement informées de la nature des informations transmises, de la finalité du traitement des données, des personnes physiques ou morales destinataires des données, et enfin, des modalités d'exercice du droit d'accès, de rectification et de leur droit d'opposition.
 
La mission du registre consiste donc à produire des données permettant le calcul d’indicateurs de surveillance de l’état de santé de la population corse.

La CTC pourra ainsi mener des actions de prévention dans le domaine médical et médico- social.

Le registre des cancers saisira les autorités dès le constat d’une augmentation anormale des pathologies cancéreuses afin d’en rechercher les causes. Cet aspect « recherche » est fondamental pour mieux comprendre les causes de certains cancers, évaluer les besoins en matière de prévention, détecter l’émergence de nouvelles pathologies. Cette analyse sera facilitée notamment par la cartographie territoriale que le registre contiendra.