Collectivité Territoriale de Corse

Université de Corse : intervention de Camille de Rocca Serra

Università di Corsica : interventu di Camille de Rocca Serra

Jeudi 14 Décembre 2006



Université de Corse : intervention de Camille de Rocca Serra
L'ordre du jour appelle maintenant l'examen du rapport portant la participation de notre Collectivité aux charges de fonctionnement et d'entretien courant de l'Université et de l'IUFM.

Je tiens à saluer le travail important effectué en amont par l'Exécutif, le Président de l'Université de Corse et de ses collaborateurs, mais aussi bien évidemment les membres de notre Assemblée dont l'assiduité aux travaux du groupe de travail fut à la hauteur de l'enjeu.

Les travaux des réunions des commissions élargies qui se sont tenues ces dernières semaines dans ces murs ont été organisés dans un esprit constructif. Cet exercice réalisé dans un contexte particulier, n'en a pas moins été à certains égards exemplaires. Les responsables de l'Université y ont pour leur part largement contribué en exposant un projet structuré et cohérent.

Mais cet exercice, je tiens à le souligner, n'aurait pas pu se réaliser sans le travail effectué depuis des mois par le Conseiller exécutif en charge de ce dossier, Antoine Giorgi, qui a jeté les bases de la définition des règles de gestion nécessaires à un fonctionnement et un développement pérennes de l'institution universitaire.

L'Université de Corse est l'outil indispensable de la société corse de demain, une société qui fera la part belle au savoir et que nous voulons forte de sa culture et de son patrimoine, compétitive dans le domaine de l'intelligence et ouverte au monde.

Au-delà du fond, je vois dans une volonté affichée des deux côtés de construire un partenariat permanent fondé sur la confiance, la transparence et l'écoute réciproque au service de la jeunesse corse dans le cadre d'un projet ambitieux et partagé.

Je réaffirme ici l'engagement de l'Assemblée de Corse de s'ouvrir toujours davantage sur le monde de l'Université.

Dans le prolongement des quelques initiatives que j'ai tenu à initier, comme l'invitation au débat de notre Assemblée des étudiants de l'Université, je renouvelle ici en particulier au Président des commissions mon souhait que se tienne aussi souvent que possible des réunions décentralisées dans les locaux de l'Université de Corse.

Par ailleurs, je fais droit volontiers à l'invitation du Président AIELLO de découvrir dans ses murs et dans son fonctionnement, in situ, l'Université de Corse. Oui il est temps que nous soyons plus présents, conscients de ce que représente notre Université.

Loin de la symbolique, nous manifesterons par là-même à notre Université l'attention qu'elle mérite et notre détermination à avancer ensemble.

Fort des riches et fructueux échanges que nous avons eus lors des travaux préparatoires à ce rapport, je souhaite aujourd'hui que chacun puisse s'exprimer sur la question dans un esprit de synthèse sans pour autant revenir sur le tout.

Nous sommes là dans un débat qui a trait au besoin de financement en fonctionnement et en équipement de l'Université de Corse.

Nous ne sommes en aucune façon dans le fond d'un débat à venir qui concernera plus globalement l'avenir de nos relations avec l'Université et la place de celle-ci dans notre société.
Fort de ce que nous avons convenu, dans la fidélité à nos engagements, ce débat aura lieu ici même. Il devra aboutir en particulier à ce que nous avons appelé la modélisation d'un dispositif pérenne que nous appelons tous de nos voeux.

Ceci afin de mieux préparer notre Université à s'engager résolument dans l'avenir, à la mettre en parfaite adéquation avec le monde de demain.

C'est en ce sens que la programmation quadriennale pour les années 2008 à 2011.

A cette occasion, il conviendra tout autant de convier à ce débat l'ensemble des parties au contrat de partenariat, au premier rang desquelles l'Etat qui ne pourra être absent et s'abstraire de ses responsabilité.

Pour l'heure, l'enseignement principal des discussions que nous avons entreprises ces derniers jours, si elles ne portent que sur un angle d'appréciation des coûts, ne démontrent pas moins des positions affirmées de chacun.

La position de l'Université et de ses responsables à s'engager dans une démarche pleinement partenariale, leur volonté clairement affirmée de donner à l'Université les moyens à la hauteur des hautes ambitions que contiennent leurs projets.

La position des élus de notre Assemblée qui, dans la continuité de leurs prédécesseurs, mesurent l'importance première du rôle et de la place de l'enseignement supérieur et de la recherche pour la Corse.

Ce rôle, nul ne le conteste.

Déjà en 1993, le Plan de Développement de la Corse, au chapitre de la fonction sociale, affirmait le rôle de l'enseignement supérieur et de la recherche comme une des clés majeures du développement de l'île, puissant levier de renouveau, d'irrigation et d'accompagnement de ce développement.

Il envisageait l'évolution de ce secteur comme la poursuite du défi lancé à la Corse avec la création de son Université et l'existence de centres de recherches solides comme celui de l'INRA.

Etaient ainsi affirmées les attentes de l'enseignement supérieur et de la recherche pour la satisfaction des exigences intellectuelles traditionnelles en même temps que celles d'ordre économique et social.

Tenant compte de la rapidité d'évolution, les multiples interdépendances entre les disciplines qui invitent à la souplesse et à l'adaptabilité, à l'ouverture sur l'environnement, et aux technologies de pointe.

Ces attentes et ces ambitions restent aujourd'hui intactes.

Si nous devions réaliser aujourd'hui après un rapport d'étape, ce que le Président AIELLO a d'ailleurs esquissé dans ses présentations en commission, nous aurions à constater le chemin des évolutions significatives, des succès incontestables, des investissements considérables mais encore beaucoup de chemin à parcourir.

Ce chemin, nous nous proposons de le poursuivre ensemble.

La Collectivité Territoriale de Corse a toujours porté au coeur de son action le secteur de l'enseignement supérieur et de la recherche.

Elle a toujours tenu, chaque fois que cela a été nécessaire et légitime, à soutenir la place de l'Université, à défendre sa spécificité.

En particulier lorsque nous étions unis dans cette défense, nous avons obtenu des résultats.

La mise hors normes San Remo de l'Université, la valorisation des filières d'enseignement telle que la première année de médecine, sont des exemples marquant à relever.

Dans nombre de ses interventions, notre Collectivité démontre sa détermination à voir développer le pôle universitaire de CORTE, le soutien à ses étudiants.

Largement reconnues par les responsables de l'Université eux-mêmes, ses actions en matière d'aide au logement des étudiants, de bourses d'étude, d'investissements structurants n'ont pas besoin d'être ici développés.

Ce n'est pas le fond de la présente discussion.

Je veux simplement les relever, non pas pour nous dédouaner d'une quelconque responsabilité ou encore moins alimenter une bonne conscience collective, mais simplement pour qu'ensemble nous ayons à l'esprit une juste évaluation de notre action.

Cette action est bien entendu commune.

D'abord avec les responsables de l'Université eux-mêmes qui sont avant tout les aiguillons de nos projets.

Ils ont démontré, lors des auditions de ces jours derniers, combien ils tiennent à ces projets, ils tiennent à respecter les compétences de chacun, ils tiennent à aller plus loin et sans doute plus vite dans le développement de ceux-ci.

S'ils ont trouvé, de la part des élus de notre Assemblée une écoute attentive et une ambition partagée, ils doivent tout autant être conscients que, comme l'Université ne pourra pas tout toute seule, notre Collectivité ne peut pas tout toute seule.

C'est en cela que j'insiste sur l'approche transparente, concertée, sincère et partenariale qui doit présider à l'ensemble de nos relations. L'enseignement supérieur comme partie intégrante de l'éducation de nos jeunes, de la formation de chacun n'est le monopole de personne. L'Université de Corse est, comme nous, au service de la Corse.

C'est l'enseignement premier que nous devons tirer des discussions qui ont abouti à la rédaction de ce rapport.
Et Monsieur le Président de l'Exécutif, je vous en remercie.

J'entends que le débat aujourd'hui respecte cet état d'esprit.
C'est dans ce même esprit que nous aurons à le valider.

Il apparaît en parfaite bonne foi qu'un point d'équilibre est respecté, qu'il assure le maintien de cet équilibre financier pour le fonctionnement à court et moyen terme de l'Université et qu'il jette les bases de l'équilibre pérenne, tant du dispositif que des rapports financiers de l'Université et de la Collectivité sur le long terme. Il répond donc au double souci de garantir l'existant pour mieux préparer l'avenir.

Les critères, qui ont été pris en compte pour justifier les volumes financiers, ont fait l'objet des discussions que vous connaissez, ils ont été convenus, ils sont rationnels et ont vocation à s'inscrire dans un dispositif cohérent qui augure d'un partenariat nouveau.

Les bases d'une matrice sont jetées, elle a l'avantage d'être basée sur le format LOLF. La modélisation du dispositif à venir devra s'appuyer sur ces indicateurs qui n'excluent pas la souplesse pour l'adaptabilité nécessaire au fonctionnement de l'Université. Ils rendent tout aussi possible, la nécessaire évaluation des actions réalisées dans ce cadre notamment grâce à des critères de performance.

Ils permettent ainsi de concilier les autonomies respectives de gestion à la fois de l'Université et de la Collectivité Territoriale et s'inscrivent tout autant dans une relation globale avec sa dimension tripartite.

Ces autonomies respectives n'empêchent nullement d'avoir des ambitions communes et le souci du meilleur usage des deniers publics.
Je sais que l'exigence d'optimisation de l'utilisation des moyens, comme celle de la mise en oeuvre d'indicateurs de performance est partagée par le Président Antoine Aiello. Cela permettra avec le souci constant des économies nécessaires d'accentuer les efforts sur les besoins les plus stratégiques.

Aussi bien, les investissements que réalise notre Collectivité pour l'Université sont au service de celle-ci et répondent de son bon fonctionnement.

L'Université peut être un modèle, je suis sut qu'elle sera un modèle et nous faisons confiance à ceux qui en ont la charge pour en assurer la meilleure disposition.

En cela, reprenant les mots très récents du Président Antoine AIELLO, je ne doute pas que l'institution universitaire soit entièrement dévouée à ces missions de formation, de recherche et d'insertion professionnelle au service du développement économique, social et culturel de la Corse.

Le rapport qu'il convient maintenant d'examiner, s'il est adopté, contribuera sans contexte à soutenir l'Université dans ces missions et à atteindre ce qui est aujourd'hui notre ambition partagée, à savoir non pas répondre à l'urgence des obligations budgétaires du prochain exercice mais bien, tracer la voie de la confiance et de la volonté partagée qui elle seule permettra de pérenniser l'avenir dans le cadre d'un véritable partenariat tripartite.